Propos (très) provisoires sur la guerre

Comme le savent ceux qui suiv­ent ce blog, depuis quelques mois, je creuse le thème de la guerre prim­i­tive, en défrichant une par­tie de l’im­mense lit­téra­ture qui se rap­porte à ce sujet. Et comme il y a un moment où on ne peut prof­iter de ses lec­tures qu’en fonc­tion des ques­tions qu’on se pose, il faut arriv­er à for­muler cor­recte­ment, si j’ose dire, les ques­tions en ques­tion.

J’ai donc échafaudé les grandes lignes d’une clas­si­fi­ca­tion de la vio­lence col­lec­tive qui per­me­tte d’in­té­gr­er non seule­ment le feud et la guerre, mais aus­si, notam­ment, la chas­se aux têtes. Une fois mes idées un peu clar­i­fiées, je suis allé lire ce qu’Alain Tes­tart avait écrit sur le sujet, ce que je m’é­tais inter­dit de faire avant de procéder à cette réflex­ion. Il avait traité ce thème dans ce qui devait con­stituer le tome 3 de ses Principes de soci­olo­gie générale – rap­pelons que ce texte, jadis disponible en ligne sur son site, en a été retiré à sa mort ; il devrait paraître à l’au­tomne, chez CNRS Édi­tions. J’a­joute que cette par­tie, sig­nalée non rédigée, con­tient des propo­si­tions assez générales, et qu’elle n’en­tre pas dans les détails : il s’ag­it au moins autant d’un pro­gramme de recherche que d’une étude achevée.

Tou­jours est-il que je dois l’avouer tout de go : je me suis aperçu que mon esquisse de clas­si­fi­ca­tion, en tout cas pour ses critères prin­ci­paux, rejoignait par­faite­ment la sienne. Je ne vois à cela que deux expli­ca­tions : soit je me sou­ve­nais de son tra­vail (sans me sou­venir que je m’en sou­ve­nais), soit il y a quelque chose de per­ti­nent dans cette approche, et les esprits (grands ou pas) se ren­con­trent – il va de soi que j’é­carte l’éven­tu­al­ité que nous ayons tous deux con­vergé sur une mau­vaise piste. Donc, même si dans les détails, il y a encore bien des prob­lèmes à régler (et prob­a­ble­ment, à décou­vrir), je me dis que ce pre­mier pas sem­ble plutôt encour­ageant.

L’idée fon­da­men­tale de cette clas­si­fi­ca­tion est d’u­tilis­er deux critères croisés, qui se rap­por­tent tous les deux aux buts des opéra­tions.

Le pre­mier con­cerne la nature de ces buts : que recherche-t-on par l’af­fron­te­ment ? S’ag­it-il de se venger ? De s’ap­pro­prier quelque chose chez l’en­ne­mi ? Mais quoi, et pour quel usage ? Evidem­ment, la réal­ité est tou­jours com­plexe, et le maniement d’un tel critère peut s’avér­er prob­lé­ma­tique : on pense bien sûr aux buts non avoués, autrement dit aux buts qui sont de sim­ples pré­textes (venger une gifle ou l’as­sas­si­nat d’un archiduc). Mais je ne crois pas que ce soit le prob­lème prin­ci­pal. De manière beau­coup plus fréquente, se pose la ques­tion des buts présents, mais rares dans une société don­née, voire de la dis­tinc­tion entre le but prin­ci­pal et un sous-pro­duit sec­ondaire – typ­ique­ment, dans les sociétés sans richesse, la cap­ture de jeunes femmes ou la con­quête ter­ri­to­ri­ale. Une autre ques­tion, sur laque­lle je ne m’é­tendrai pas ici, est celle des guer­res que Tes­tart appelle « poli­tique », et dont il fait une caté­gorie à part entière. Il s’ag­it de guer­res qui visent de manière ultime l’ap­pro­pri­a­tion, mais où celle-ci ne s’ef­fectue pas de manière directe : il faut aupar­a­vant défaire le pou­voir adverse (ou établir le sien). Je n’y ai pas assez réfléchi, mais en pre­mière inten­tion, il me sem­ble que si cette caté­gorie devait être recon­nue, elle devrait con­stituer un sous-ensem­ble des guer­res d’ap­pro­pri­a­tion.

Le sec­ond critère est celui de l’é­ten­due, ou de la portée, des buts du con­flit. Pour en saisir l’in­térêt, il suf­fit de se sou­venir de la dif­fi­cile ques­tion de la dif­féren­ci­a­tion entre feud et guerre, dont j’ai déjà longue­ment dis­cuté dans mes travaux et sur ce blog. Le feud, tout comme la guerre, met aux pris­es deux col­lec­tiv­ités, et a pour objec­tif l’homi­cide. La démar­ca­tion entre les deux phénomènes ne tient pas à la nature « poli­tique » des com­mu­nautés — un prob­lème sur lequel j’ai déjà beau­coup écrit – ni, comme le pen­sait Tes­tart, de leur taille : une même com­mu­nauté peut se livr­er au feud ou à la guerre selon les cir­con­stances. A la suite de Bruno Boulestin, je con­sid­ère que la meilleure déf­i­ni­tion d’une opéra­tion de feud est de lim­iter les homi­cides à l’équili­brage (ou à la com­pen­sa­tion) des pertes précé­dentes. En quelque sorte, un feud est donc une guerre où l’on se lim­ite à combler un dif­féren­tiel de vic­times avec l’ad­ver­saire — récipro­que­ment, une guerre vin­di­ca­toire est un feud dépourvue de l’idée d’équili­bre, et où l’on cherche à tuer sans lim­ites.

