Prochain manuscrit, version alpha

C’est avec une cer­taine joie que j’ai mis la dernière main à mon prochain man­u­scrit, sur lequel je tra­vaille depuis un bon moment, et dont la paru­tion est pro­gram­mée pour l’automne prochain aux édi­tions La Décou­verte. Le texte est évidem­ment loin d’être défini­tif mais, sauf cat­a­stro­phe, le gros œuvre n’est plus cen­sé bouger, et il s’agira seule­ment à par­tir de là d’agrémenter la couleur du papi­er peint et de la déco­ra­tion !

Le livre traite donc de l’ensemble des con­flits col­lec­tifs dans les sociétés humaines, l’idée cen­trale étant que ceux-ci ne se lim­i­tent pas aux « guer­res ». Toute la pre­mière par­tie con­siste donc à pos­er les bases d’une clas­si­fi­ca­tion raison­née des formes de con­fronta­tions (dont la guerre), puis à l’explorer en illus­trant les dif­férents cas par des exem­ples eth­nologiques ou his­toriques. J’avais d’ailleurs déjà eu l’occasion d’ex­pos­er les grandes lignes de cette clas­si­fi­ca­tion dans mon inter­ven­tion au col­loque Le corps de mon enne­mi, au print­emps dernier, à Toulouse (voir l’en­reg­istrement vidéo).

Une sec­onde par­tie traite de trois ques­tions trans­ver­sales. La pre­mière con­cerne ce qu’on a cou­tume d’appeler la chas­se aux têtes, en avançant deux thès­es à pro­pos de cette pra­tique. La sec­onde, et la plus copieuse, con­siste à explor­er la vaste ques­tion des orig­ines et des mul­ti­ples con­tro­ver­s­es qu’elle a engen­drée. Enfin, le livre se clôt en revenant sur la manière dont l’État est par­venu, non sans dif­fi­cultés, à sup­primer à peu près toutes les autres formes d’affrontements col­lec­tifs que la guerre – rai­son pour laque­lle nous avons tant de mal à les iden­ti­fi­er lorsque nous les obser­vons dans les sociétés non éta­tiques.

J’espère avoir écrit un texte à la fois savant et acces­si­ble, dans la lignée de mes précé­dents ouvrages – celui-ci fait d’ailleurs sen­si­ble­ment la même taille que Le com­mu­nisme prim­i­tif… ou que Jus­tice et guerre en Aus­tralie aborigène. Prochaines étapes donc, un peau­fi­nage et des remaniements (que j’espère légers !) en fonc­tions des remar­ques de mes pre­miers relecteurs… dont mon édi­teur. Et dès que la ver­sion défini­tive sera validée, direc­tion la tra­duc­tion vers l’anglais !

6 commentaires

  1. Félic­i­ta­tions. Je viens tout juste de finir de visu­alis­er votre entre­tien pour Nota Bonus et vous finissiez juste­ment votre inter­ven­tion en annonçant qu’il vous fal­lait encore l’écrire ! Ce con­cept de Chas­se aux têtes m’in­téresse spé­ciale­ment car je souhait­erai savoir si les chas­seurs cueilleurs fai­saient des battues ou des mini-guer­res si on veut, pour obtenir spé­ci­fique­ment ces têtes ou bien si les­dites têtes n’é­taient pas plutôt comme des “ceris­es sur le gâteau” de la vic­toire con­tre un groupe enne­mi ?

    1. Vous met­tez le doigt sur un point essen­tiel : il faut faire la dis­tinc­tion entre les têtes que l’on coupe à titre de trophées (comme des trophées de chas­se), et celles qui sont les prin­ci­pales, sinon les seules, moti­va­tions de l’ex­pédi­tion. Et seule cette deux­ième con­fig­u­ra­tion mérite vrai­ment le nom de « chas­se aux têtes ». Au demeu­rant, elle n’est pas très fréquente chez les chas­seurs-cueilleurs ; sta­tis­tique­ment, c’est plutôt un truc de cul­ti­va­teurs (sans que per­son­ne ne com­prenne d’ailleurs bien pourquoi)…

    2. Mer­ci pour votre réponse. Je suis en train de vision­ner le dernier cour de l’ex­cel­lent Jean-Jacques Hublin au col­lège de France (16 dec. 2024 — Mise en ligne sur la chaîne YouTube du Col­lège le 20/​12) et il passe un cer­tain temps à décrire des exem­ples divers­es por­tant sur le traite­ment de têtes à divers­es épo­ques et ter­rains préhis­toriques mais sans se ris­quer à se lancer dans une expli­ca­tion générale.

    3. Moi je me risque 🙂
      Pour la con­férence de J.-J. Hublin, je l’ai vue et l’ai trou­vée glob­ale­ment très bien, même si j’au­rais quelques réserves mineures. De toute façon c’est un très vaste sujet, sur lequel j’e­spère que mon bouquin amèn­era un peu d’or­dre… Encore faut-il qu’il soit lu et qu’il soit jugé con­va­in­cant !

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