Préhistoire de la domination masculine : la retranscription d’une conférence-débat

Il y a quelques mois, j’avais eu le plaisir d’animer une con­férence-débat sur la préhis­toire de la dom­i­na­tion mas­cu­line, en duo avec l’a­mi Jean-Marc Pétil­lon, pour le GREP de Com­minges (Haute-Garonne). La soirée avait été filmée, et j’avais pro­posé la video sur ce blog. Or, les organ­isa­teurs, qui font les choses comme il faut, ont retran­scrit nos inter­ven­tions, comme ils le font pour cha­cune des con­férences qu’ils organ­isent. Le recueil est donc paru et, avec leur très aimable per­mis­sion, on peut libre­ment con­sul­ter en ligne le chapitre qui nous con­cerne. Mon pro­pre exposé n’ap­pren­dra sans doute pas grand chose à ceux qui suiv­ent ce blog depuis un cer­tain temps ; mais ils pour­ront jeter un œil gour­mand sur celui de Jean-Marc qui, je crois, n’avait jamais été écrit, ain­si qu’à nos échanges avec la salle.

25 commentaires

  1. Bon­jour M. Dar­mangeat,

    je suis votre blogue, vos vidéos et vos écrits avec intérêt depuis peu, et je les trou­ve très intéres­sants. Vous expliquez Marx d’une façon très syn­thé­tique et vul­gar­isée. Là où j’émet­trais un petit bémol, ce serait en ce qui con­cerne votre appré­ci­a­tion des dif­férences hommes-femmes.

    Vous sem­blez établir une nette fron­tière entre les dif­férences biologiques et les dif­férences sociales entre l’homme et la femme. Pour vous, il n’y aurait aucun lien de causal­ité évi­dent entre les deux. Or, selon moi, il me sem­ble que cette causal­ité va totale­ment de soi ; dès qu’il y a dif­férences biologiques, cela entraîne, jusqu’à un cer­tain point, des dif­férences sociales (qui peu­vent ensuite être exagérées ou non selon les con­di­tions envi­ron­nemen­tales, et la cul­ture dans le cas de l’hu­main). On observe par exem­ple ce phénomène chez les ani­maux sex­ués. Dès qu’il y a une dif­féren­ci­a­tion biologique, il s’en­suit une dif­féren­ci­a­tion des fonc­tions et des util­ités pour l’e­spèce, pour la “com­mu­nauté” (si on peut par­ler ain­si). En fait, “évo­lu­tive­ment” par­lant, les dif­férence biologiques innées sont elles-mêmes le fruit de dif­férences fonc­tion­nelles accu­mulées. Bref, c’est la poule et l’oeuf : les unes ne vont pas sans les autres, et vice-ver­sa.

    À moins de me tromper, je ne vous ai pas enten­du nulle part expli­quer pourquoi selon vous les dif­férences sociales entre les sex­es chez les humains ne seraient que pure­ment arbi­traires. Je serais curieux d’en con­naître la rai­son. A for­tiori, vous démon­trez vous-mêmes que les dif­férences sociales entre les hommes et les femmes sem­blent remon­ter à la nuit des temps, ce qui selon moi ali­mente la thèse même à laque­lle vous vous opposez.

    D’autre part, et c’est peut-être même le point le plus impor­tant, vous sem­blez adhér­er à l’idée que tout dif­férence sociale homme-femme serait néces­saire­ment injuste (à moins que je vous ai mal com­pris?). Mais je crois qu’il ne faut pas con­fon­dre “dom­i­na­tion” et “injus­tice”. Marx par­lait d’ex­ploita­tion comme d’une injus­tice, mais il ne me sou­vient pas l’avoir lu dénon­cer la dom­i­na­tion en tant que telle. D’au­tant plus que selon moi, les femmes domi­nent naturelle­ment les hommes dans cer­tains domaines et vice-ver­sa. Selon moi, il y a injus­tice envers les femmes quand les domaines où les femmes domi­nent naturelle­ment l’homme sont sociale­ment déval­orisés. Ce qui con­duit à remet­tre en ques­tion les mod­èles de société où cela devient pos­si­ble, et non à se focalis­er sur la dom­i­na­tion en tant que telle.

