Il n’y a pas de bonne religion

Les événe­ments des jours passés ont sus­cité une immense vague d’é­mo­tion, et comme bien des gens, j’ai passé une semaine nauséeuse, plom­bée par l’hor­reur du mas­sacre des mem­bres de Char­lie Heb­do, des policiers et des clients juifs du super­marché cash­er.

Mais à cette douleur s’est ajoutée, peu à peu, l’écœurement face à la vaste opéra­tion poli­tique qui s’en est suiv­ie. À l’oc­ca­sion d’une man­i­fes­ta­tion dite d’u­nité nationale, l’é­mo­tion de la pop­u­la­tion a été util­isée pour ser­rer les rangs der­rière Valls et Hol­lande — dont la poli­tique intérieure et extérieure, à l’im­age de celle de leurs prédécesseurs, porte une lourde respon­s­abil­ité dans les événe­ments actuels. Et comme plus c’est gros, plus ça passe, la man­i­fes­ta­tion a même servi à faire la pro­mo­tion démoc­ra­tique de ces farouch­es pro­gres­sistes que sont Cameron, Merkel ou Rajoy — celui-là même qui voulait sup­primer le droit à l’a­vorte­ment il y a peu — aux­quels se sont ajoutés, entre autres et pour faire bonne mesure, des démoc­rates et human­istes aus­si dis­tin­gués que Vik­tor Orban, Ali Bon­go, le roi de Jor­danie, Avig­dor Lieber­man ou Naf­tali Benett (liste non lim­i­ta­tive et non hiérar­chisée).

Comme un écœure­ment en appelle d’autres, l’ac­tu­al­ité a aus­si fourni son lot d’ex­ac­tions com­mis­es par des crétins « de souche » qui ont attaqué des mosquées, ou les provo­ca­tions de ces goss­es qui ont jus­ti­fié les meurtres et per­tur­bé les min­utes de silence. 

Sur tout cela, il y aurait sans doute bien des choses à dire ; mais c’est sur un point pré­cis que j’ai eu envie de réa­gir sur ce blog. Je veux par­ler de ce refrain – plus pré­cisé­ment, cette anti­enne – répété à l’en­vi sur toutes les chaînes sans que per­son­ne ne sem­ble devoir le démen­tir, selon lequel (en sub­stance) : « ce n’est pas cela l’Is­lam », « ce n’est pas cela la reli­gion », que « les reli­gions sont amour et respect de l’autre » et autres fadais­es de la même eau bénite.

Je ne sais pas si les rab­bins, curés et imams, ou même les sim­ples croy­ants qui nous ânon­nent cela ont lu leurs pro­pres textes sacrés. Ceux qui leur ser­vent la soupe, en tout cas, ne sem­blent pas l’avoir fait. Parce qu’il suf­fit d’ou­vrir n’im­porte lequel de ces réc­its mythiques qui fondent leur foi pour voir que sont divine­ment jus­ti­fiées toutes les vio­lences et toutes les oppres­sions, à com­mencer par l’esclavagisme et, bien sûr, celles sur les femmes.

Nul besoin, pour le savoir, d’être un théolo­gien con­fir­mé (je peux me tar­guer d’avoir passé avec suc­cès, il y a assez longtemps de cela, tous mes exa­m­ens de jeune catholique ; il est vrai que mon mérite reste relatif, le taux de réus­site étant encore supérieur à celui du bac actuel). N’im­porte qui doué d’un peu de curiosité et d’une con­nex­ion inter­net peut le véri­fi­er, ain­si que l’at­tes­tent ces quelques sites fort recom­mand­ables :

  • quelques extraits plaisants de vio­lence dans la Bible (je par­le naturelle­ment d’une vio­lence exer­cée par Dieu ou sous ses ordres, et donc légitimée par le texte sacré)
  • de nom­breux extraits élo­quents du Coran (le rédac­teur tient à démon­tr­er qu’il serait « pire » que les autres livres sacrés, une affir­ma­tion qui doit sans doute être mise sur le compte de sa mécon­nais­sance de ces derniers).
  • un beau recense­ment sur les reli­gions con­tre les femmes, qui procède de sur­croît à une petite incur­sion du côté du boud­dhisme, sou­vent présen­té chez nous comme une « philoso­phie », une reli­gion intel­lo, en quelque sorte.

Je pour­rais ral­longer la liste avec la légiti­ma­tion de l’esclavage, la répres­sion en matière de mœurs ou, tout sim­ple­ment, les absur­dités biologiques et cos­mologiques. L’essen­tiel est ailleurs : les croy­ants qui se récla­ment de lec­tures lit­térales de ces pas­sages ne sont pas moins fondés à le faire que ceux qui font comme s’ils n’ex­is­taient pas, en se récla­mant des pas­sages, tout aus­si réels, qui appel­lent à la paix et à l’amour du prochain. Les inté­gristes de tout poil sont sans doute des fous furieux, mais ils peu­vent jus­ti­fi­er leurs dingueries par les mêmes textes que les croy­ants plus sym­pa­thiques (ou plus incon­séquents ?) con­sid­èrent eux aus­si comme sacrés.

