24 réflexions sur “Sur les conflits avant l’État, une interview sur Elucid”

  1. bonjour,
    très heureux de vous avoir découvert sur cette excellente émission élucid.
    merci pour ce transfert de savoir tout a fait passionnant
    vous devriez donner ce genre d'entrevue dans des écoles ou ouvrir une chaine web qui diffuserait vos connaissances
    merci et bonne journée a vous

    1. Hem. Je suis enseignant à l'Université, j'interviens dans plusieurs masters de préhistoire, je réponds à toutes les sollicitations de conférence en France ou à l'étranger, et j'ai déjà une chaîne YouTube en plus de ce blog. Que voulez-vous que je fasse de plus ?

  2. Votre intervention sur Élucid autour de « Nés pour se faire la guerre ? Les origines de la violence humaine » est d’une rare qualité intellectuelle.

    Vous apportez quelque chose de devenu extrêmement rare aujourd’hui : une pensée rigoureuse, nuancée et honnête intellectuellement. Là où beaucoup réduisent la violence humaine à des réflexes idéologiques, vous réintroduisez la complexité du réel sans naïveté ni fatalisme.

    Votre analyse des sociétés sans État, de la vengeance comme structure sociale, du monopole de la violence par l’État, ainsi que votre distinction entre les différentes formes de violence collective, apporte une profondeur exceptionnelle au débat.

    On ressort de cette émission avec le sentiment d’avoir réellement appris quelque chose. Cela devient rare.

    Merci pour cette intervention remarquable et profondément éclairante.

  3. Avatar de Inconnu
    Bruno Guillaud-Bataille

    Bonjour, Je viens de lire "Casus belli" et dans la foulée j'entreprends "Le communisme primitif…". Je vous ai envoyé par mail un travail de "recherche" (que j'ai appelé "Aux sources de la confiance", "recherche" peut vous paraître bien prétentieux car je ne suis pas universitaire, mais simplement un élu local (maire) curieux et passionné de sciences humaines. Je reviens sur la partir de cette interview consacrée aux origines de la violence collective et le lien que j'y vois avec la typologie que vous établissez dans le livre, confits résolutifs ou non, conventionnaires ou non, etc. Sans disposer bien sûr du socle de connaissances construit par vos travaux je tends à souscrire à votre avis de "faucon" sur l'ancienneté de cette violence, mais par un tout autre argument. Dans un conflit entre un groupe "A" et un groupe "B" ne convient-il pas de chercher en interne de "A" et de "B" les ressorts profonds de la forme des violences ainsi générées ? Au coeur de mon intuition une exploration de ce que j'appelle le "fait institutionnel", ou plutôt "proto-institutionnel", dont j'ancre l'avènement dans le vivant bien en amont de l'hominisation, comme réponse sélectionnée par l'évolution* aux enjeux de survie et de reproduction des espèces vivantes sociales et fortement individuées. Dès lors, l'espèce humaine se caractérisant notamment par la radicale vulnérabilité de l'individu isolé (concept d'altricialité secondaire que Bernard Lahire met au coeur des "structures fondamentales des sociétés humaines"), elle connaît plus que toute autre cette tension entre les impératifs de survie qui pèsent sur les individus (et leurs appétits de toutes sortes) et les impératifs de survie et de reproduction qui pèsent sur le groupe dans son ensemble – notion de structure sociale transcendant le sort des individus singuliers -. Dès lors on peut lire le conflit et la forme de violence générée non seulement par leurs résultats dans le rapport "A" vs "B" mais dans leurs effets internes aux groupes "A" et "B". (* Au sujet de l'évolution je viens de lire aussi votre article "Une évolution désorientée…" dans "La Pensée" (2023). Il me semble que la "remontée" du fait proto-institutionnel permet aussi d'éclairer autrement le débat "évolutionnistes" vs "relativistes". Encore merci pour vos travaux très intéressants et pour cette interview.