Cette dif­férence entre « engage­ments à final­ité lim­itée » (pour repren­dre la désig­na­tion pro­posée par A.Testart) et opéra­tions sans lim­ites se retrou­ve aus­si dans la chas­se aux têtes. A pri­ori, dans une telle expédi­tion, on ne vise qu’un béné­fice ponctuel : l’idée est de récupér­er une ou plusieurs têtes issues d’une mai­son, ou tout au plus d’un vil­lage. Et un tel objec­tif se dif­féren­cie assez net­te­ment de celui qui con­sis­terait à quérir un nom­bre illim­ité de têtes — et dans un cas lim­ite, à exter­min­er ceux chez qui on les prélève. Pour le dire de manière un peu provo­ca­trice, un tel objec­tif serait même con­tra­dic­toire avec l’idée qui est au fonde­ment de la chas­se aux têtes (en tout cas, la plu­part du temps) : les têtes sont con­sid­érée comme une ressource néces­saire pour assur­er la bonne repro­duc­tion de la société qui se les pro­cure – qu’il s’agisse de recon­stituer le stock d’âmes, de don­ner des noms aux ado­les­cents, etc. Exter­min­er ceux chez qui on les prélève serait tarir une source d’ap­pro­vi­sion­nement con­sid­érée comme vitale. Tout comme avec le cou­ple feud /​guerre, on perçoit donc que l’ap­pro­pri­a­tion (ici, des têtes) peut s’ef­fectuer dans deux cadres assez net­te­ment dif­férents, l’un étant lim­ité a pri­ori, l’autre non.

Quelques remar­ques sup­plé­men­taires :

  1. La « chas­se aux têtes » est un terme con­sacré, mais sur le plan ana­ly­tique, c’est une caté­gorie dis­cutable. Même si on la restreint à la seule « chas­se » pro­pre­ment dite, c’est-à-dire au cas où l’ac­qui­si­tion de la tête con­stitue bel et bien l’ob­jec­tif en soi de l’opéra­tion, il n’y a aucune rai­son de la con­sid­ér­er séparé­ment des autres occa­sions où l’on se pro­cure des corps humains, entiers ou par­tiels, morts ou vivants, parce qu’on les con­sid­ère comme une ressource à titre magi­co-religieux. Ain­si, la chas­se aux têtes des Jivaros relève sans nul doute de la même caté­gorie que la chas­se aux dents des Yagua de l’ouest ama­zonien. On peut aus­si se deman­der si elle n’est pas finale­ment très proche de la quête des Aztèques, des Iro­quois, voire des Pawnee (à véri­fi­er) pour des vic­times sac­ri­fi­cielles. De même, il faut se deman­der s’il n’ex­iste pas des cas d’exo-can­ni­bal­isme qui cor­re­spondraient à cette même logique.
  2. De même qu’il n’ex­iste pas de fron­tière nette entre feud et guerre, et que le pre­mier peut évoluer en la sec­onde via des formes inter­mé­di­aires, il existe égale­ment des formes inter­mé­di­aires (et indé­cid­ables) entre les divers­es autres caté­gories d’en­gage­ments à final­ité lim­itée et non lim­itées. Cela rel­a­tivise, mais n’in­valide absol­u­ment pas, la per­ti­nence de cette dis­tinc­tion.
  3. Une autre manière d’ap­préhen­der la dis­tinc­tion entre les engage­ments à final­ité et les autres con­siste à les con­fron­ter à la déf­i­ni­tion de la guerre don­née par Bruno Boulestin :

    état con­flictuel entre deux ensem­bles dis­tincts de per­son­nes (groupes) qui se perçoivent glob­ale­ment et récipro­que­ment comme enne­mis et entre­ti­en­nent un rap­port social d’hostilité, chaque groupe ten­tant d’établir sa supéri­or­ité sur l’autre par le moyen de la lutte armée.

    Cette déf­i­ni­tion paraît tout à fait de nature à écarter les engage­ments à final­ité lim­itée. Le point cru­cial est la volon­té d’établir sa supéri­or­ité. C’est cet élé­ment qui est absent dans les opéra­tions qui relèvent tant du feud que de la chas­se aux têtes stan­dard. En d’autres ter­mes, ce sont des com­bats qu’on ne mène pas pour vain­cre l’en­ne­mi, ni même en soi pour l’af­faib­lir, mais seule­ment pour effectuer un prélève­ment. Ils n’ont pas comme objec­tif de mod­i­fi­er sig­ni­fica­tive­ment et durable­ment le rap­port de forces – même s’il peut arriv­er qu’un feud, par exem­ple, finisse par tant affaib­lir l’un des pro­tag­o­nistes qu’il soit dans l’in­ca­pac­ité de le pour­suiv­re, telle n’est pas l’in­ten­tion recher­chée.