Non seule­ment ils ne faut pas l’ou­bli­er, mais il faut le dire et le redire, plus que jamais. Que la plu­part des ten­ants des trois reli­gions du Livre soient hor­ri­fiés par leurs pro­pres inté­gristes comme par ceux des autres, c’est heureux. Mais ce n’est pas une rai­son pour taire sur quel arbre poussent les fruits qu’eux-mêmes dis­ent pour­ris. La sol­i­dar­ité avec les gens est une chose, la sol­i­dar­ité avec leurs idées en est une autre (ce que curés, imams et rab­bins aimeraient beau­coup faire oubli­er). La reli­gion, ce n’est pas le ter­ror­isme ? Voire. Mais dans tous les cas, c’est la démis­sion de la rai­son, pente glis­sante s’il en est.

Les événe­ments récents accoucheront peut-être, hélas, d’un Patri­ot Act à la française. Ils déboucheront aus­si, peut-être, sur une mul­ti­pli­ca­tion des agres­sions con­tre des lieux de cultes – naturelle­ment, un par­ti représen­tant les intérêts des exploités ne pour­rait rester indif­férent à de telles agres­sions et, s’il en avait les moyens, devrait, en plus de les dénon­cer, ten­ter de les empêch­er dans les faits. Mais la sit­u­a­tion peut dans le même temps con­duire, sous cou­vert de « tolérance », de « vivre ensem­ble » et de lutte con­tre des dis­crim­i­na­tions réelles ou sup­posées, à légitimer et à pro­mou­voir des formes de croy­ances dites « mod­érées » perçues comme des moin­dres maux. Voire, dans le pire des cas, à abdi­quer, tou­jours au nom de la lutte con­tre les dis­crim­i­na­tions, toute résis­tance devant de nou­velles reven­di­ca­tions sex­istes ou obscu­ran­tistes, pour peu qu’elles bran­dis­sent un dra­peau religieux. L’en­fer des athées, lui aus­si, est sou­vent pavé de bonnes inten­tions.

Allez, je vais révis­er ma théolo­gie avec Les écri­t­ures de Cavan­na, une ver­sion de la Bible à mourir… de rire.

19 commentaires

  1. Non non et non !
    Je n’ai pas défilé der­rière des fas­cistes et des assas­sins ! Je n’ai pas défilé der­rière Valls ou Hol­lande !

    J’ai défilé avec des conci­toyens sans leur demandé s’ils étaient cathos pra­ti­quants ou mil­i­tants FN.

    Ce sont eux qui ont défilé der­rière nous. Eux ont été dépassés sub­mergés par la foule des citoyens anonymes ! La « belle una­nim­ité » de l’assemblée nationale hier en est la preuve : c’est nous qui leur avons dit quelque chose et non l’inverse. S’il n’y avait eu que 100 000 per­son­nes dans les rues cette « belle una­nim­ité » n’aurait pas eu lieu ! Eux ser­rent les fess­es pas moi.

    Ceux qui savent qu’Orbat est un fas­ciste n’ont pas changé d’avis dimanche. Ceux qui con­damnaient same­di la poli­tique de Netanyaou n’approuvent pas aujourd’hui la poli­tique d’Israël etc… Les gens ne sont pas tous stu­pides. Cer­tains autour de moi hési­taient à man­i­fester à cause de la présence de ces indi­vidus. Leurs laiss­er le champ libre ? NON !