    La nature étant ce qu’elle est, je pense qu’elle a créée l’homme et la femme pour qu’ils se com­plè­tent mutuelle­ment, ce qui est un avan­tage évo­lu­tif. Ne serait-ce pas cela finale­ment, vouloir con­tr­er cette com­plé­men­tar­ité, qui met en péril la survie de notre espèce ? Homme et femme sont iné­gaux mais équiv­a­lents. Il faudrait donc s’at­tarder à ramen­er cette équiv­a­lence, et non à dénon­cer l’iné­gal­ité en tant que telle.

    Mer­ci pour votre réponse !

    1. Bon­jour

      Je ne suis pas bien sûr de vous com­pren­dre. Quand vous dites que « les femmes domi­nent naturelle­ment les hommes dans cer­tains domaines », à quoi pensez-vous ?

  2. Je pense aux domaines du “care”, de l’at­ten­tion aux autres, et en par­ti­c­uli­er aux per­son­nes vul­nérables (malades, hand­i­capés, per­son­nes âgées et jeunes enfants). Exem­ples de métiers : infir­mière, médecin, maîtresse au pri­maire et à la mater­nelle, thérapeute (physio, ergo, psy­cho, etc.), etc.

    Un reportage a mon­tré qu’en Scan­di­navie, là où on a le plus voulu égalis­er les chances entre femmes et hommes, cela a accru les dif­férences de métiers entre hommes et femmes. L’ex­pli­ca­tion est que plus on a le choix, plus les femmes ten­dent à aller vers leurs domaines de prédilec­tion naturels, et même chose pour les hommes.

    Voici finale­ment un extrait intéres­sant d’une étude qui tend à mon­tr­er que les femmes sont naturelle­ment meilleures que les hommes (donc dom­i­nantes) dans cer­tains domaines, et vice-ver­sa :

    “Research done at the Med­ical School of Uni­ver­si­ty of Penn­syl­va­nia found sub­stan­tial dif­fer­ences in brain con­nec­tiv­i­ty between males and females in 2013. The study exam­ined 949 indi­vid­u­als (521 females and 428 males) of ages between 8 and 22. Over­all, male brains showed bet­ter con­nec­tiv­i­ty from back to front and with­in hemi­spheres, while female brains showed more con­nec­tiv­i­ty between left and right hemi­spheres of the cere­brum. In con­trast to con­nec­tiv­i­ty to the cere­brum, in the cere­bel­lum, the part of the brain that plays a major role in motor task, males showed high­er inter-hemi­spher­ic con­nec­tiv­i­ty while females showed high­er intra-hemi­spher­ic con­nec­tiv­i­ty. The dif­fer­ences were more pro­nounced in peo­ple aged 14 or older.[98][99]

    The researchers stat­ed that these find­ings poten­tial­ly pro­vide neur­al basis for observ­able sex dif­fer­ences in psy­chol­o­gy. The research was con­sis­tent with pre­vi­ous stud­ies that found that females per­formed bet­ter than males on tasks of atten­tion, face and word mem­o­ry, and social cog­ni­tion tests, while males per­formed bet­ter on spa­tial pro­cess­ing and sen­so­ri­mo­tor skill tasks. On aver­age, men out­per­formed women at learn­ing and accom­plish­ing sin­gle tasks, like cycling and nav­i­gat­ing direc­tions, while females had bet­ter mem­o­ry and social cog­ni­tion skills mak­ing them more adjust­ed to mul­ti­task­ing and com­ing up with con­sen­sus solu­tions. It has been sug­gest­ed that the increased dif­fer­en­ti­a­tion of brain con­nec­tiv­i­ty in ado­les­cence is in cor­re­la­tion with hor­mon­al changes in puberty.[98][99]

    A 2014 study by the same research group using rsfc-MRI (rest­ing-state func­tion­al con­nec­tiv­i­ty MRI) found sim­i­lar results to the pre­vi­ous one, with males on aver­age out­per­form­ing females on motor and spa­tial cog­ni­tive tests, and females on aver­age out­per­form­ing males on emo­tion­al recog­ni­tion and non­ver­bal rea­son­ing tasks.” (extrait de Wikipé­dia).