  4. une clas­si­fi­ca­tion com­plète parviendrait à inté­gr­er non seule­ment le feud et la guerre vin­di­ca­toire, mais égale­ment les autres formes col­lec­tives de règle­ments armés des dif­férends judi­ci­aires, à com­mencer par la bataille régulée. Ademet­tons pour le moment qu’on puisse con­sid­ér­er de telles formes comme des vari­antes d’en­gage­ments à final­ité lim­itée – si dans le feud, la lim­ite porte sur le nom­bre de cibles, dans la bataille régulée, elle con­cerne la vio­lence que l’on peut déploy­er sur un nom­bre quel­conque de cibles

Esquisse (toute provisoire) de classification

NB : Cette clas­si­fi­ca­tion évac­ue pour le moment la pos­si­ble caté­gorie de guerre « poli­tique », dont je ne sais pas très bien com­ment la traiter.
Nature de l’ob­jec­tif Engage­ment à final­ité
lim­itée non lim­itée
Vengeance
Appro­pri­a­tion
  1. Humains
    1. Ressource réelle
      1. Adop­tion /​inté­gra­tion
        • Accroisse­ment capac­ités repro­duc­tion (F)
        • Accroisse­ment capac­ités politi­co-mil­i­taires (H)
      2. Dépen­dance /​exploita­tion
        • Pour revente (moyen d’ac­quérir des biens)
        • Pour force de tra­vail pérenne
    2. Ressource imag­i­naire
      1. Appro­priée
      2. Offerte à une entité tierce (sac­ri­fice)
  2. Non humains
    1. Immeubles : ter­ri­toire
    2. Meubles : objets, bétail

Reste ensuite à rem­plir le tableau – ce que le for­mat de ce blog m’empêche de faire sans le ren­dre illis­i­ble. On pour­ra notam­ment y faire fig­ur­er les formes déjà citées de con­flits judi­ci­aires (feud, batailles régulées), ou les formes canon­iques de la chas­se aux têtes. Mais naturelle­ment, les ques­tions – et les ennuis – ne font que com­mencer.

15 commentaires

  1. Avatar de Inconnu
    Tangui Przybylowski

    Bon­jour Christophe

    A pro­pos de la chas­se aux têtes. J’ai l’im­pres­sion que tu as tout à fait rai­son de ne pas les sépar­er arbi­traire­ment des prélève­ments d’autre par­ties du corps. Mais je me dit en même temps qu’il n’y a pas de rai­son non plus de dis­tinguer le prélève­ment de par­ties de corps humains du prélève­ment d’autres objets/​biens. Ce qui sem­ble les dis­tinguer a pri­ori c’est qu’un bien a une valeur marchande qu’une par­tie de corps humain n’a pas. Mais j’ai sou­venir que les Gaulois chas­saient des têtes à la guerre et les payaient des for­tunes. On peut aus­si imag­in­er un sor­ci­er quel­conque ven­dre ses décoc­tions à base de foie humain à des gens prêt à pay­er très chair 😉 C’est ce que cer­tains féticheurs font en Côte d’Ivoire avec des corps d’en­fants ou autres (notam­ment ceux des albi­nos, très prisés pour leur pou­voirs).

    D’un autre côté il y a des objets qui ne pos­sè­dent aucune valeur marchande et con­stituent par­fois des des pris­es de guer­res et même des buts de guerre pre­miers. Chez les guéré, on par­taient à la guerre pour cap­tur­er des masques. On ne peut pour­tant pas l’échang­er con­tre quoi que ce soit. Son seul intérêt, c’est d’être porté par l’homme qui l’a cap­tur­er pour servir de trophée. Il recon­naî­tra à l’aspect du masque (sa couleur, les élé­ments de sa com­po­si­tion : dents de pan­thère, anneaux de bronze) son grade et sa classe et pour­ra en assumer les prérog­a­tives (en plus de pass­er pour un grand guer­ri­er).

    Je n’ai pas encore d’idée arrêter là-dessus. Mais il me sem­ble qu’on aurait sans doute meilleur compte en dis­tin­guant dans les pris­es de guerre tous ce qui ressem­ble à des trophées entre ceux qui est une richesse et ce qui n’en est pas une. Par exem­ple c’est tout à fait dif­férend de ramen­er une tête pour la ven­dre con­tre son poids en or, ou de la cap­tur­er pour mon­tr­er qu’on est le plus fort et qu’on est super habile pour décoller une par­tie du corps humain d’une autre.

  2. Hel­lo,

    Tout cela me paraît bien promet­teur. Quelques remar­ques à chaud, pour essay­er de faire tourn­er les neu­rones.