    1. Bonjour
      Merci de votre intérêt. J'ai bien reçu votre mail et j'aurais dû en accuser réception. Je tâche de me plonger dans tout cela dès que possible, mais je ne peux rien vous promettre sur les délais (ni sur la qualité du retour que je pourrais vous faire, vos écrits sortant largement de ma zone de compétences…)
      Bien à vous

  4. Bonjour Monsieur Darmangeat,
    J'ai lu vos ouvrages avec intérêt mais je ne comprends pas que vous alliez sur un média confusioniste pro-Russe et pro-Assad. Le "maître à penser" de Berruyer est en outre N. Chomsky, dont on ne compte plus les prises de position inacceptables (soutien à Faurisson, négation du génocide Cambodgien…). C'est un peu comme Chapoutot ou Stiegler qui vont sur la chaîne YouTube Antithèse ou comme ceux qui vont sur Parole d'Honneur (Lordon, Friot, Butler et tant d'autres…). Manquez-vous à ce point de lecteurs ?

    1. Bonjour monsieur Anonyme
      J'ajoute que parmi mes nombreux méfaits, je suis également passé plusieurs fois sur France Inter et France Culture, dont la ligne politique générale est elle aussi fort complaisante avec maints criminels, même si ce ne sont pas les mêmes que ceux que vous listez. Tant qu'à dresser l'inventaire des endroits infréquentables que j'ai tout de même fréquentés, autant le faire consciencieusement !
      Bien à vous

    2. Votre réaction est intéressante parce qu’elle ne traite presque jamais du contenu intellectuel de l’intervention de Christophe Darmangeat.

      Vous ne discutez ni ses analyses anthropologiques, ni ses arguments sur les sociétés sans État, ni sa réflexion sur les formes de violence collective. Le débat d’idées est remplacé par une logique d’association : tel intervenant serait disqualifié en raison du média sur lequel il apparaît.

      C’est pourtant précisément le rôle d’une démarche intellectuelle sérieuse que d’examiner d’abord les arguments avant de juger les supports qui les diffusent.

      Un esprit cultivé commence par évaluer un raisonnement, sa cohérence, ses sources et sa solidité, avant de s’intéresser à l’étiquette idéologique supposée d’une plateforme.

      Par ailleurs, réduire des auteurs comme Chomsky, Stiegler, Lordon ou Friot à quelques polémiques publiques sans discussion approfondie de leurs travaux donne surtout le sentiment d’une approche davantage fondée sur des réputations médiatiques que sur une lecture réelle des œuvres.

      On peut naturellement critiquer n’importe quel penseur. Encore faut-il le lire sérieusement et répondre à ses arguments plutôt qu’à des associations symboliques.

    3. Il y a une véritable volupté intellectuelle dans la réponse de Christophe Darmangeat à cet anonyme : calme, méthodique, implacable.

      Elle ne crie pas, elle ne moralise pas, elle remet simplement les idées au-dessus des étiquettes.
      Et c’est précisément cette sérénité qui la rend redoutable.

    1. Au lieu de juger le fait d'aller dans tel ou tel média, pourquoi ne pas réviser votre jugement sur les médias en question… 🙂

  5. Excellente émission.

    Je trouve un peu dommage que la chaîne ait orienté le visuel et le titre sur le caractère "inné" ou "naturel" de la violence chez l'Homme, ce sujet n'étant finalement que rapidement abordé en début d'émission.

  6. Bravo et Merci pour cette émission ! "la xénophobie n'a pas attendu l'époque moderne pour exister, je dirais même : bien au contraire" : dirais-tu la même chose sur – plus précisément – le racisme ? Y a-t-il des traces de conflits collectifs violents menés contre d'autres gens dont la couleur de peau, la forme du nez ou que sais-je, plus généralement: le physique, est mis en cause ? Je t'ai entendu citer l'exemple d'un étranger (dans le film " 105 canoës") ne parlant pas la langue du groupe, mais ce qui m'interresserait, c'est le racisme pour ainsi dire "pur", c'est à dire le plus primaire: celui où on invoque les différences physique. Merci !