    De bons indices je crois qui nous mon­trent que ce n’est pas tant l’iné­gal­ité des chances et des moyens hommes-femmes le prob­lème, mais bien l’ ”inéquiv­a­lence sociale” entre les métiers préférés des femmes et les métiers préférés des hommes.

    1. Mon sen­ti­ment est qu’il est très dif­fi­cile d’établir sci­en­tifique­ment une éventuelle dis­po­si­tion « naturelle » des uns et des autres pour telle ou telle tâche, car nous vivons dans un monde baigné de cul­ture (nous sommes humains !) et per­son­ne, sem­ble-t-il, n’a encore trou­vé le moyen d’élim­in­er le fac­teur cul­turel pour voir s’il en reste quelque chose d’in­né dans la câb­lerie cérébrale. Tou­jours est-il que le prob­lème que vous soulevez avait, je crois, été dis­cuté par exem­ple dans ce bil­let (suivi d’un échange avec le col­lègue qu’il inter­pel­lait) : https://cdarmangeat.blogspot.com/2014/11/le-sexe-du-cerveau-et-celui-des-roles.html

  3. Mer­ci du lien !

    Après lec­ture, je dois dire que je suis pra­tique­ment d’ac­cord en tous points avec Franck Ramus. Notez que Marx par­le lui-même du con­cept d’é­gal­ité lorsqu’il traite de l’échange dans les pre­miers chapitres du Livre I du Cap­i­tal, et il mon­tre, assez sim­ple­ment, qu’é­gal­ité et iden­tité sont en réal­ité des syn­onymes. En effet, pour que nous puis­sions dire que 3 + 1 = 2 + 2, il nous faut un troisième terme (4) qui puisse les assem­bler sous une même forme, une iden­tité. Dans leur forme, 3 + 1 et 2 + 2 sont iné­gaux, dif­férents, mais se trou­vent, sous une autre forme, 4, à être la même chose.

    Trans­posons-nous main­tenant à l’échelle sociale. Pour que nous puis­sions affirmer femmes = hommes, il faut donc que nous les rassem­blions sous un même terme qui les ren­dent iden­tiques. Franck Ramus par­le de “droits”. On peut dire femmes = hommes parce qu’un même terme, les droits, les unit. Ce qui serait faux selon lui (et selon les sci­ences du cerveau et la biolo­gie) si on pro­po­sait comme terme unifi­ant “les faits”, ou “le cerveau”, ou “les moyens”, ou “les capac­ités”, etc., au même titre qu’il serait erroné de ten­ter d’é­galis­er 2 + 2 et 3 + 1 au moyen du troisième terme “5”.

    Il est bien évi­dent que l’hu­main est un être de cul­ture, mais pas que ! Comme dis­ait un biol­o­giste bri­tan­nique : “La cul­ture est impor­tante, mais n’ou­bliez pas la biolo­gie!”. En fait, je pense que tout est une ques­tion de prob­a­bil­ités. Il n’y a jamais de causal­ités mécaniques directes dans la nature, rien que des caus­es prob­a­bles. Cer­taines sont très fort prob­a­bles, d’autres très peu, mais dis­ons que si les mâles sont physique­ment plus forts que les femelles, les chances sont plus fortes pour que ce soient eux qui accom­plis­sent des tâch­es qui deman­dent de la force physique. Et si les femmes sont plus douées pour le “care”, les chances sont plus grandes pour que dans la majorité des sociétés, ce soient elles qui s’oc­cu­pent de ces tâch­es. Il s’ag­it sim­ple­ment d’une ques­tion d’ef­fi­cac­ité, de min­imi­sa­tion de l’en­tropie dans le sys­tème. Y voir-là une injus­tice, je trou­ve cela aus­si absurde que de voir une injus­tice dans le fait que la terre tourne autour du soleil. La cul­ture peut mod­uler les prob­a­bil­ités géné­tiques, les min­imiser ou les exac­er­ber selon le lieu et l’époque, mais je ne pense pas qu’elle puisse en faire table rase.