    1) Crois­er moti­va­tions et éten­due sem­ble une bonne idée de départ, avec la réserve que l’étendue est en par­tie au moins fonc­tion de la moti­va­tion. Mais de toute façon, ça se ver­ra dans le tableau.

    2) Je crois effec­tive­ment que l’essence même de la dif­férence entre final­ité lim­itée et non lim­itée, c’est la volon­té de domin­er (établir sa supéri­or­ité) ou non. Que les deux critères coïn­ci­dent n’a en fait rien d’étonnant. Après, du point de vue de la for­mu­la­tion du critère, sans vouloir prêch­er pour ma paroisse, je pense que l’opposition entre volon­tés d’établir sa supéri­or­ité ou non est plus pré­cise que celle entre final­ités lim­itée ou non : une guerre dont le but est de pren­dre un ter­ri­toire a une final­ité lim­itée (on envahit telle par­tie et on s’arrête). La notion de lim­ite est à géométrie vari­able.

    3) Pour la nature de l’objectif, vengeance OK, mais appro­pri­a­tion me paraît une caté­gorie un peu trop fourre-tout pour être opérante, même avec des sub­di­vi­sions. Et ce qui me gêne encore plus, c’est qu’elle classe à un même niveau supérieur des choses qui ren­trent dans la richesse (et donc qui ne doivent, en théorie, pas exis­ter dans le monde I) et d’autres qui n’en sont pas. Je crois vrai­ment qu’il faut faire péter cette classe.

    4) Tu as rai­son, il faudrait mieux cern­er ce que l’on ren­tre dans les moti­va­tions poli­tiques. Mais, cf. point précé­dent, je ne pense pas qu’on puisse les ramen­er à une appro­pri­a­tion. Prenons un exem­ple brûlant, la guerre en Ukraine : elle n’est sûre­ment pas économique, tous les obser­va­teurs s’accordent sur ce point, et de fait elle est classée comme poli­tique. Mais le but de Pou­tine n’est pas de s’approprier l’Ukraine : là, l’appropriation n’est que très sec­ondaire. Le but prin­ci­pal, c’est de l’empêcher de s’éloigner de la Russie et de se rap­procher des Occi­den­taux, parce que c’est une pièce maîtresse de l’influence de la Russie en Europe.
    Ça soulève en pas­sant la ques­tion des guer­res dites de reli­gion. Sans que l’on puisse dire d’elles qu’elles sont poli­tiques, il y a tout de même une même idée der­rière, celle d’imposer sa vision des choses, de met­tre sous sa coupe, son influ­ence. Il faudrait peut-être réfléchir à class­er tout ça dans une même super­caté­gorie à définir (« guerre d’influence » ? Pas ter­ri­ble, mais je n’ai pas mieux sur l’instant).

  3. 5) Pour la chas­se aux têtes, je suis aus­si d’accord que, mal­gré des spé­ci­ficités à éclair­cir, on peut la regrouper avec ce qui con­cerne les autres par­ties du corps, voire les corps entiers. D’ailleurs, je la classe pour ma part avec la guerre fleurie des Aztèques dans la moti­va­tion que j’ai appelée dans le papi­er de Paléo « se pro­cur­er des principes ou des sub­stances néces­saires à l’identité des agents soci­aux ou à la con­tin­u­a­tion du monde ». Il y a effec­tive­ment sans doute d’autres choses à ren­tr­er là-dedans.
    À pro­pos du com­men­taire de Tan­guy, d’abord Jean-Louis Voisin avait écrit il y a bien longtemps un papi­er inti­t­ulé « Les Romains, chas­seurs de têtes », et il s’était fait tomber sur le pale­tot : les Romains récupéraient les têtes pour se faire pay­er et fai­saient des trophées, mais ils ne chas­saient pas les têtes. Il faut vrai­ment dis­tinguer les dif­férents niveaux, ce qu’avait très bien fait Tes­tart dans son papi­er sur la ques­tion. Comme le rap­pelle Christophe, la chas­se aux têtes, c’est si (et seule­ment si) « l’acquisition de la tête con­stitue bel et bien l’objectif en soi de l’opération ». Ce n’était le cas ni chez les Gaulois ni chez les Romains (et chez les Gaulois, au grand jamais on aurait ven­du ou acheté une tête, dix­it les auteurs antiques).
    Pour les Guéré, je ne con­nais pas du tout, mais ça mérit­erait d’être creusé : si vrai­ment pren­dre des masques, dont tu dis qu’ils con­sti­tu­aient par ailleurs des trophées, était un but pre­mier de la guerre, c’est a pri­ori une bizarrerie…

    6) Finale­ment, dans les moti­va­tions ça ferait « économique » (pren­dre des richess­es), « d’influence » (poli­tique + ?), « se pro­cur­er des principes ou des sub­stances » (je ne vois pas com­ment résumer ça en un mot) et « vengeance ». Est-ce qu’on peut tout ren­tr­er là-dedans, où est-ce qu’il manque quelque chose, c’est à voir.