  7. Avatar de Inconnu
    Bernard Fortier

    Merci Christophe pour votre perspicacité et votre honnêteté intellectuelle, vous êtes passionnant.
    A la fin vous évoquez une évolution souhaitable vers "une forme de coopérative mondiale".
    Les Etats ont réduit certaines violences, mais en engendrent d'autres, de même la finance.
    En moyenne, l'énergie (dont 80%fossile) multiplie notre pouvoir (métabolique) d'agir par x200 env.
    50% de la population possède moins de 9000 $, quand Musk détient 1000 milliards
    soit 100 millions fois plus que la médiane des humains, or l'énergie est distribuée par la finance.
    Mathématiquement les échanges libres et non faussés conduisent à l'inégalité absolue (Bruce Boghosian)
    Chaque fois que "le seuil oligarchique de Boghosian" a été franchi, le rattrapage à toujours été violent.
    Comme identifié aussi par Laurent Mermet comme "le refoulement du distributif" et "le retour du refoulé".
    Matériellement, pas de paix sans démocratie et pas de démocratie sans égalité de moyens.
    Comment permettre aux forces du progrès humain de ne pas résulter d'une compétition mortifère?
    Olivier Hamant détaille les impasses de la performance du "progrès" au détriment de sa robustesse.
    La forme de coopérative mondiale doit favoriser l'action progressiste et défavoriser la destructrice.
    La définition de l'action progressiste, un bien commun local et global, reste à préciser. Morizot et Neyret
    y réfléchissent dans "Liberté, dignité, habitabilité" "Donner au siècle la valeur qui lui manque".
    Hypothèse:
    Distribuer un quota d'énergie individuel égalitaire (avec monnaie spécifique et deuxième marché inversé)
    c'est techniquement possible (voir Hugues Bersini "Pour un compte carbone individuel" PUF) et gratuit!
    Selon la pensée systémique développée par Donella Meadows cela générera la boucle de rétroaction régulatrice qui manque à la société mondiale pour temporiser les excès de la boucle de rétroaction amplificatrice financière dont l'action est devenu incontrôlable, même par les Etats.
    Temporiser le dictat "produire plus avec moins de main d'œuvre" par "produire plus avec moins d'énergie"
    et surtout produire utile et nécessaire à la vie plutôt que futile et destructeur d'habitabilité.
    La distribution égalitaire d'énergie garantie à tous une égalité d'accès individuel aux ressources vitales,
    permet un vrai pouvoir démocratique égalitaire à sa source, une garantie de justice et de cohésion sociale,
    un facteur de paix, de non concurrence et de tranquillité, une compatibilité entre local et global.
    Une révolution sans un seul coup de fusil et où il n'y a que des gagnants.
    Une fois visualisé c'est assez simple et évident, pourquoi personne n'en parle?
    Seriez-vous d'accord pour participer à l'approfondissement de cette hypothèse de travail?
    Connaissez-vous dans votre entourage quelqu'un qui voudrait faire un post doc sur cette question?
    Ou coordonner une équipe de recherche transdisciplinaire sur ce projet de coopérative mondiale?
    Merci de votre attention

    1. Bonjour, et merci pour les compliments !
      Je n'ai pas d'avis particulier sur la solution dont vous faites état. D'une manière plus générale, je suis persuadé que dans une société qui se préoccupera de gérer de manière rationnelle ses ressources, et de trouver un juste équilibre entre contrainte et liberté, entre centralisation et autonomie, il y aura des centaines d'idées comme celles-ci, divers essais, des réajustements, etc. dont je ne doute pas qu'ils portent leurs fruits.
      En revanche, il me semble bien naïf de croire qu'il suffira d'une bonne idée de ce genre, quelle qu'elle soit, pour que le monde change de trajectoire par la bonne volonté de tous. Cela fait deux cent ans que bien des gens ont imaginés bien des mondes meilleurs, qui tous supposaient d'en finir avec la puissance économique et sociale des capitalistes sans préciser par quel miracle cette classe avide accepterait de son plein gré de se défaire de ses possessions et de son pouvoir.
      Et c'est là le nœud de de la question, car aussi longtemps que ces gens conserveront leurs fortunes et leurs possessions, garanties en dernier recours par la force brutale de l'État, les projets les plus élaborés et les plus astucieux de régulation de la production et de la consommation auront autant d'effet sur la réalité que les discours philanthropiques n'en ont eu dans les sociétés esclavagistes.
      Bien à vous

