Hier après-midi, je suis tombé à la télévision par le plus grand des hasards sur un reportage improbable intitulé « Danse chez les papous », dont voici le trailer :
On l’aura compris, le documentaire décrit le voyage dans un village de la tribu Huli (célèbre, en particulier, pour l’extravagance des costumes des hommes, en particulier de leur maquillage et de leurs plumes bariolés, qui a inspiré les meilleurs photographes), de trois danseuses du Lido « hautes comme des cocotiers » et « maigres comme des biscuits secs », ainsi que le remarquent leurs hôtes.
Un élément dramatico-comique est la volonté des hommes huli d’intégrer ces danseuses dans leurs danses traditionnelles en tant « qu’armes secrètes » afin de remporter la compétition de danse de Hagen, qui se déroule chaque année et qui est un événement aussi important pour les tribus qui y participent que pour les quelques agences de tourisme qui commencent à proposer la région dans leur catalogue.
En fait, ce reportage, diffusé pour la première fois le 1er janvier 2013, et qui est disponible pendant plusieurs jours en replay, fait suite à un précédent, dont il n’est que la contrepartie inversée. À la fin des années 2000, le photographe et auteur du documentaire, Marc Dozier, avait en effet organisé la venue en France de deux Huli, leur faisant découvrir durant plusieurs semaines divers lieux, activités et milieux sociaux.
Le documentaire se concluait sur la visite des deux invités au Moulin-Rouge (au passage, je ne comprends pas bien pourquoi ce qui est le Moulin-Rouge dans un reportage semble devenir le Lido dans un autre ; soit il y a une arnaque, ce que je ne crois pas, soit un truc m’a échappé – ce ne serait pas le premier). Les Papous y étaient sidérés pour différentes raisons : la nudité des danseuses, et le fait que ce soient elles qui exhibent les plumes ; dans leur société, passablement sexiste, seuls les hommes se parent et se montrent. Les femmes, ainsi qu’on le voit assez bien dans les deux reportages, ont le droit de les regarder… et de travailler. Toujours est-il que ce film de 2007, intitulé « L’exploration inversée », est intégralement disponible sur Youtube :
Bref, il faut vraiment jeter un oeil (et un cerveau) sur ces deux reportages. On y rit (beaucoup, en ce qui me concerne), on y est ému (parfois), et on se dit que c’est avec ce genre d’œuvre qu’on ne porte plus tout à fait l’humanité le même regard.