    To be con­tin­ued…

  4. Avatar de Inconnu
    Tangui Przybylowski

    Bon­jour Bruno,

    Pour l’an­tiq­ui­té, je n’en suis absol­u­ment pas spé­cial­iste. Mais la remar­que de principe n’en dépend pas tant que ça. Pourquoi dis­tinguer les buts de guerre (ou même ses sous pro­duits) suiv­ant qu’ils sont des par­ties de corps humain ou d’autres choses ? Je ne vois aucune rai­son a pri­ori de les dis­tinguer. Peut-être qu’il existe dans les faits une ten­dance très claire dans les don­nées qui mon­tre qu’on chas­se des par­ties de corps humains pour des raisons religieuses/​idéologiques ; tan­dis que l’on recherche générale­ment des biens pour des raisons économiques. C’est à voir, mais je n’ai pas l’im­pres­sion que ce soit une règle absolue.

    1. Hel­lo Tan­gui,

      Non, ce n’est pas la dis­tinc­tion que je fais, et il y a un con­tre-exem­ple évi­dent : quand on fait un raid esclavagiste, le but spé­ci­fique est bien de récupér­er de l’hu­main et c’est claire­ment économique. Donc l’op­po­si­tion par­tie de corps ou corps = raisons religieuses/​idéologique et biens = raisons économiques ne peut pas fonc­tion­ner. L’op­po­si­tion, elle est entre biens (richesse, pour sim­pli­fi­er, si tant est que ça sim­pli­fie quoi que ce soit) et ce qui n’en est pas. Ain­si, un humain peut être motif de con­flit pour des raisons économiques en tant qu’il est une richesse si c’est pour de l’esclavage, comme un motif de con­flit pour raisons idéologiques chez les Aztèques (on chas­se l’homme pour le sac­ri­fi­er, parce que c’est indis­pens­able si on veut que le soleil se lève le lende­main matin).

    2. Pour une tête, c’est pareil : elle peut avoir une fonc­tion économique si elle sert à se faire pay­er (comme pour l’esclave, on peut en tir­er prof­it), une fonc­tion démon­stra­tive (preuve qu’on a tué) ou une fonc­tion com­mé­mora­tive de vic­toire (trophée). Mais dans ces trois cas, ce sont des fonc­tions sec­ondaires : aucune n’est la moti­va­tion du con­flit. C’est totale­ment dif­férent dans le cas de la chas­se aux têtes, ou, plus large­ment, de la récupéra­tion des principes/​substances, où là l’ac­qui­si­tion des élé­ments humains est l’ob­jec­tif pre­mier. Là encore, on ne peut pas faire de dis­tinc­tion sur la base humain/​non humain.

    3. Avatar de Inconnu
      Tangui Przybylowski

      C’est bien ça. J’avais mal com­pris alors. Pour les Guéré et les masques. ça ne sem­ble pas être un but pre­mier des guer­res, mais un trophée extrême­ment pres­tigieux. Si un vil­lage est déserté lors d’une attaque, les masque sont pil­lés (c’est effec­tive­ment un sous-pro­duit), si des masques guer­ri­ers s’af­fron­tent, le gag­nant tue le por­teur adverse et saisit égale­ment son masque comme trophée. Mais ce qui en ressort, c’est que c’est un sous-pro­duit telle­ment prisé et telle­ment sys­té­ma­tique des guer­res qu’il en devient presque un but pre­mier.

      Mais ça rejoint le débat qu’on avait sur les casus bel­li. On fait ouverte­ment la guerre (chez les Guéré) pour les droits sur les femmes et les vengeances (meurtres véri­ta­ble ou pré­sumé par sor­cel­lerie). C’est en pos­sé­dant un tel motif qu’on peut par­tir à la guerre et fédér­er ses par­ents dans ce but. Mais cer­tains par­tic­i­pants ne se privent pas non plus de saisir des cap­tifs pour en faire des domestiques/​esclaves(?) ou de piller des objets religieux. Pour leurs motifs à eux (donc des motifs qui peu­vent éventuelle­ment amen­er un con­flits vers une véri­ta­ble guerre — par exem­ple un ensem­ble de griefs pos­sédés par divers­es per­son­nes qui finis­sent par se réu­nir sous un autre motif et don­ner lieu à une guerre) il n’est pas seule­ment ques­tion de but de guerre mais de cause de guerre. Quand on par­le de but depuis le début du débat, on par­le des buts explicites. Mais il peut y avoir des caus­es de la guerre qui ne sont pas néces­saire­ment les mêmes que les buts offi­ciels.

    4. La dis­tinc­tion que tu fais entre but et cause est intéres­sante et il faudrait y réfléchir. Est-ce que finale­ment la cause ne serait pas un meilleur critère que le but ? Mais il y a tout de même le prob­lème, réel mal­gré ce qu’écrit Christophe, de la dis­tinc­tion entre la moti­va­tion alléguée (pré­texte) et le but réel, non avoué.
      De ce point de vue, ce que tu dis sur les Guéré rap­pelle ce que l’on trou­ve régulière­ment en Amérique du Nord, surtout dans les Plaines : les jeunes guer­ri­ers fougueux cherchent à se faire un nom et à gag­n­er des hon­neurs, et ça devient qua­si­ment le but pre­mier des raids, même si ensuite ça passe par des pré­textes (vol­er des chevaux en par­ti­c­uli­er). Du coup, c’est comme ce que tu racon­tes : on est certes dans le but économique au moins en par­tie, mais au fond du fond, la cause peut-être encore plus pre­mière c’est l’hon­neur guer­ri­er (tiens, on le ren­tre où, celui là ?).