    Mer­cre­di soir la place de la république à Paris était noire de monde ce ne sont pas nos élus qui ont créé ce rassem­ble­ment.
    Au sujet de la minute de silence je suis d’accord avec Cohn Ben­dit ! Deman­der cela à des gamins est une énorme con­ner­ie ! Deman­der à un môme de CE1 une minute de silence, pour moi, c’est qua­si­ment de la manip­u­la­tion. Par quel mir­a­cle des mômes remet­traient en cause ce qu’ils croient juste depuis longtemps ? 17 morts c’est un tsuna­mi émo­tion­nel pas un sur­gisse­ment de lumière éclairant les con­sciences ! Les mir­a­cles n’existent pas. Ceux qui ont per­tur­bé la minute nous dis­ent quelque chose : les a‑t-on écoutés, enten­dus ? Non : ce ne sont que des per­tur­ba­teurs qui on for­cé­ment tort ? A ce train-là on n’est pas arrivé.
    A pro­pos des reli­gions je suis d’accord dans l’ensemble et même un bra­vo pour le boud­dhisme : c’est bien une reli­gion ! Nous n’avons pas lu la bible à nos enfants mais L’Iliade et l’Odyssée. Que de choses irra­tionnelles féériques et quelle vio­lence, ne serait-ce que le retour à Ithaque d’Ulysse : un mas­sacre total. Alors faut-il effac­er tous ces textes fon­da­teurs y com­pris la bible et autres ? Faut-il lire l’Odyssée au raz du texte ou en faire une analyse. Faut-il comme Ulysse exter­min­er tous les pré­ten­dants ou faire une analyse de ces textes ?
    Mais, la reli­gion n’est ni le ter­ror­isme ni la démis­sion de la rai­son, c’est un peu plus com­plexe que ça. Les idées sim­ples n’ont jamais réglé les choses com­plex­es. Lais­sons les églis­es tem­ples mosquées etc… ouverts. En France on a lais­sé les églis­es ouvertes, et bien elles se sont vidées : nul ne peut con­tester ce con­stat. Il en sera de même pour les mosquées si « le monde libre » arrête ses con­ner­ies.
    Les reli­gions ne se résu­ment pas à la démis­sion de la rai­son. C’est une ten­ta­tive d’explication du monde et par­tant une ten­ta­tive d’organisation socié­tale. La société est en per­ma­nente muta­tion c’est pour cela que l’on ne peut don­ner le même crédit à ceux qui font une lec­ture lit­térale des textes et ceux qui ten­tent une analyse plus actu­al­isée. Per­son­nelle­ment je com­bats les deux : mais on ne peut brûler ni la bible ni le coran ni le mahara­ba­ta, c’est trop tard il aurait fal­lu ne jamais les écrire.
    La société pro­gresse et les reli­gions recu­lent, il y a des soubre­sauts et il y en aura encore : mais les reli­gions monothéistes régressent mal­gré les apparences !
    Un « patri­ot act » n’est pas à l’ordre du jour mais si jamais… là il fau­dra se lever et se bat­tre réelle­ment et dure­ment car nous ne serons pas des mil­lions dans la rue et les Orbat et autres seront face à nous et eux auront les armes à la main !
    Ah ! bon dieu qu’il est dur par­fois à un athée de répon­dre à un autre athée !
    NO PASARAN

  2. Bon­soir

    L’a­vant et l’ar­rière, la reli­gion et la lit­téra­ture, allumer le feu de la cri­tique et celui des autodafés, tout cela m’a l’air de sus­citer en vous quelques con­fu­sions. Je vais donc ten­ter quelques remis­es au point.
    Mal­gré les efforts que vous déployez pour vous con­va­in­cre du con­traire, je suis désolé de devoir le répéter : à la man­i­fes­ta­tion de dimanche, c’est vous qui étiez der­rière la fine fleur des politi­ciens bour­geois, pas l’in­verse. Eussiez-vous éprou­vé l’en­vie de soulager votre vessie dans le sens de la marche plutôt que regarder ailleurs, vous auriez pu le véri­fi­er.
    Quant à penser qu’être en tête d’une man­i­fes­ta­tion, surtout lorsqu’elle est d’une telle ampleur, ne rap­porte aucun béné­fice poli­tique, c’est là une décou­verte pro­pre­ment révo­lu­tion­naire. Quand je pense qu’Hol­lande, Valls, Sarkozy et toute leur clique se frot­tent les mains de leur petite opéra­tion… Ce sont vrai­ment de grands naïfs.
    Vous me par­lez de la vio­lence dans l’Il­i­ade. Sérieux, vous ne voyez vrai­ment pas la dif­férence entre un poème, que cha­cun présente comme un réc­it imag­i­naire ou romancé, et un texte sacré qu’on annone aux enfants en les endoc­tri­nant sur le car­ac­tère indis­cutable des vérités qu’il est cen­sé révéler et dont les pre­scrip­tions sont cen­sées régler chaque instant de leur vie du lever au couch­er ?
    Quant à pass­er la Bible ou le Coran au feu, voilà une idée bien étrange. Le seul feu auquel ils doivent être soumis est celui de la cri­tique (au demeu­rant, c’est un feu allumé il y a djà au moins deux siè­cles et que tout athée con­scient se doit d’en­tretenir). Parce que si la reli­gion ne se résume pas à la démis­sion de la rai­son (je n’ai écrit cette idi­otie nulle part), elle la sup­pose.
    L’hu­man­ité future con­tin­uera sans nul doute de se livr­er à l’é­tude raison­née de ce qui aura été con­sid­éré jadis comme des textes sacrés. Elle for­mera ain­si les esprits cri­tiques des jeunes humains, qui se deman­deront avec per­plex­ité com­ment une époque capa­ble d’in­ven­ter inter­net ou d’en­voy­er une sonde sur une comète pou­vait encore abdi­quer toute capac­ité de réfléchir pour croire dur comme fer à de telles sor­nettes. Voire à tuer en leur nom.
    Pour le moment, nous devons lut­ter con­tre un can­cer qui se développe sur la chair en décom­po­si­tion d’une économie mori­bonde. Et penser que le sim­ple fait de laiss­er les lieux de culte ouverts (mais qui dia­ble les a fer­més, ou a pen­sé à le faire ?) fini­ra par les vider est une poli­tique à peu près aus­si avisée que laiss­er se propager les incendies en se dis­ant qu’ils finiront bien par s’étein­dre tôt ou tard.

