Travail, salaire, profit : les six épisodes en ligne

L’in­té­gral­ité des épisodes de la série Tra­vail, salaire, prof­it, à laque­lle j’ai eu le plaisir de con­tribuer, et dif­fusée récem­ment sur ARTE, a été mis en ligne sur Youtube.
À titre stricte­ment per­son­nel, je suis un peu per­plexe sur le choix con­sis­tant à don­ner la parole à des inter­venants aux points de vue pass­able­ment dif­férents, sans jamais le sig­naler explicite­ment au téléspec­ta­teur ; c’est à celui-ci de décrypter les points d’ac­cord et les oppo­si­tions, et je doute que cela soit facile. À l’ar­rivée, je crains que tout cela n’aboutisse à une une sorte de bouil­lon indif­féren­cié où quelques morceaux de marx­isme authen­tique flot­tent au milieu de (nom­breuses) con­sid­éra­tions réformistes, pour ne pas par­ler de quelques hosties, fussent-elles de gauche.
Et tant que j’y suis, de mon point de vue, l’épisode le plus réus­si est sans doute celui con­sacré au prof­it. S’il faut n’en regarder qu’un je dirais bien que c’est celui-là.
En revanche, je suis un peu cha­griné que rien n’ait été gardé de ce que j’avais racon­té à pro­pos du marché. Je rap­pelais en par­ti­c­uli­er une vieille idée déjà émise par Marx, mais qui est fon­da­men­tale pour qui veut com­pren­dre la dynamique des sociétés et pré­par­er l’avenir : c’est que l’é­conomie de marché, qui se présente comme celle du règne de la con­cur­rence et de la néga­tion de la plan­i­fi­ca­tion, ne cesse en réal­ité d’é­ten­dre, au cours de son développe­ment, la sphère de la plan­i­fi­ca­tion au détri­ment de celle de la con­cur­rence. Toute les activ­ités internes aux entre­pris­es sont par déf­i­ni­tion plan­i­fiées : à moins de vouloir couler son entre­prise, il est hors de ques­tion pour un PDG de laiss­er les dif­férents ate­liers ou ser­vices pro­duire à leur guise et se ven­dre leurs pro­duc­tions libre­ment les uns aux autres ! Ain­si, les mêmes cap­i­tal­istes qui chantent les louanges et les prouess­es du marché, dans la pra­tique, sont des plan­i­fi­ca­teurs métic­uleux – tout sim­ple­ment, parce que la plan­i­fi­ca­tion est plus effi­cace que la con­cur­rence. Au cours de sa marche his­torique, le cap­i­tal­isme a dimin­ué rad­i­cale­ment le nom­bre d’en­tre­pris­es indépen­dantes et aug­men­té leur taille et leur ray­on d’ac­tion dans des pro­por­tions inouïes. Ce faisant, il a pré­paré, à l’échelle mon­di­ale, l’avène­ment d’une économie qui sera plan­i­fiée de manière con­séquente – en fonc­tion, cette fois, non des intérêts de leurs seuls pro­prié­taires, mais de ceux des tra­vailleurs, c’est-à-dire de l’im­mense majorité de la pop­u­la­tion.
1. Le tra­vail

2. L’emploi

3. Le salaire

4. Le marché

5. Le cap­i­tal

6. Le prof­it

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