« Classes sociales et communisme primitif », un entretien dans Cause commune

Je repro­duis ici l’en­tre­tien que m’a accordé Hoël Le Moal pour la revue Cause Com­mune, et pub­lié récem­ment sur son site web.

CC : L’idée de « com­mu­nisme prim­i­tif » sem­ble avoir exer­cé une grande fas­ci­na­tion sur Marx et Engels. Cette hypothèse du « com­mu­nisme prim­i­tif » recueille-t-elle aujourd’hui les suf­frages des eth­no­logues ?

Je ne crois pas que Marx ait jamais par­lé du « com­mu­nisme prim­i­tif » dans un texte pub­lic. En tout cas, Engels, dans le livre qu’il a con­sacré au sujet après la mort de son ami, par­le pour sa part de « l’économie com­mu­niste domes­tique ». Au-delà de ces détails ter­mi­nologiques, la ques­tion est de savoir si, comme ces deux théoriciens avaient été amenés à le penser, les pre­mières sociétés humaines ont effec­tive­ment été organ­isées d’une manière que l’on peut qual­i­fi­er de « com­mu­niste ».

Évidem­ment, tout dépend de la déf­i­ni­tion que l’on donne à ce mot. Si on le com­prend comme une col­lec­tivi­sa­tion inté­grale, où toute idée de pro­priété privée était absente, voire qui, dans les temps les plus anciens, s’étendait aux rela­tions sex­uelles, comme le défendait Lewis Mor­gan, alors il est clair que ce « com­mu­nisme prim­i­tif » n’a jamais existé nulle part. Si, en revanche, on adopte une déf­i­ni­tion plus raisonnable (et plus utile), il en va tout autrement. Aucun anthro­po­logue ne nierait que les sociétés de chas­seurs-cueilleurs mobiles, si divers­es soient-elles, sont toutes mar­quées par le libre accès de chaque indi­vidu à une por­tion du ter­ri­toire et à ses ressources, par des mécan­ismes puis­sants de répar­ti­tion des pro­duits et par le fait que pos­séder des biens ne peut jamais y servir à nouer, ou à dénouer, des rap­ports soci­aux. Comme le dis­ait Alain Tes­tart, ces sociétés ignorent la richesse – ce qui n’empêche nulle­ment les besoins humains d’y être sat­is­faits ! Et des cen­taines d’observations eth­nologiques attes­tent que, pour les indi­vidus qui y vivaient, accu­muler des biens matériels, ou même s’efforcer de pos­séder davan­tage que leur voisin, sem­blait une idée totale­ment incon­grue.

Ain­si, les iné­gal­ités socioé­conomiques ne sont pas une don­née de la nature humaine, mais un pro­duit (assez tardif) de l’évolution sociale.

CC : Est-il pos­si­ble de retrac­er rapi­de­ment les divers­es hypothès­es quant à l’émergence de ces iné­gal­ités socioé­conomiques antérieures à l’apparition des class­es ?

Cette ques­tion de l’émergence est absol­u­ment pas­sion­nante, et plus on la creuse, plus on décou­vre à quel point elle est com­plexe.

Pour com­mencer, peut-être faut-il rap­pel­er qu’il existe des iné­gal­ités qui ne sont pas d’ordre économique et qui, chronologique­ment, ont précédé les dif­férences de richesse. C’est en par­ti­c­uli­er le cas des iné­gal­ités de genre, dont tout laisse penser qu’elles étaient présentes dès le Paléolithique, c’est-à-dire l’époque de la chas­se-cueil­lette. Con­traire­ment à ce que Lewis Mor­gan puis Engels avaient pu croire sur la base de la doc­u­men­ta­tion de leur temps, la dom­i­na­tion mas­cu­line est man­i­feste­ment un phénomène très ancien dans les sociétés humaines, et qui n’a donc pas émergé dans le sil­lage de la for­ma­tion des class­es sociales. Sans m’étendre sur ce point, je ren­voie les lecteurs qui seraient intéressés pour en savoir plus à mon livre, Le com­mu­nisme prim­i­tif n’est plus ce qu’il était (Smol­ny, 2022), qui s’efforce de met­tre à jour les raison­nements marx­istes sur cette ques­tion en fonc­tion des con­nais­sances actuelles.