  3. Mer­ci de cette belle page ! Comme la pro­pa­gande anti-religieuse est une chose que tu nous invites à per­pétuer, je vous invite à voir ce film : https://fr.wikipedia.org/wiki/Paradis_:_Foi dont j’ai trou­vé la pub ici : http://www.convergencesrevolutionnaires.org/spip.php?page=imprimer_article&id_article=3139
    Je ne sais pas ce que l’an­thro­po­logue que vous êtes aurait à dire là-dessus, vu que je ne fais pas la dif­férence entre votre méti­er et l’eth­nolo­gie ou la soci­olo­gie. Moi, j’ai trou­vé ce film mer­veilleux. A pro­pos de l’amour, les scènes de l’héroïne avec son chat sont très émou­vantes. Mais si le film était mis­an­thrope, un anthro­po­logue ne l’ap­précierait cer­taine­ment pas. Voir pour voire.

  4. Récem­ment, je suis tombé sur ce texte sur la page face­book de Peg­gy Sas­tre. C’est une réponse de Najib El Mokhtari au com­mu­niqué de Tariq Ramadan selon lequel l’is­lam ne peut être invo­qué pour jus­ti­fi­er les tueries.
    ça me sem­ble bien illus­tr­er le fait que les religieux mod­érés, mêmes s’ils sont plus sym­pa­thiques que les fana­tiques, sont en fait moins cohérents :

    “M. Tariq Ramadan (offi­cial) je pense que le pas­sage dis­ant qu’au­cune ver­sion de l’is­lam ne peut etre utilisee pour jus­ti­fi­er ces actes est tout sim­ple­ment faux. On com­prend tres bien que vous pronez un islam de paix et d’hu­man­isme. C’est super et per­son­nelle­ment j’aimerais bien que tous les musul­mans soient comme vous dans ce sens.
    Mais il existe bel et bien d’autres ver­sions de l’is­lam qui ne le sont pas. Il faudrait, je pense, arreter avec le dis­cours de “ceci n’a rien a voir avec l’is­lam” car c’est mal­hon­nete, con­tre pro­duc­tif et c’est un frein pour une vraie reforme.
    Quand j’e­tais a l’ecole pri­maire, tout comme des mil­lions d’en­fants, dans la matiere appelee “edu­ca­tion islamique” on nous enseignaient que le coran, le hadith et le qyass sont des sources de “jurisprur­dence islamique”. Et que le prophete est notre mod­ele (qoud­wa) et qu’on devrait le plus pos­si­ble repro­duire les pra­tiques de sa vie. Or selon ces memes hadiths, le prophete a :
    — Egorgé tous les hommes (800+) d’une tribu de juifs par ordre d’un ange. — Déporté et con­fisqué les biens d’une autre tribu entiere sur la base du temoignage d’un musul­man qui a pre­tendu qu’un juif a dénudé une femme. (musul­man qui a en fait tué le juif en ques­tion sur le champ avant meme de con­sul­ter une sorte de “tri­bunal”).
    — Egorgé une bonne par­tie des ENFANTS de cette tribu. Car le critere pour dis­tinguer entre les males a egorg­er vs. ceux a epargn­er etait l’ex­is­tence ou non des poils de puberté.
    — Esclavagisé le reste des enfants ain­si que les femmes et ven­du ces femmes et enfants dans des marchés en Syrie (cad une depor­ta­tion loin de la terre que ces civils juifs ont habité pen­dant des siecles).
    Je n’ai pas étudié cette his­toire a l’ecole mais j’ai étudié un autre chapitre qui s’ap­pelle “al houdoud” dans lequel on nous dis­ait que dans la jurispru­dence islamique, on doit couper les mains des voleurs, couper les mains et pieds des enne­mis “mouhari­boun” et les tor­tur­er sur une croix,.. ain­si que toute une panoplie de pra­tiques exe­cutées de nos jours par Daech sur le ter­rain.
    Venir me dire que ce que fait Daech n’a rien a voir avec l’is­lam c’est, excusez le terme, nous pren­dre pour des imbé­ciles.
    Je suis pour une reforme hon­nete et pro­fonde de l’is­lam. On sait tous que la grande majorité des musul­mans sont des gens pais­i­bles et ne sou­ti­en­nent pas le ter­ror­isme, et ne con­nais­sent meme pas ces his­toires du prophete que j’ai evo­qué. Pour eux, l’is­lam c’est la char­ité, les rap­ports famil­i­aux et la prière. Mais cette meme majorité est aus­si endoc­trinée avec un islam ambigu dans lequel les hadiths sont une ver­ité et le prophete est un mod­ele a repro­duire tel quel au 21eme siecle. Ce qui veut dire qu’en the­o­rie une bonne par­tie des musul­mans sont des musul­mans pais­i­bles parce­qu’il y a une sorte de con­tra­dic­tion logique interne ou une igno­rance dans leur démarche.
    Affron­ter ces con­tra­dic­tions et reformer hon­nete­ment l’is­lam soun­ni (e.g. vir­er une bonne par­tie des hadiths et recon­naitre que le prophete n’est pas un mod­ele lit­ter­al a repro­duire de nos jours) est l’is­sue.. NON PAS repeter a chaque fois la fameuse phrase “had­ha layssa bi islam” (ceci n’est en aucun cas appar­en­té a l’is­lam).
    Soyons courageux.”