    5. Avatar de Inconnu
      Tangui Przybylowski

      Je pré­cise que ces cou­tumes sont encore en par­tie vivantes chez les Guéré. Pas plus tard que le mois dernier il y a eut un meurtre atroce dans un vil­lage voisin de celui où je réside. Une femme a été décapitée et plusieurs par­ties de son corps découpées et emportés (sexe, seins et tête). On ne sait tou­jours pas pour quelle rai­son (peut-être un con­flit fonci­er). Mais les habi­tants du can­ton ont immé­di­ate­ment pré­sumé des pra­tiques de sor­cel­lerie. Il s’en est suiv­it une expédi­tion puni­tive. Les par­ents de la femme, d’un autre vil­lage (C’est une société patrilo­cale) sont venu brûler 7 maisons, sem­ble-t-il sans faire de dis­tinc­tion. Il n’y a pas eut de mort sim­ple­ment parce que les gens avaient fuit. En retour­nant sur les lieux, un des fuyards s’in­quié­tait “Ils n’ont pas touché à ma valise ?” c’est-à-dire sa valise con­tenant ses affaires du culte (masque et cos­tume). Cela dit je n’ai pas eut de con­fir­ma­tion sur le fait qu’ils ont ou non chipé sa val­oche.

  5. (Marc Guil­lau­mie).
    Juste une remar­que, et après cela j’ar­rête, car je ne suis pas du tout spé­cial­iste.
    Ne pour­rait-on pas dis­tinguer l’ob­jec­tif (déclaré) de la final­ité implicite (ou raisonnable­ment sup­posée par l’ob­ser­va­teur, car mesurable dans d’autres dis­cours), et des con­séquences réelles qui, elles, sont tout à fait autre chose ?
    Exem­ples : On pré­tend venger un archiduc (A), mais on veut surtout faire reculer une coali­tion enne­mie (B), et on déclenche une guerre qui est un effroy­able désas­tre pour tout le monde ©.
    Ou la Saint Barthélémy : On pré­tend sauver l’Église et venger le Christ insulté, ou même sauver l’âme des mécréants en les zigouil­lant (A) ; mais on veut surtout affirmer la puis­sance poli­tique de la Ligue (et acces­soire­ment piller et sat­is­faire des pul­sions sadiques) (B) ; on com­met un effroy­able mas­sacre et on engage le Roi dans une voie poli­tique qu’il n’avait peut-être pas souhaitée ©.
    C, ce sont des faits.
    A et B, ce sont des dis­cours.
    Il y aurait lieu peut-être de dis­tinguer le dis­cours de la pro­pa­gande (A) du dis­cours de la “real-poli­tik” (B) qui lui-même est rarement uni­voque : il y a des final­ités chez les dirigeants, rarement une seule final­ité. C’est-à-dire de dis­tinguer dif­férents acteurs dans le même camp. Ou dif­férents niveaux dans le déclaratif, dif­férentes aires de dif­fu­sion de ces dis­cours. Il me sem­ble que les final­ités ne sont presque jamais 1) claires et 2) unanimes.
    Je ne suis pas spé­cial­iste, et c’est peut-être à tort que je sup­pose ceci : quand on se livre à la “chas­se aux têtes” ou à une razz­ia d’esclaves, etc., on com­mence par se per­suad­er que les vic­times méri­tent ce qui leur arrive. Qu’elles sont viles, répug­nantes, pas vrai­ment humaines donc pas vrai­ment vic­times. Ou qu’elles nous men­a­cent, qu’elles nous ont fait du tort. Ou que leur exis­tence même est une insulte à l’or­dre sacré du cos­mos, etc.
    Il me sem­ble qu’il est dif­fi­cile de démêler ce qui est d’or­dre poli­tique, des motifs religieux ou de vengeance, ou de sim­ple rap­ine, dans le cas de la St-Barthélémy. C’é­tait (heureuse­ment !) un cas excep­tion­nel, et j’ex­tra­pole peut-être abu­sive­ment, en util­isant cet exem­ple.
    Mais idem pour les con­quis­ta­dores : avid­ité, amour de l’or dont ils ne fai­saient pas mys­tère ; hor­reur sincère devant les sac­ri­fices humains ; goût de l’aven­ture et de la rébel­lion qui est sen­si­ble dans leur dis­cours, mais pas con­scient à mon avis. Le résul­tat, c’est que l’Es­pagne s’ap­pro­prie d’im­menses ter­ri­toires. Mais ce n’é­tait pas voulu, à l’o­rig­ine : Cortez par exem­ple agit mal­gré les ordres.
    De même, César con­quiert le Gaule presque con­tre la volon­té du Sénat. Donc, même au sein des class­es dirigeantes, il y a des “final­ités” dif­férentes. Et on doit peut-être dis­tinguer final­ité à court terme chez César (con­quérir la Gaule) du long terme : s’as­sur­er for­tune et pres­tige, pour agir à Rome.
    Voilà. Encore une fois, je ne suis pas spé­cial­iste de ces ques­tions pas­sion­nantes. Je souhaite à Christophe Dar­mangeat et à tous une bonne pour­suite de ce débat, que je con­tin­uerai à lire avec intérêt.
    M. G.