En ce qui con­cerne les iné­gal­ités socioé­conomiques, bien des ques­tions se posent. Pour com­mencer, celle des raisons qui les ont fait naître. Si l’on est un tant soit peu matéri­al­iste, on ne peut se sat­is­faire de répons­es qui en situent la cause dans quelque change­ment des men­tal­ités ou des croy­ances religieuses. Il est clair que les iné­gal­ités nais­santes se sont accom­pa­g­nées d’un boule­verse­ment de la morale égal­i­tariste qui pré­valait jusqu’alors ; mais il ne faut pas con­fon­dre la cause et la con­séquence ! Si l’on priv­ilégie donc des fac­teurs matériels, indépen­dants de la volon­té humaine, ceux-ci ont été tra­di­tion­nelle­ment situés dans le développe­ment de l’agriculture et de l’élevage – ce qu’un archéo­logue marx­iste du milieu du XXe siè­cle, Gor­don Childe, a appelé la « révo­lu­tion néolithique ». Cette idée procé­dait avant tout des obser­va­tions eth­nologiques : les chas­seurs-cueilleurs sont égal­i­taires, alors que les cul­ti­va­teurs ne le sont pas. Cette rela­tion est glob­ale­ment vraie, mais elle con­naît tout de même de sérieuses excep­tions dans les deux sens : il existe des chas­seurs-cueilleurs net­te­ment iné­gal­i­taires, et des cul­ti­va­teurs égal­i­taires. C’est pourquoi, il y a quelques décen­nies, l’anthropologue Alain Tes­tart a pro­posé de con­sid­ér­er que la vari­able-clé dans cette affaire n’était pas en soi l’agriculture, mais le stock­age. Même s’il faut prob­a­ble­ment affin­er cette propo­si­tion, elle cadre en tout cas net­te­ment mieux avec les faits observés.

Reste à savoir com­ment on explique le lien entre l’agriculture (ou le stock­age) et le développe­ment des iné­gal­ités. Clas­sique­ment, cette expli­ca­tion s’appuie sur la notion de sur­plus. En gros, l’agriculture a aug­men­té la pro­duc­tiv­ité du tra­vail ; c’est donc avec elle que, pour la pre­mière fois, les humains pou­vaient pro­duire davan­tage qu’ils ne con­som­maient pour sur­vivre et, le cas échéant, être exploités. Cette idée (dont on trou­ve les traces, bien avant le courant marx­iste, dans cer­tains écrits du XVI­I­Ie siè­cle) a le mérite d’être à la fois sim­ple et séduisante ; pour autant, elle ne me con­va­inc guère, pour toute une série de raisons. Sans les citer toutes, on peut au moins remar­quer que cette expli­ca­tion est incom­plète : en admet­tant même qu’elle soit juste, elle dit pourquoi il est devenu pos­si­ble d’exploiter le tra­vail humain, mais pas pourquoi cette pos­si­bil­ité s’est réal­isée.

CC : On asso­cie sou­vent la « classe » à une posi­tion au sein du proces­sus de pro­duc­tion. En gros, il y aurait dans une société don­née des indi­vidus pro­duc­tifs qui tra­vailleraient au béné­fice d’un groupe impro­duc­tif. Peut-on dater l’apparition d’une telle divi­sion sociale ?

On aimerait bien ! En réal­ité, c’est très dif­fi­cile, pour deux raisons prin­ci­pales.

La pre­mière, c’est que le proces­sus a évidem­ment été gradu­el : on n’est pas passé directe­ment de sociétés où tout le monde accom­plis­sait les tâch­es pro­duc­tives à une sit­u­a­tion où une minorité était entretenue par les autres. Et l’ethnologie est pleine de ces sit­u­a­tions inter­mé­di­aires, avec des per­son­nages qui sont claire­ment mieux dotés que les autres, qui exploitent à un degré ou à un autre femmes, esclaves ou dépen­dants, mais qui ne sont pas pour autant de purs pos­sé­dants, et qui con­tin­u­ent de chas­s­er, de tra­vailler la terre ou de s’occuper des ani­maux – tout en étant éventuelle­ment déchargés de cer­taines tâch­es con­sid­érées comme indignes d’eux. Le sec­ond prob­lème, c’est que tout cela ne laisse guère de traces archéologiques.

Ce que l’on peut dire, de manière très générale, c’est que pen­dant des dizaines (sinon des cen­taines) de mil­liers d’années, au Paléolithique, les sociétés humaines igno­raient la richesse et les iné­gal­ités socioé­conomiques ; que la divi­sion du tra­vail se lim­i­tait au sexe et à l’âge, et que l’exploitation y était virtuelle­ment absente. Puis tout cela a com­mencé à chang­er dans des com­mu­nautés moins mobiles, où la pro­duc­tion matérielle était plus impor­tante, et don­nant lieu en par­ti­c­uli­er à un stock­age ali­men­taire. Un lent mou­ve­ment s’est alors enclenché, qui a peu à peu mené à la for­ma­tion d’authentiques class­es. Tous ces moments sont très com­pliqués à dater, d’une part parce qu’il s’agit de proces­sus gradu­els, d’autre part parce que les indices archéologiques sont ambi­gus. Ain­si, on date générale­ment les pre­mières com­mu­nautés séden­taires d’environ –10 000, au Proche-Ori­ent. Mais ces com­mu­nautés étaient-elles déjà mar­quées par des iné­gal­ités de richesse, et à quel degré ? Et de telles iné­gal­ités n’étaient-elles pas déjà apparues bien avant, par exem­ple dans les plaines russ­es autour de –30 000, avec le site un peu énig­ma­tique de Sun­gir ? Les préhis­to­riens ne peu­vent que faire des hypothès­es, en essayant de soupeser leur vraisem­blance.