    1. Oui, c’est un beau texte. Mer­ci de me l’avoir fait con­naître. On pour­rait sim­ple­ment lui reprocher de s’ar­rêter en chemin : si le texte sacré n’est pas entière­ment sacré, alors il ne l’est pas du tout. Et on doit fonder alors sa morale sur des raison­nements, non sur de sup­posés impérat­ifs sur­na­turels…

    2. Je suis entière­ment d’ac­cord.

      Il existe à ce pro­pos des expéri­ences de psy­cholo­gie intéres­santes menées par E. Turiel en 1993.
      Turiel a demandé a des jeunes enfants très religieux (juifs ortho­dox­es et amish men­non­ites) s’il serait per­mis de chang­er le jour du culte si Dieu le décidait. La plu­part ont pen­sé que c’é­tait le cas. Puis il a demandé s’il serait per­mis de vol­er si Dieu le décidait. Les enfants avaient ten­dance à penser que Dieu ne pour­rait pas décider une chose pareille et qu’elle demeur­erait inter­dite dans tous les cas.

      Cette expéri­ence mon­tre que les enfants font la dif­férence très tôt entre les règles morales (qui ont trait aux torts que l’on cause a autrui) et les règles con­ven­tion­nelles. Cela mon­tre aus­si que les règles morales n’ont pas besoin d’être appuyées par la reli­gion pour avoir une valeur. Les gens qui pensent qu’on a besoin de la reli­gion pour fonder la morale se trompent sur ce point. La morale s’im­pose même à Dieu. Et même si Dieu est mort, tout n’est pas per­mis.

  5. Oui mais je pense que c’est un peu vain de cri­ti­quer les textes dits sacrés. Il y a à boire et à manger. Ceux qui veu­lent boire le pour­ront, ceux qui veu­lent manger aus­si. On y trou­vera de quoi jus­ti­fi­er n’im­porte quoi, du plus hor­ri­ble au plus admirable selon l’idée que l’on se fait de l’ad­mirable. C’est même assez inutile de cri­ti­quer les pou­voirs religieux insti­tués. Tout cela, on le fait depuis longtemps. Comme la reli­gion est une affaire de cœur, de croy­ance, de rêve, ces argu­ments raisonnables ne por­tent pas, sauf sur ceux qui sont déjà con­va­in­cus.
    S’il n’est pas encore évi­dent pour tout le monde — même pour les croy­ants — que la reli­gion a deux vis­ages, le beau vis­age avec les belles valeurs, les bons sen­ti­ments, les bonnes inten­tions et les œuvres cul­turelles que des artistes ont réus­si a pro­duire, et le vis­age de la coerci­tion, de la com­plic­ité avec les pires des Etats, du refus du pro­grès, du refus de la lib­erté de con­science, le vis­age de l’en­doc­trine­ment dès le plus jeune âge (et acces­soire­ment de la pédophilie), c’est parce que, mal­heureuse­ment, comme le mon­tre la man­i­fes­ta­tion réussie de jan­vi­er, les gens réagis­sent de façon pavlovi­enne à tous les jolis mots, les jolies caus­es, les jolies idées qu’on aura su met­tre en avant. Bref, la naïveté, la cré­dulité, l’idéal­isme, règ­nent en maître.
    http://inconnaissance.unblog.fr

    1. Bon­jour

      Que cri­ti­quer les textes sacrés soit insuff­isant pour éradi­quer les idées religieuses et les super­sti­tions en tout genre, c’est une chose. Que ce soit inutile en est une autre. Et si cer­tains s’adressent à la cré­dulité des gens, il est d’au­tant plus néces­saire de s’adress­er à leur rai­son et à leur con­science.

  6. Pas si sûr que les reli­gions recu­lent. En tout cas, le nom­bre d’adeptes de toutes sortes de reli­gions aug­mente à mon avis. Les respon­s­ables religieux n’ai­ment rien tant que de pass­er pour des vic­times, des dis­crim­inés des per­sé­cutés quand ils sont en posi­tion de faib­lesse. Ils n’ai­ment rien tant que de mon­tr­er à leurs ouailles com­bi­en on est injuste avec eux. Alors oui, s’adress­er à la rai­son et à la con­science de ces dernières, mais ma posi­tion per­son­nelle con­siste à revendi­quer fière­ment mon incroy­ance et à essay­er d’analyser les proces­sus en cours dans la croy­ance religieuse.

    1. Qui a dit que les reli­gions rec­u­laient ? Cer­taine­ment pas moi, car je pense exacte­ment le con­traire. Je dis juste que si on veut qu’elles recu­lent, la cri­tique (plus exacte­ment le rap­pel) de ce que sont leurs textes sacrés est un des élé­ments néces­saires. Ni plus, ni moins…

    2. Un des nœuds du prob­lème, selon moi, sinon le nœud, c’est le fait que l’on a fait de Dieu une per­son­ne. C’est ce que met­tent en scène les textes. L’homme à l’im­age de Dieu et inverse­ment, plus une rela­tion entre Dieu et cha­cun de nous, plus une récom­pense per­son­nelle, plus un Dieu qui par­le, avec des mots, comme nous. Sauf que cette parole au sujet des hommes, de leur vie, de leur société est la Vérité uni­verselle et éter­nelle. C’est cela la grande impos­ture. C’est l’idée de per­son­ne qui est sacral­isée.
      Tout ce qui tend à nier ou détru­ire l’idée de per­son­ne est anti-religieux au plus haut point.