    1. Avatar de Inconnu
      Tangui Przybylowski

      Bon­jour,

      J’avais fait une remar­que sim­i­laire à Christophe à pro­pos des casus bel­li avec un exem­ple pas si dif­férent du votre : les croisades, libér­er le tombeau du christ et pourquoi pas au pas­sage fonder un roy­aume et piller d’im­menses richess­es. Evide­ment le sec­ond motif parait beau­coup plus réal­iste que le pre­mier. ça ras­sure de voir que ça ne tit­ille pas que moi. Même si je ne suis pas non plus spé­cial­iste des ques­tions rel­a­tives à la guerre, ça sem­ble indis­pens­able que cette ques­tion soit mise sur la table d’opéra­tion (à un moment ou à un autre…).

      En prime, j’ai l’im­pres­sion que c’est à l’o­rig­ine de pas mal de con­fu­sions dans la com­préhen­sion du prob­lème de la clas­si­fi­ca­tion des types de guer­res — il est ques­tion de ça ici. Puisqu’on se con­cen­tre sur les buts de guerre, il faudrait ouvrir le dossier “moyens de la guerre” pour y cas­er les motifs de guerre sec­ondaires qui per­me­t­tent éventuelle­ment de lever des armées : promet­tre un butin aux guer­ri­ers vain­queurs, les forcer dans la con­scrip­tion, leur don­ner un salaire, leur promet­tre la gloire, etc.

      Peut-être que les buts de guerre ne dif­fèrent entre les “pro­prié­taires de la querelle” — pour repren­dre une expres­sion d’un bil­let passé — et le reste des par­tic­i­pants que dans les sociétés de classe, ou peut-être pas.

      Bref, désolé à Christophe de lui com­pli­quer la tâche avec des ques­tions et pas de réponse.

    2. Oui, tout ça rejoint les ques­tion­nements dans les com­men­taires au-dessus, et surtout révèle un vrai prob­lème que pose le(s) critère(s) but/​motivation/​causes. Hiérar­chis­er (cause pri­maire, sec­ondaire, etc.) est pos­si­ble­ment une solu­tion, mais en pra­tique sûre­ment pas si évi­dente que ça à faire. On sent tout de même qu’il y a sans doute bien un critère per­ti­nent à sor­tir de tout ça, mais sous quelle forme ?

    3. J’ai bien du mal à saisir toutes les impli­ca­tions de ce texte, aus­si je vais en rester à un niveau très élé­men­taire.
      D’une part, à pro­pos des trophées : pour BB, un trophée a pour fonc­tion de com­mé­mor­er une vic­toire. C’est évidem­ment son sens élé­men­taire mais il ne l’épuise pas. Prenons un groupe A qui attaque un autre groupe B, prend une tête, s’en retourne et pique la tête prise à l’entrée de son vil­lage. S’agit-il d’un trophée au sens plus haut ? Prob­a­ble­ment pas : il s’agit d’effrayer tout groupe de B qui con­tre-atta­que­rait. Les amas de têtes coupées dressées par Tamer­lan avaient pour but pre­mier d’effrayer les adver­saires.
      Les têtes coupées ne sont pas tou­jours con­servées : une fois leur rôle tenu, elles sont par­fois jetées sans regret.
      D’autre part, pour une dif­férence entre guerre/​feud et coupe de tête : n’importe quelle tête fait l’affaire lorsqu’on chas­se les têtes : guer­ri­ers, femmes, vieil­lards, enfants, etc. Les Indi­ens des Plaines avaient toute une hiérar­chie sur la façon de com­bat­tre (le sum­mum étant de touch­er l’adversaire avec une canne puis de pou­voir par­tir sans être tué) ; je ne pense pas qu’il y ait quoi que ce soit de sem­blable dans la chas­se aux têtes. En revanche un feud de revanche pour un meurtre cherche à faire pay­er, à tuer, le meur­tri­er ou, si ce n’est pas pos­si­ble, un sub­sti­tut, un avatar. Le but n’est pas le même dans les deux cas, même si le résul­tat l’est.
      L’idée des trophées mon­nayable chez les Guéré me trou­ble. Qu’on acquière une grande renom­mée (et plus par­fois, une fonc­tion) parce qu’on est un chas­seur de tête, d’accord mais qu’on en acquière parce qu’on exhibe un trophée acheté m’étonne ; c’est un trait d’un monde marc­hand dévelop­pé
      Enfin, et pour finir, l’idée que « tu as tout à fait rai­son de ne pas les sépar­er arbi­traire­ment des prélève­ments d’autre par­ties du corps. » comme le dit Tan­gui ne me sem­ble pas juste. Je dirais même le con­traire : les autres par­ties du corps ne sont que des sub­sti­tuts de la tête. La tête a ceci de par­ti­c­uli­er que le crâne se con­serve bien (con­traire­ment au pied ou à la main ou, surtout, aux organes internes comme le cœur) et est donc sus­cep­ti­ble de représen­ta­tions et de céré­monies. Si on coupe sou­vent une main au lieu de la tête, c’est que couper une tête est affaire d’expert et demande un min­i­mum de temps.