    Je crois que la pen­sée selon laque­lle les affaires humaines ne sont que ques­tions de cul­ture mènent à de graves dan­gers et à de grandes vio­lences. Para­doxale­ment, c’est exacte­ment le sous-base­ment théorique der­rière le tran­shu­man­isme, qui pré­tend que nous pou­vons chang­er notre nature par notre sci­ence, par notre cul­ture, et qu’il est même bon et souhaitable de le faire… À une autre époque, c’é­tait aus­si la pen­sée de gens comme Staline, Mao ou Pol-Pot dans leurs pires errances…

    Le fémin­isme com­met l’er­reur de con­fon­dre les types d’é­gal­ité hommes-femmes (le troisième terme), et la dis­cus­sion évite le point fon­da­men­tal selon moi, celui que j’ai souligné : pourquoi ne pas plutôt nous intéress­er à l’iné­gal­ité de valeurs entre les hommes et les femmes, qui, elle, me sem­ble être la réelle injus­tice ?

    1. Ne m’en veuillez pas, mais juste pour savoir si je vous com­prends bien : con­sid­érez-vous que le partage de la charge des tâch­es ménagères doit devenir une norme, ou au con­traire qu’il vio­l­erait le don­né biologique, dans une démarche poten­tielle­ment sus­cep­ti­ble de s’achev­er dans le total­i­tarisme ?

  4. Je pense que dans une société juste, le partage des tâch­es doit suiv­re le principe : “À cha­cun selon ses besoins, de cha­cun selon ses moyens”. Donc, pour répon­dre à votre ques­tion, qui n’est pas théorique mais porte sur une tâche par­ti­c­ulière, je dirais ceci : si les femmes et les hommes sont tous les deux portés naturelle­ment aux tâch­es ménagères, eh bien la jus­tice com­mande de répar­tir ces tâch­es égale­ment entre hommes et femmes ; si ce n’est pas le cas, la jus­tice com­mande de répar­tir les tâch­es dif­férents selon les moyens dif­férents. Le con­traire con­stituerait une injus­tice. La jus­tice est géométrique et suit les justes pro­por­tions. L’égalitarisme absolu n’est pas du total­i­tarisme, mais par­ticipe de cer­taines pen­sées total­i­taires, oui. Parce qu’il ne faut con­fon­dre l’iné­gal­ité des résul­tats, l’iné­gal­ité des chances/​moyens, l’iné­gal­ité des droits et l’iné­gal­ité des valeurs. Tous ces con­cepts sont à dis­tinguer et pré­cis­er. Le pro­pre de la civil­i­sa­tion est d’avoir créé une iné­gal­ité de valeur sociale entre les tâch­es. Il me sem­ble qu’un marx­iste com­prend cela et com­bat cela pré­cisé­ment, et non pas l’iné­gal­ité des résul­tats, qui n’est qu’un épiphénomène. C’est ce qui fait toute la dif­férence entre un social­iste authen­tique et un gauchiste, entre un révo­lu­tion­naire rad­i­cal et un réformiste.

    1. Et si per­son­ne ne se sent « naturelle­ment » porté à net­toy­er les chiottes, on fait com­ment ?
      Ques­tion sub­sidi­aire : pensez-vous que l’actuelle propen­sion « naturelle » des chiottes à être net­toyées par les femmes soit vrai­ment « naturelle » ?