  7. Bon­jour ! J’a­joute ce petit com­men­taire parce que je pense que votre bil­let ne prend pas en compte cer­taines don­nées con­cer­nant la bible, ce qui le con­duit à sim­pli­fi­er la ques­tion de la vio­lence dans les reli­gions.

    Si j’ai bien com­pris votre pro­pos, les livres sacrés des reli­gions actuelles con­ti­en­nent des pas­sages qui appel­lent à la vio­lence et d’autres qui prô­nent au con­traire l’amour du prochain, ce qui implique que les croy­ants sont aus­si fondés à agir selon l’un ou l’autre principe lorsqu’ils adoptent une atti­tude sérieuse vis-à-vis de leurs pro­pres textes. Au détour d’une par­en­thèse, vous sem­blez ajouter (sans toute­fois, vrai­ment l’af­firmer) que les inter­prètes qui se fondent sur les pas­sages vio­lents sont plus con­séquents que ceux qui priv­ilégient les par­ties plus tolérantes. Or, si on con­sid­ère qu”il y a véri­ta­ble­ment des principes con­tra­dic­toires au sein des textes, on ne peut pas dire que les inté­gristes vio­lents sont plus lit­téral­istes ou plus con­séquents. L’un et l’autre amputent une par­tie de leurs pré­ceptes religieux.

    EN dehors de cette pré­ci­sion, vous omet­tez le fait que le nou­veau tes­ta­ment affirme explicite­ment qu’il rend l’an­cien tes­ta­ment caduque. Or, tous les textes vio­lents de la Bible sont tirés de l’an­cien tes­ta­ment, comme le prou­ve d’ailleurs le lien que vous avez partagé. Plusieurs textes de l’é­vangile énon­cent que cer­taines règles de l’An­cien tes­ta­ment ont été faites par des hommes. Les épîtres de Saint Paul, surtout l’épître aux romains, proclame que l’an­ci­enne loi (c’est-à-dire l’an­cien tes­ta­ment) n’a plus cours. “Les actes des apôtres” con­fir­ment cela quand on y rap­porte le con­flit entre saint Paul et saint Pierre sur ce point et l’a­ban­don par les chré­tiens des anci­ennes règles (la cir­con­ci­sion, les inter­dits ali­men­taires). Et sur le point spé­ci­fique de la vio­lence, l’é­vangile énonce directe­ment que la loi du tal­ion est abolie. L’in­ter­pré­ta­tion la plus lit­téral­iste de la Bible va dans le sens d’un aban­don des principes vio­lents de l’an­ci­enne alliance.
    Par ailleurs, le nou­veau tes­ta­ment con­tient dans l’é­vangile de Matthieu un pas­sage qui explique com­ment l’an­cien tes­ta­ment doit être inter­prété. Et il y a une claire sub­or­di­na­tion de l’in­ter­pré­ta­tion au principe d’amour puisqu’on y affirme que les deux plus grands com­man­de­ments sont l’amour de Dieu et l’amour du prochain, que ces com­man­de­ments revi­en­nent aux mêmes, et que le reste n’est que com­men­taire. JE ne con­nais pas de pas­sages qui affirme explicite­ment un principe d’ex­pli­ca­tion inverse. En somme, il y a une hiérar­chi­sa­tion entre les pré­ceptes bibliques dans le texte même de la Bible. Quand les inter­prètes plus tolérants des textes évac­uent les pas­sages vio­lents, ils le font con­for­mé­ment à la lec­ture la plus lit­térale de leurs textes. On ne peut pas en dire autant pour les inter­prètes qui se fondent sur les pas­sages vio­lents pour rejeter ceux qui par­lent d’amour du prochain.
    Pour prou­ver que les chré­tiens prô­nant la vio­lence sont fondés à le faire sur la base de leurs textes sacrés, il faut à tout le moins mon­tr­er que des textes légiti­mant la guerre sainte ou les vio­lences com­mis­es au nom de Dieu exis­tent dans le nou­veau tes­ta­ment. Or, il n’y a rien de com­pa­ra­ble à l’as­sas­si­nat des prêtres de Baal par le prophète Elie par exem­ple. On pour­rait évo­quer la ques­tion des cat­a­clysme envoyés par Dieu dans l’apoc­a­lypse, qui pour­raient être inter­prétés comme de la vio­lence sacrée, mais c’est un autre sujet car ces descrip­tions ne légiti­ment pas les vio­lences humaines.