CC : L’émergence de la classe sem­ble liée à la con­fis­ca­tion de la terre. Quand s’est-elle pro­duite ? Dans quelle région du monde d’abord ? Sait-on pour quelles raisons ?

En bien des endroits, l’appropriation de la terre a effec­tive­ment con­sti­tué un levi­er décisif pour la for­ma­tion des class­es. Il faut rap­pel­er que dans les pre­mières sociétés de cul­ti­va­teurs, où l’on pra­tique l’abattis-brûlis et où il n’y a pas de champs per­ma­nents, la règle qua­si uni­verselle veut que la terre soit détenue col­lec­tive­ment et appro­priée par celui qui la défriche, aus­si longtemps qu’il la tra­vaille. Après quoi, elle retourne au pot com­mun. La pro­priété mod­erne de la terre con­stitue une rup­ture majeure, dans la mesure où elle per­met à un indi­vidu de pos­séder une terre même si elle n’est plus tra­vail­lée… et donc d’exiger que celui qui veut l’utiliser lui verse une rente. Le pro­prié­taire fonci­er vivant de ses rentes et le paysan sans terre sont donc les deux faces de la même pièce, incon­nue dans l’ancien type de pro­priété. Il n’est pas très dif­fi­cile d’imaginer que le pas­sage d’un sys­tème à l’autre se fait lorsqu’en rai­son de la crois­sance démo­graphique, les ter­res libres vien­nent à man­quer. Elles peu­vent alors être monop­o­lisées par une minorité, qui exploit­era les cul­ti­va­teurs dépourvus de ter­res.

Cepen­dant, il faut se méfi­er d’y voir la voie uni­verselle de la for­ma­tion des class­es. En Afrique sub­sa­hari­enne, par exem­ple, le bas­cule­ment entre les deux sys­tèmes de pro­priété n’avait pas eu lieu avant la con­quête colo­niale. Cela n’empêchait nulle­ment de nom­breux et puis­sants États d’y avoir existé depuis des siè­cles, dont la couche dirigeante tirait ses revenus de l’esclavage. En quelque sorte, on peut exploiter les tra­vailleurs par un moyen indi­rect, en pos­sé­dant les moyens de pro­duc­tion. Mais il est égale­ment pos­si­ble de les exploiter en pos­sé­dant des droits directs sur leur per­son­ne, qu’il s’agisse d’esclaves ou de tout autre forme de dépen­dants. Tout cela des­sine de mul­ti­ples voies vers la for­ma­tion (et même la déf­i­ni­tion) des class­es.

CC : Doit-on dis­tinguer l’apparition des « class­es » et celle des « sociétés de class­es » ?

C’est une excel­lente ques­tion, à laque­lle je n’ai pour le moment pas de réponse qui me sat­is­fasse. L’idée n’est pas absurde : cer­tains auteurs ont par exem­ple pro­posé de dis­tinguer les sociétés « à esclaves » des sociétés « esclavagistes », l’idée étant que le phénomène de l’esclavage peut exis­ter sans pour autant struc­tur­er la société et y jouer un rôle cen­tral. Dans cette idée, on pour­rait donc envis­ager que cer­taines sociétés aient con­nu des class­es (ou des embryons de class­es) sans être pour autant struc­turées autour de l’appropriation du tra­vail humain. Par ailleurs, la notion de « classe » est employée dans des sens très divers, et évidem­ment, selon la déf­i­ni­tion qu’on utilise, on peut en trou­ver presque partout, ou presque nulle part !

Quoi qu’il en soit, les class­es n’étant pas apparues spon­tané­ment, il faut bien trou­ver des mots et des caté­gories pour qual­i­fi­er les dif­férents stades de leur développe­ment, depuis les pre­miers exploiteurs occa­sion­nels et, si j’ose dire, au petit pied, jusqu’aux puis­sants vivant dans le luxe et sans accom­plir le moin­dre tra­vail de pro­duc­tion. La dif­fi­culté sup­plé­men­taire est que si les sociétés ont suivi une même grande direc­tion générale, elles ont emprun­té des chemins par­ti­c­uliers, et par­fois très dif­férents. Le statut des exploités et le ressort de leur exploita­tion ont con­sid­érable­ment var­ié d’un endroit à l’autre du globe – et tout cela est extrême­ment dif­fi­cile à appréhen­der via l’archéologie, qui ne dis­pose, au mieux, que de traces matérielles.