    2. Si je com­prends bien, vous avez décidé de faire dans la rhé­torique mal­hon­nête plutôt que dans la dis­cus­sion sérieuse… Dom­mage, je vous avais en plus haute estime… Faut croire que c’est le trot­skysme qui déteint…

    3. Finale­ment, vous êtes plus gauchiste que social­iste authen­tique ! Et qu’en est-il de votre pro­jet de vous atta­quer à Childe et de démon­tr­er que la guerre a tou­jours existé ? Des muni­tions de plus pour les adver­saires de la révo­lu­tion. Pareil à votre pro­jet de démon­tr­er que le sex­isme a tou­jours existé… Ça con­tred­it tout ce que Marx et les marx­istes ont dit. Mais je com­mence à com­pren­dre où cela vous mène : vers une sorte de social­isme sub­jec­tif, ou la société n’est que le fruit de notre volon­té?…

    4. Voilà, vous avez mis le doigt dessus : tout ça, c’est le trot­skysme. Et c’est sans doute cette même tare fon­da­men­tale qui me fait rechercher la vérité et hauss­er les épaules quand on m’ex­plique que ce faisant, je four­nis des muni­tions aux réac­tion­naires.

  5. Je ne suis pas du tout cer­tain que vous recher­chiez la vérité. Vous avez répon­du avec sar­casme et moquerie à un échange qui aurait très bien pu être sci­en­tifique et philosophique. Ça ne fait pas très sérieux et c’est dom­mage.

    J’ai hâte de lire votre livre sur la “guerre” aborigène en Aus­tralie, car selon moi, ce que vous appelez “guerre” (pour défendre votre thèse du social­isme sub­jec­tif, sans doute, car je ne vois pas d’autres raisons…) n’est autre que des escar­mouch­es entre tribus. Il y a une dif­férence qual­i­ta­tive entre “guerre” et “escar­mouch­es”. La maîtrise des con­cepts, c’est pri­mor­dial pour faire de la sci­ence sérieuse. Quand on appelle “guerre” ce qui est plutôt “escar­mouche”, quand on appelle “patri­ar­cat” ce qui est plutôt “divi­sion sex­uelle du tra­vail”, on tord la réal­ité pour la faire entr­er dans notre moule idéologique. Prochaine étape, vous allez nous dire qu’il y avait une divi­sion de class­es chez les chas­seurs-cueilleurs, et qu’au final, le com­mu­nisme n’a jamais existé, et qu’il ne pour­ra exis­ter que si nous le voulons vrai­ment?…

    Mais bon, j’ai bien hâte de voir vos don­nées, et si vous serez capa­ble d’in­fléchir 150 ans d’an­thro­polo­gie marx­iste à vous tout seul.

  6. Intéres­sant. Donc, vous vous basez sur quelques morts (à vue d’œil, une moyenne de 10–20 morts?. cor­rigez-moi si je me trompe, je n’ai pas retran­scrit les chiffres dans un tableur Excel…) sur une pop­u­la­tion de plusieurs cen­taines de mil­liers de per­son­nes (la pop­u­la­tion aborigène était d’en­v­i­ron 300 000 à 1 000 000 à l’ar­rivée des pre­miers colons européens) pour par­ler de guerre plutôt que d’escar­mouch­es ? N’est-ce pas claire­ment un abus de lan­gage ?

    Ceci me ramène à mon point de départ auquel vous n’avez pas répon­du (par manque d’in­térêt?): quelle est votre con­cep­tion de la justice/​injustice, de la guerre, du patri­ar­cat, tous ces con­cepts-clés de vos thès­es qui deman­dent pour­tant à être défi­nis rigoureuse­ment avant d’analyser quoi que ce soit comme chiffres ou arte­facts ? Je ne vous ai pas lu ni enten­du définir vos ter­mes avant d’aller plus loin dans vos analy­ses…