  8. (suite)
    Encore un fois, si on se fonde sur une inter­pré­ta­tion lit­térale, aucun texte du nou­veau tes­ta­ment ne les légiti­ment (alors que des textes les con­damnent explicite­ment). Deux pas­sages peu­vent à la rigueur être sujets à inter­pré­ta­tion :
    1) Celui où le Christ dit qu’il n’est pas venu apporter la paix dans le monde mais le glaive. Mais si on lit le pas­sage, on se rend compte qu’il par­le des vio­lences com­mis­es con­tre ses dis­ci­ples. A aucun moment de ce texte, il ne laisse enten­dre que ce sont les chré­tiens qui porteront le glaive évo­qué. C’est donc dans une inter­pré­ta­tion pro­pre­ment non lit­térale (voire erronée) qu’on pour­rait y voir une jus­ti­fi­ca­tion de la vio­lence.
    2) Celui où il dit aux apôtres d’a­cheter un glaive parce qu’il va être arrêté. Déjà en tant que tel c’est assez mai­gre, mais en plus quand un apôtre utilise juste­ment son glaive au moment de l’ar­resta­tion pour défendre le Christ, celui-ci leur demande d’ar­rêter et guérit celui qui a été blessé. Voir là une apolo­gie de la vio­lence serait donc assez étrange.

    Je ne sais pas ce qu’il en est de l’Is­lam et je ne cherche pas à faire du prosé­lytisme. Mais je sou­tiens sim­ple­ment que le chris­tian­isme est une reli­gion dont les textes réputés sacrés, dans leur inter­pré­ta­tion lit­térale, défend­ent la non-vio­lence, à l’in­star du boud­dhisme par exem­ple. D’un point de vue anthro­pologique d’ailleurs, l’ap­pari­tion qua­si-con­tem­po­raine du boud­dhisme mahayana et du chris­tian­isme est un phénomène sûre­ment intéres­sant à analyser. Cela dit peut-être quelque chose de l’é­vac­u­a­tion pro­gres­sive de la vio­lence dans la vie civile des peu­ples où ces reli­gions ont vu le jour, avec l’af­fir­ma­tion du pou­voir cen­tral.

    Ceci n’empêche évidem­ment pas que des gens ont com­mis des vio­lences en les jus­ti­fi­ant par la bible chré­ti­enne. Comme on a vu des groupes boud­dhistes vio­lents par exem­ple. Ces inter­pré­ta­tions non lit­térales sont sans doute dues aux trans­for­ma­tions des con­di­tions de social­i­sa­tion des gens qui les ont porté.

    J’e­spère ne pas vous avoir ennuyé avec ces quelques exégès­es et vous souhaite de pour­suiv­re votre tra­vail anthro­pologique pré­cieux, qui m’a appris beau­coup de choses.

    1. Bon­jour

      Je ne me lancerai pas dans une exégèse des textes sacrés, un jeu pour lequel j’avoue bien hum­ble­ment ne pas pos­séder de qual­i­fi­ca­tion par­ti­c­ulière. J’avoue tout de même être un peu éton­né devant cet Ancien Tes­ta­ment qui serait ren­du caduc par le Nou­veau, mais qu’on con­tin­ue tout de même à pren­dre comme référence chez tous les bons catholiques qui (Dieu mer­ci ?) n’ont à ma con­nais­sance jamais renié la Bible. En quelques siè­cles, Dieu aurait-il changé rad­i­cale­ment d’avis sur des ques­tions aus­si impor­tantes que la vio­lence, l’adultère, l’esclavage, le statut inférieur des femmes ou le traite­ment à réserv­er aux infidèles et aux apos­tats ? Si c’est bien le cas, et si je croy­ais à ce Dieu, cela me trou­blerait. Et quoi qu’il en soit, bien des chré­tiens, à com­mencer par une bonne par­tie des protes­tants, revendique haut et fort la valid­ité de la Bible et de ses enseigne­ments les plus saumâtres. Alors, à quel saint se vouer ?

      Quoi qu’il en soit, je dois bien recon­naître que fab­ri­quer une nou­velle reli­gion qui tente de se réclamer d’un dogme exis­tant tout en rompant avec cer­tains de ses enseigne­ments majeurs est un exer­ci­ce dif­fi­cile, et qu’on ne saurait jeter la pierre aux Pères de l’Eglise, qui ont bricolé comme ils ont pu pour faire du Dieu vengeur du petit peu­ple juif le Dieu uni­versel (et aimant ?) de toute l’hu­man­ité. Les rac­cords, les con­tra­dic­tions et les inco­hérences saut­ent aux yeux ? Certes, mais à l’im­pos­si­ble nul n’est tenu et dans cette affaire, tout comme dans les autres, il n’y a pas de mir­a­cles.