    2. Autrement dit, il faut que ces gens perdent leurs fortunes et que l'Etat ne puisse plus les leur garantir pour pouvoir "passer à autre chose" (litote), c'est-à-dire qu'il y ait une crise (économique, politique, sociale). Le problème est que cette crise laissera de tels dégâts qu'il sera difficile de s'en relever. C'est une perspective terrible mais pas obligatoire, l'histoire ayant montré qu'il ne se passait jamais ce qu'on attendait. Espérons.

  8. Avatar de Inconnu
    Bernard Fortier

    message personnel pour Christophe: si besoin mon mail est be.fo@free.fr
    domicilié à 65170 GUCHAN je ne suis pas du sérail académique (retraité du bâtiment)
    mais je voudrais consacrer le fond de dotation Hétérodes que je préside à cette recherche
    un fond créé par Martin Fortier décédé en 2020 à 30 ans alors qu'il rédigeait sa thèse de philo

  9. Avatar de Inconnu
    Bernard Fortier

    Merci Christophe pour votre réponse.
    Vous avez raison, plein de gens imaginent plein de solutions et c’est heureux.
    D’accord avec votre identification du « nœud de la question », tirons parti des erreurs passées.
    Deux cent ans d’expérimentations diverses nous enseignent aussi des erreurs et des corrections.
    Cette pratique sociale de Quotas Individuels Egalitaires d’Energie (QIE²) serait particulièrement systémique et adaptée à notre contexte de civilisation, en cela elle peut en débloquer plein d’autres qui sont actuellement écartées du réel ou maintenues sous un plafond de verre (ex : les propositions de Julia Cagé pour le financement des médias et de la politique ou la permaculture, etc…).
    Je décortique depuis 10 ans les conséquences économiques que pourrait avoir ce mécanisme.
    Durant ces 10 ans j’ai un peu usé ma naïveté naturelle, il m’en reste un doute optimiste et réaliste.
    Même dans les détails, mes résultats sont assez bluffant, surtout comparés à d’autres idées toutes autant séduisantes. Je voudrais pouvoir comparer ces résultats à d’autres démarches de recherche, dans tous les domaines, particulièrement ceux qui touchent aux processus démocratiques et aux principes communs.
    Car c’est dans ce domaine que le changement obtenu avec peu de moyens pourrait être déterminant et nous préserver d’une prochaine déflagration de pénuries aigues et de conflits mafieux.
    Il est étonnant que cette idée pourtant simple ne fasse l’objet d’aucune simulation (à ma connaissance) cette piste de recherche est totalement négligée, alors que j’y vois un gisement de déblocages sociaux considérable. Si les gens en étaient correctement informés, 80% signeraient pour essayer le QIE².
    Cette alliance de la base sur un principe moral très commun, le partage des ressources vitales en dehors du marché financier, est probablement le seul moyen pacifique de résister aux dictatures oligarchiques.
    Cette recherche ne sera pas financée par les lobbies ni par l’état, mais nous pouvons l’assumer.
    Sans un début de recherche favorable, les médias même alternatifs n’en parleront pas positivement.
    Sans ce début de recherche, l’incompréhension du réel se radicalisera jusqu’à la rituelle xénophobie.
    Je comprends que vous avez déjà de nombreuses pistes de recherches encore en friche et que les qualités particulières de celle-ci ne vous sont pas évidentes. Toutefois n’hésitez pas à en parler autour de vous. Cette recherche manque de candidat plus que de moyen, je pense.
    Si quelqu’un est intéressé par ce sujet, dites le moi, mon mail est "be.fo" avec "free.fr"
    Merci pour cet accueillant lieu d’échange d’idées, avec tous mes vœux de réussite.

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