    Je le redis : la maîtrise du con­cept est vitale en sci­ences. Car sinon on peut tor­dre la réal­ité et lui faire dire tout et n’im­porte quoi. Je peux voir un homme bat­tre sa femme et par­ler de “patri­ar­cat” plutôt que vio­lence con­ju­gale ; je peux voir un meurtre et par­ler de “guerre” plutôt que d’as­sas­si­nat… Vos chiffres nous mon­trent des con­flits, et les pertes qu’ils ont causées dans une pop­u­la­tion. Après, de là à affirmer qu’il s’ag­it de “guerre”, il y a un pas. À par­tir de com­bi­en de morts (en absolu, ou en pro­por­tion?) peut-on par­ler de “guerre”? Et si la guerre n’é­tait pas plutôt définie par l’in­ten­tion plutôt que par le résul­tat lui-même?, c’est-à-dire l’in­ten­tion de détru­ire un autre peu­ple, État, régime poli­tique, cul­ture, race, etc.? Quelle était l’in­ten­tion des con­flits que vous avez recen­sés ? Vous fran­chissez égale­ment le pas con­ceptuel plutôt gra­tu­ite­ment lorsque vous par­lez d’ex­ploita­tion de la femme par l’homme et de patri­ar­cat injuste quand vous voyez que ce sont les hommes qui por­tent les armes et peignent des femmes… Que savez-vous du mode de prise de déci­sions des sociétés archaïques ?

    Il y a un point d’er­reur poten­tielle, courant en eth­nolo­gie : généralis­er à une pop­u­la­tion anci­enne des obser­va­tions effec­tuées dans les temps mod­ernes. Je vois que vos don­nées vont du XVI­I­Ie siè­cle à 1950. Est-ce bien pru­dent d’é­ten­dre les analy­ses aux pop­u­la­tions aborigènes avant l’ar­rivée des colons, sans plus de preuves ? Bien sûr, je ne con­nais pas vos autres don­nées, d’où la rai­son pour laque­lle j’ai très hâte de lire votre livre. Mais à vous voir aller depuis un bout de temps, j’ai l’im­pres­sion que là où se trou­verait une cer­taine faib­lesse de vos thès­es est dans la déf­i­ni­tion de vos con­cepts. D’ailleurs, “net­toy­er les chiottes” est une tâche tout à fait noble et néces­saire. Je le fais à toutes les deux semaines chez moi, ain­si, je con­tribue à garder ma mai­son pro­pre. Qu’y a‑t-il de mal à ça ? Et est-ce que les femmes sont plus portées à net­toy­er les chiottes que les hommes est une ques­tion ris­i­ble et très peu sérieuse. Parce que tous les biol­o­gistes qui ont un avis sur la ques­tion le dis­ent : s’il y a des propen­sions sex­uelles à la divi­sion du tra­vail, elles por­tent sur des ensem­ble de tâch­es, et non des tâch­es par­ti­c­ulière. Je prendrai votre com­men­taire comme une forme d’évite­ment de la ques­tion…

    1. Bon, pêle-mêle, parce que ce réquisi­toire vise si large qu’à l’im­pos­si­ble, nul n’est tenu.

      1. Dix ou vingt morts sur une pop­u­la­tion de 750 000 seraient bien faibles pour par­ler de guerre. Il vous a peut-être échap­pé que les 750 000 indi­vidus ne for­maient pas une société unique : ils étaient divisés en 500 tribus, elles-mêmes con­glomérats de groupes locaux (qui, seuls, agis­saient de manière à peu près com­mune). Donc, si l’on doit faire un ratio, rap­porter les 20 morts au 750 000 habi­tants n’a pas plus de sens que les rap­porter à la pop­u­la­tion mon­di­ale. C’est aux quelques dizaines de per­son­nes que comp­taient ces groupes et que ces con­flits impli­quaient qu’il faut les com­par­er. Et là, on tombe dans des niveaux de mor­tal­ité tout à fait impres­sion­nants.

      2. Si vous pensez que je n’ac­corde pas assez d’im­por­tance aux déf­i­ni­tions et, par exem­ple, à la dif­férence entre une guerre et un assas­si­nat, je serais ravi d’avoir votre opin­ion sur la dernière clas­si­fi­ca­tion que j’ai pro­posée (qui fait d’ailleurs suite à une longue série de bil­lets où je tâton­nais dans le noir avec quelques amis, sans que jamais vous ne m’ap­por­tiez, hélas, vos lumières) : http://cdarmangeat.blogspot.com/2019/06/y‑pas-lfeud.html

      3. Si vous pensez pou­voir définir la guerre par le nom­bre de mort ou par ses buts, vous allez vite vous heurter à des con­tra­dic­tions insol­ubles.

