Une recension de « Aux origines du genre » dans Le Monde libertaire

Parue dans le numéro de décem­bre 2022 (n°1845), sous la plume de Yan­nick :

De l’origine de la domination masculine

Les objec­tifs affir­més de cette étude col­lab­o­ra­tive, Aux orig­ines du genre, sont de fournir de solides repères facil­i­tant la clair­voy­ance par rap­port à des effets d’annonce et des con­clu­sions hâtives quant à l’approche cri­tique des débats en cours dans le monde de la recherche sur la place des femmes dans les sociétés prim­i­tives.

Cer­tains voudraient y voir la présence d’un matri­ar­cat ou de sociétés égal­i­taires en genre, dépas­sant la divi­sion sex­uée des tâch­es, afin d’alimenter leurs théories fémin­istes ou, à l’inverse, pro­mou­voir le tri­om­phe du mas­culin­isme car les éventuelles sociétés dirigées par des femmes auraient échoué.

Selon les auteurs, la recherche sci­en­tifique doit être menée de manière con­tra­dic­toire et objec­tive : con­stater les faits, émet­tre des hypothès­es, recon­naître ce que l’on ne sait pas et surtout ce que l’on ne peut pas con­clure. La sci­ence ne dis­pose par­fois pas d’indices suff­isants et doit l’admettre, au lieu d’établir de fumeuses théories. Beau­coup de ques­tions se posent et autant de répons­es sont à déter­min­er, néan­moins, il faut éviter les fautes méthodologiques pour vouloir à tout prix apporter des répons­es.

L’archéologie fémin­iste ou de genre ont atteint leurs lim­ites quant aux inter­pré­ta­tions tant il est dif­fi­cile de recon­stituer l’ensemble des rap­ports soci­aux.

« En somme, l’anthropologie sociale, tout comme d’ailleurs l’étude des textes his­toriques, doit nous amen­er, à par­tir des don­nées matérielles pro­duites par l’archéologie, à nous méfi­er des apparences trompeuses et à for­muler des répons­es nuancées et doc­u­men­tées qui pren­nent en compte la com­plex­ité des faits humains. »

L’ensemble des dis­crim­i­na­tions liées au sexe a dimin­ué sous l’impulsion du cap­i­tal­isme, l’exploitation des femmes, pro­mues théorique­ment « égales des hommes en droits » étant
néces­saire pour dégager tou­jours plus de prof­it. Mais la dis­pari­tion des gen­res sera-t-elle l’œuvre du cap­i­tal­isme ou d’un nou­veau sys­tème restant à instau­r­er ? Nous ne pou­vons le prédire mais l’avenir le dira et le com­bat éman­ci­pa­teur fémin­iste doit impéra­tive­ment con­tin­uer dans ce sens.

Cette courte mais néan­moins très didac­tique étude est limpi­de et pas­sion­nante : pour une fois, pas seule­ment des­tinée aux ini­tiés, mais com­préhen­si­ble par tous, com­plétée et illus­trée par d’excellents textes de chercheurs abor­dant cer­tains sujets de con­tro­verse évo­qués dans l’étude.

Yan­nick
Indi­vidu­el 87

2 commentaires

  1. wow.… quand même un bon com­men­taire venant de sphère anar­chiste. D’habi­tude, sur ce sujet, soit ils sont oppor­tunistes (sur la ques­tion femme) soit l’é­gal­ité règne dans la préhis­toire. Tout comme la ten­dance com­mu­niste ortho­doxe d’ailleurs. C’est peut-être parce qu’on remet en peu en ques­tion Engels ?

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