Quel était au juste le statut social de l’individu inhumé avec des richess­es con­sid­érables sous le tumu­lus Saint-Michel à Carnac ? Quel rap­port entrete­nait-il avec tous ceux qui ont con­tribué à con­stru­ire sa tombe mon­u­men­tale ? Plus près de nous, à l’âge du fer, qui était au juste la « Dame de Vix » et com­ment avait-elle accu­mulé les incroy­ables richess­es qui furent enter­rées avec elle ? Nous ne pou­vons avancer que des hypothès­es très frag­iles, et nous cachons sou­vent notre igno­rance sous des mots fourre-tout tels que « chefs » ou « princes ».

Mon avis est que, sur tout cela, nous n’en sommes en réal­ité qu’aux bal­bu­tiements de la recherche. Nous man­quons cru­elle­ment de caté­gories solides, fondées sur une analyse méthodique des don­nées ethno­graphiques, qui puisse nous fournir des repères fiables sur les dif­férentes voies par lesquelles les sociétés ont évolué jusqu’aux class­es et à l’État.

8 commentaires

  1. ras­surez-moi, quand l’in­ter­vieweur dit : “En gros, il y aurait dans une société don­née des indi­vidus pro­duc­tifs qui tra­vailleraient au béné­fice d’un groupe impro­duc­tif”, il veut bien par­ler des RSAstes dont le PCF en la per­son­ne de son (médiocre) tim­o­nier FR s’est dernière­ment décidé à chas­s­er ? Logique, après la mise sur pied d’une fédéra­tion PCF de la chas­se après tout…
    Ah bénis soient les temps paléolithiques où ils tri­maient tous et toutes ‑enfin, 4 heures par jour si on se sou­vient de de Shalins 🙂

    1. Je ne suis pas bien cer­tain de com­pren­dre le sens de votre pre­mier para­graphe. Pour ce qui est du sec­ond, méfiez-vous des chiffres de Sahlins, ils sont tout de même large­ment sous-estimés (les rares don­nées disponibles don­nent plutôt un tra­vail heb­do­madaire d’en­v­i­ron 40h).

  2. le pre­mier para­graphe était évidem­ment sar­cas­tique. Je n’ai, à la dif­férence du “cama­rade” Fabi­en Rous­sel, rien con­tre les RSAstes. Mer­ci pour la pré­ci­sion. On est tout de même sur une hypothèse bien inférieure au tra­vail actuel, tout type d’ac­tiv­ité con­fon­due avec un peu plus de 5 heures quo­ti­di­ennes…

    1. En fait, les rares chiffres disponibles sur les chas­seurs-cueilleurs tour­nent plutôt autour de 40 h par semaine. Certes, ce n’est pas l’u­sine, mais ce n’est pas non plus le Club Med (d’au­tant que les con­di­tions de tra­vail sont loin d’être tou­jours plaisantes).

  3. Bon­jour ! J’ai une ques­tion qui con­cerne l’ac­tiv­ité économique des chas­seurs-cueilleurs aus­traliens (je suis aus­si pre­neur d’in­for­ma­tions sur les autres chas­seurs cueilleurs non stockeurs et sans biens W). J’ai lu plusieurs fois qu’ils échangeaient des objets entre groupes, mais je n’ai pas com­pris à quelle échelle. Est-ce qu’un mem­bre d’un clan intéressé par un objet fab­riqué par quelqu’un du même clan devait néces­saire­ment l’échang­er con­tre un autre pour l’obtenir ? Jusqu’où s’é­tend la pro­priété privée des objets de la vie courante (hors nour­ri­t­ure) pour les chas­seurs cueilleurs non stockeurs ? En somme, quels sont les objets con­cernés par ces échanges, devaient ils être néces­saire­ment immé­di­ate­ment récipro­ques (un objet con­tre un autre ou bien des cadeaux espacés dans le temps par exem­ple) et surtout entre indi­vidus de quels groupes ? (les familles, les clans, les nations ou même au-delà ?)

    En espérant que ma ques­tion est suff­isam­ment claire 🙂

    1. Il y a une chose par­faite­ment claire, c’est que vous dites que vous avez une ques­tion, mais en fait il y en a au moins trois ou qua­tre dif­férentes. 😉
      Cha­cune mérit­erait un assez long développe­ment (et qui plus est, sur des dimen­sions sur lesquelles les don­nées sont très lacu­naires). Je ne vois pas com­ment vous répon­dre en quelques lignes ; je note le thème pour un bil­let… un de ces jours !

    2. J’ai triché sur le nom­bre de ques­tions pour la bonne cause ! Je n’avais pas envie de vous harcel­er avec 4 com­men­taires dif­férents 😅

      En tout cas, mer­ci beau­coup de pren­dre le temps de faire un bil­let sur ce sujet.

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