  9. Mer­ci de votre réponse ! Juste quelques pré­ci­sions et après j’ar­rête de vous embêter avec ça. L’An­cien tes­ta­ment n’est évidem­ment pas rejeté par l’Eglise (con­traire­ment à ce qui se pas­sait dans les sectes mar­cionites). Seule­ment, on peut bien dire qu’il est dépassé pour les chré­tiens à trois niveaux : 1) les chré­tiens ne sont pas tenus par les règles qu’il édicte (c’est un des points de dogme les plus anciens du chris­tian­isme) 2) tout ce qu’il annonce est cen­sé avoir été accom­pli 3) la venue du Christ instau­re une nou­velle forme d’al­liance entre Dieu et les hommes
    Si les pères de l’Eglise citent volon­tiers l’An­cien tes­ta­ment, ce dernier est quand même entière­ment inter­prété à l’aune du nou­veau qui a une préséance cer­taine. D’ailleurs, dans les offices catholiques et ortho­dox­es, hormis les psaumes, les textes de l’An­cien tes­ta­ment sont peu lus. Et quand ils le sont c’est dans leur liai­son avec ce qu’en dit le nou­veau tes­ta­ment, avant les grandes fêtes (les annonces du messie, la pâque juive annon­ci­atrice de la pâques…). Depuis Vat­i­can II, ils sont un peu plus lus chez les catholiques, mais tou­jours dans cette optique.
    S’agis­sant du protes­tantisme, le rap­port au texte biblique est très var­ié du fait de l’ab­sence d’in­sti­tu­tion ecclésiale générale mais il me sem­ble que, mal­gré la remise en avant de l’An­cien tes­ta­ment, la plu­part des protes­tants n’ap­pliquent pas les règles de la torah. Je crois que Luther affir­ment très claire­ment l’idée que c’est la foi qui sauve, et non la loi.

    Sur les change­ments entre l’An­ci­enne et la nou­velle Alliance, je ne voudrais pas entr­er dans un débat théologique dont je pense qu’il se résume, au fond à la ques­tion du mal dans un monde sup­posé­ment créé par un Dieu bon.
    Juste un dernier point sur les règles con­cer­nant l’esclavage dans la torah, j’avais lu chez Alain Tes­tart que celles-ci allaient plus loin dans l’hu­man­i­sa­tion de l’esclavage que le code d’Ham­moura­bi. Je ne sais pas ce que vous en pensez.

    Encore mer­ci à vous !
    Bonne journée !

    1. « Juste un dernier point sur les règles con­cer­nant l’esclavage dans la torah, j’avais lu chez Alain Tes­tart que celles-ci allaient plus loin dans l’hu­man­i­sa­tion de l’esclavage que le code d’Ham­moura­bi. Je ne sais pas ce que vous en pensez. »
      Enfin une ques­tion facile ! Je n’en pense rien du tout, n’ayant aucune espèce de com­pé­tence sur le sujet !
      Bien à vous

  10. Avatar de Inconnu
    Jacques Simon

    Sur la ques­tion de la vio­lence des reli­gions ‚beau­coup de celles-ci ne l’ac­ceptent pas ‚l’in­con­vénient étant que ne cor­re­spon­dant pas à l’é­tat de leur société à un un moment don­né, elles sont soit mar­gin­al­isées, soit à leur tour réin­ter­prétées : je pense aux boud­dhisme (qua­si dis­paru de l’Inde son berceau, défor­mé ailleurs, au mou­ve­ments réfor­ma­teurs de Kabir(puis de ses suiveurs, qui ont inspiré Gand­hi) ou du Sikhisme(qui ont un rap­port à la vio­lence comme légitime défense ),tou­jours en Inde. Les religions,outre d’être inspirées par un état de la société,sont très dépen­dantes des mou­ve­ments qui la tra­versent : La résur­gence de l’hin­douïsme nation­al­iste n’est pas un mou­ve­ment de foi piétiste, l’Is­lam en Inde s’est propagé en réac­tion au sys­tème des castes au Moyen Age,comme d’autres reli­gions ou sectes,etc.
    Je pense qu’il ne faut pas croire que lut­ter con­tre les reli­gions aurait une quel­conque util­ité, elles ne seraient que l’éc­ume de nos sociétés, et en seraient le ther­momètre. La France est une des sociétés les plus laïques et are­ligieuses du monde, et cela n’empêche pas les opin­ions extrêmes, le com­plo­tisme, les sectes improb­a­bles, l’in­tolérance, etc. Cer­taines recherch­es ont ten­dance à attribuer à la foi une propen­sion à la sol­i­dar­ité, à la bien­veil­lance ( dans Cerveau et Psy­cho), avec le bémol que ces qual­ités sont plutôt ori­en­tées vers les core­li­gion­naires ou assim­ilés. On retrou­ve donc cet atti­rance du ” sem­blable”. Seule une édu­ca­tion assez poussée peut faire dis­paraître ou atténuer cette propen­sion.

    1. Le marx­iste que je suis répon­dra que pour chang­er la société, on ne saurait faire de la lutte con­tre la reli­gion un but en soi, ni même un préal­able. Pour autant, il faut affirmer haut et fort que pour ceux qui se pla­cent sur le ter­rain de la lutte con­tre l’op­pres­sion et l’ex­ploita­tion, le fatras mys­tique fait par­tie du prob­lème, et non de la solu­tion (tout comme font par­tie du prob­lème des dizaines d’autres croy­ances et idées qui divisent les exploités et con­tribuent à les empêch­er de pren­dre con­science de leurs intérêts).

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