Un compte-rendu de Casus Belli par Julia Wahl (Cult News)

Com­mençons par la fin, en pré­cisant que je ne me con­tente pas tou­jours de bal­ay­er l’approche post-mod­erne d’un revers de main : il m’arrive aus­si de la frot­ter énergique­ment à la brosse à chien­dent. Quoi qu’il en soit, mer­ci à Julia Wahl pour son compte-ren­du dans Cult News, que je repro­duis ci-dessous.

L’auteur du fameux Le Com­mu­nisme prim­i­tif n’est plus ce qu’il était se livre à une typolo­gie des dif­férentes formes de con­flits non éta­tiques. Un tra­vail riche et var­ié.

Le point de départ est le suiv­ant : alors que Lin­né s’est livré, dès le Siè­cle des lumières, à une typolo­gie du vivant, une telle nomen­cla­ture n’existe pas pour les dif­férents types de con­flits non éta­tiques. C’est ce classe­ment que pro­pose dans Casus bel­li Christophe Dar­mangeat.

Prenant comme principe struc­turant l’idée, com­muné­ment admise, selon laque­lle la guerre pro­pre­ment dite serait une spé­ci­ficité des sociétés éta­tiques, il mon­tre la diver­sité des con­fits non éta­tiques qui opposent dif­férents groupes humains. Il entre­prend alors de les ranger en fonc­tion de leur fin – s’agit-il, ou non, de résoudre un prob­lème ? – et de la présence ou de l’absence de modal­ités d’entente entre les bel­ligérants. Cette base établie, l’anthropologue effectue un large panora­ma des types d’oppositions en bal­ayant une grande par­tie du monde et des épo­ques. Ce faisant, il entre­prend de lever un cer­tain nom­bre d’idées reçues.

Dans une sec­onde par­tie, il se livre à une étude des caus­es de ces con­flits en com­mençant par un rap­pel du débat, par­mi les anthro­po­logues, entre partisan.es d’une longue con­cep­tion du con­flit, qui reviendrait à nat­u­ralis­er les affron­te­ments physiques, et celles et ceux qui préfèrent envis­ager ces derniers comme le résul­tat d’un monde struc­turé par le cap­i­tal­isme, la con­cur­rence et la coloni­sa­tion.

Si l’on peut s’interroger sur la rapid­ité avec laque­lle il bal­aie d’un revers de main les approches du monde con­cur­rentes à la sienne – notam­ment la post­moder­nité – , le maitre de con­férences pro­pose dans Casus bel­li un ouvrage riche, clair et pré­cis, orné de pho­togra­phies qui illus­trent son pro­pos avec intel­li­gence.

4 commentaires

  1. « Le Com­mu­nisme prim­i­tif n’est plus ce qu’il était » est donc désor­mais « fameux » et, qui sait, peut-être sera-t-il un jour « cult » ?

    1. Je dirais qu’il manque d’une adap­ta­tion en série télé, ou d’un spec­ta­cle son et lumière avec force effets spé­ci­aux.

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