    4. Avatar de Inconnu
      Tangui Przybylowski

      Bon­jour Mau­rice,

      Pour le point sur les Guéré tu m’as mal com­pris.

      Les masques ne sont pré­cisé­ment pas mon­nayable. Leur acqui­si­tion par la guerre peut être source de renom­mé et de pou­voir pour au moins deux raisons :
      1° D’une part les masques sont sou­vent pris au com­bat. Les por­teurs de masques sont les “généraux” de l’ar­mé, ils con­stituent égale­ment les pre­mières lignes lors des affron­te­ments. Donc quand tu cap­ture un enne­mi, tu lui prend son masque et avant de le tuer ou de le laiss­er par­tir tu lui demande le nom du masque. Pour la qual­ité du masque il est aus­si pos­si­ble que tu l’ap­prenne à ce moment, sinon ils ont tout un tas d’at­trib­uts esthé­tiques qui traduisent leur impor­tance. Soit leur classe (Glak­laé “grands masques” ; Glaz­in­hé “petits masques” ; masque polici­er, danseur, men­di­ant, etc.) soit leur grade/​âge (si le masque est blanc c’est qu’il est ancien et il a d’au­tant plus d’au­torité). Le guer­ri­er qui le cap­ture le con­serve pour lui ou le cède à un de ses par­ents (son fils par exem­ple) qui va le porter et éventuelle­ment a acquérir le pou­voir. Cela dit il n’est pas cer­tain que cela puisse se faire aus­si mécanique­ment car on con­state encore aujour­d’hui que des masques qui sont par­ti à l’é­tranger, et ont reçu là-bas une mon­té en grade, sont dégradé à leur arrivé par leurs com­pères qui ne l’es­ti­ment pas légitime. Il est pos­si­ble que ce genre de lim­ite s’ap­pli­quait égale­ment aux masques rap­portés des guer­res. Cela étant, si on peut dégrad­er un masque il est impos­si­ble de le faire chang­er de classe. Donc dans tous les cas l’essen­tiel de son pou­voir est con­servé.
      2° Deux­ième­ment, si la guerre dont le masque a été rap­porté est d’une grande impor­tance, le masque et par con­tre­coup son pos­sesseur en tireront d’au­tant plus de renom­mé. Le masque le plus ancien ou ayant par­ticipé aux plus grandes guer­res ou au plus grand nom­bre de guerre — ou de façon générale, ayant acquis la plus grande renom­mé dans les guer­res — sera con­sid­éré comme le masque en chef. ça lui donne notam­ment le pou­voir de nom­mer les Bazo (prêtres du culte) qui assumeront les plus hautes respon­s­abil­ités. En gros le plus grand masque nomme le pape qui lui même a le plus grand pou­voir pour juger des lit­iges.

  6. Bon­jour, je ne suis pas spé­cial­iste de la ques­tion mais il y a tou­jours la ten­ta­tion de tout cul­tur­alis­er et je me laisse aller sur cette pente savon­neuse, mais juste pour tester : 1) j’ai lu des comptes ren­dus de l’archéolo­gie sibéri­enne (je ne sais plus où exacte­ment, une revue prob­a­ble­ment) et il est relevé à par­tir de squelettes trou­vés dans des tumu­lus une très forte vio­lence (ce qui sem­ble avoir éton­né les archéo­logues russ­es) ; en effet, tous les squelettes por­tent des traces de mort vio­lente, ou de vio­lence, plus ou moins. 2) J’ai des con­nais­sances générales sur l’Amérique pré-colom­bi­enne et la guerre est un fait colos­sal (c’est tou­jours le cas). 3) Le pas­sage par le Béring du point 1 au point 2 est la ques­tion ici. 4) Si on con­sid­ère une unité mon­gole-sibéri­enne (?), il reste aus­si les inva­sions du moyen âge (et l’o­rig­ine de la Turquie), à com­par­er avec les Vikings et autres Varègues, et donc le prob­lème de la cul­ture slave (et de l’an­thro­polo­gie de celle-ci au 19ième siè­cle, la cul­ture des mou­jiks, qui est un autre prob­lème). 5) Les rela­tions entre les Hans et les Mon­gols… (tou­jours dans l’ac­tu­al­ité avec les Ouï­gours) ; je laisse un mail : jpjoffrin@hotmail.fr

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