Farmers or Hunter-Gatherers ? The Dark Emu Debate (P. Sutton, K. Walshe)

La récente sor­tie du livre de Peter Sut­ton et Keryn Wal­she, Farm­ers Or Hunter-gath­er­ers ? The Dark Emu Debate (Agricul­teurs ou chas­seurs-cueilleurs ? Dark Emu en débat), mar­que prob­a­ble­ment un tour­nant majeur dans le débat engagé en Aus­tralie depuis la pub­li­ca­tion en 2014 du livre de Bruce Pas­coe, Dark Emu. Avec toute l’éru­di­tion et l’au­torité qui sont les leurs, ces deux col­lègues ont dressé un implaca­ble réquisi­toire con­tre les défor­ma­tions, les omis­sions ou les fal­si­fi­ca­tions pures et sim­ples qui fondaient la thèse d’A­borigènes pré­ten­du­ment cul­ti­va­teurs, voire éleveurs.

Je ne cache pas quelques diver­gences avec cer­tains aspects du livre, en par­ti­c­uli­er sur son rejet de toute notion s’ap­parentant à l’évo­lu­tion sociale ou à l’idée que l’a­gri­cul­ture aurait con­sti­tué un pro­grès ; mais ces dis­cus­sions se situent au niveau de ce qu’on pour­rait appel­er un peu pom­peuse­ment la philoso­phie de l’his­toire. Sur le plan stricte­ment factuel, le livre est une référence et un roc qui rap­pelle qu’un chat est un chat, et que le préal­able de toute dis­cus­sion – et de toute réelle volon­té éman­ci­patrice – est de ne pas trav­e­s­tir la réal­ité.

La réplique de Sut­ton et Wal­she n’est pub­liée que depuis quelques semaines, mais il sem­ble bien qu’elle ait d’ores et déjà con­nu un cer­tain reten­tisse­ment, plusieurs jour­nal­istes ayant été amenés, avec une hon­nêteté louable, à avaler leur cha­peau et à avouer publique­ment qu’ils s’é­taient, pour le dire en deux mots, faits avoir pour la bonne cause – ou pour ce qu’ils croy­aient en être une (par exem­ple, le très célèbre Ian War­den).

Mon nom appa­rais­sant de temps à autre dans le débat en rai­son du bil­let que j’avais écrit en jan­vi­er 2020 à ce pro­pos, il me sem­ble que c’est l’oc­ca­sion de repub­li­er celui-ci, cette fois en ver­sion anglaise. Si je m’é­tais alors adressé spé­ci­fique­ment au pub­lic aus­tralien, peut-être en aurais-je écrit cer­tains pas­sages un peu dif­fére­ment. Qu’im­porte : j’ai choisi d’en don­ner une tra­duc­tion qui reste fidèle au texte orig­i­nal.

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