      4. En eth­nolo­gie, on raisonne sur une pho­togra­phie, un “présent eth­nologique”. Quand les Blancs sont arrivés en Aus­tralie, ils ont vu des choses, et les Aborigènes eux-mêmes leur en ont racon­té. Soit ces choses n’ex­is­taient pas, soit elles étaient réelles. Et si elles étaient réelles, soit elles étaient apparues avec l’ar­rivée des Blancs, soit elles lui préex­is­taient. Aucune de ces éven­tu­al­ités ne peut être admise, ou refusée, a pri­ori : il faut exam­in­er les faits, et ten­ter de soupeser ce qui est le plus vraisem­blable. Libre à vous de penser que je ne l’ai pas fait, ou que je l’ai fait de tra­vers. Mais j’ai écrit et pub­lié sur cette ques­tion, et ce serait quand même plus cor­rect de votre part de dis­cuter des argu­ments que j’a­vance plutôt que sur des procès d’in­ten­tion.

      5. Sur les rap­ports entre les sex­es et le net­toy­age des toi­lettes, je ne vais pas repren­dre toute la dis­cus­sion. Il y a man­i­feste­ment un prob­lème de com­préhen­sion ou de mau­vaise foi.

    2. Mer­ci pour votre réponse. Avant de répon­dre plus avant, pour ce qui est de la mau­vaise foi, relisez la con­ver­sa­tion et dites-moi que vous étiez sérieux et que vous n’avez pas tout sim­ple­ment évité la ques­tion, évité de me répon­dre sérieuse­ment quand vous m’avez par­lé des tâch­es ménagères alors que je vous par­lais de tâch­es exigeant de la force et d’autres rel­e­vant du « care », pour ensuite faire encore dévi­er la dis­cus­sion en me par­lant du lavage des chiottes alors que je répondais à votre com­men­taire déjà imper­ti­nent sur les tâch­es ménagères. J’aurais sim­ple­ment dû vous répon­dre : « Ques­tion imper­ti­nente. Ai-je par­lé des tâch­es ménagères ? » Tout cela est enfan­tin et ridicule et ça ne vous hon­ore pas. Au con­traire. Ça ne fait que con­firmer une chose : les gauchistes sont inca­pables de débat­tre sérieuse­ment. C’est triste. Faut tou­jours tomber gra­tu­ite­ment dans les sophismes… Comme je l’ai écrit précédem­ment, et vous le savez si vous con­nais­sez un tant soi peu le dossier (mais le con­nais­sez-vous réelle­ment ? J’en viens à en douter), en biolo­gie, ils ne par­lent jamais de prédis­po­si­tions pré­cis­es, mais bien très générales et mul­ti­fac­to­rielles. Aucun médecin ne dira à une femme : « vous avez le gène du net­toy­age des chiottes ». Vous devriez le savoir ! Rien ne vous autori­sait à vouloir me cern­er sur la ques­tion des tâch­es ménagères alors que je par­lais en ter­mes de tâch­es très très générales.

      Ensuite, je dois vous dire qu’il m’est dif­fi­cile de par­ticiper à une dis­cus­sion entre vous et un de vos amis ! Curieux donc que vous me le reprochiez… Les meilleures dis­cus­sions se font en per­son­ne, mais hélas je suis au Québec et vous êtes en France… D’autant plus que notre échange date de jan­vi­er et que votre bil­let au sujet des déf­i­ni­tions date de juin. Je suis votre blogue mais pas comme si je n’avais pas une vie à men­er, non plus.

      Je trou­ve intéres­sante votre ten­ta­tive de classe­ment des con­flits en fonc­tion du niveau de vio­lence, de la symétrie des pertes et du mode de sélec­tion des vic­times. Mal­heureuse­ment, cette clas­si­fi­ca­tion me paraît ultime­ment illogique et donc vaine. L’il­lus­tra­tion en est le pas­sage suiv­ant :

      “(…) le feud et la guerre ne peu­vent être défi­nis (et dif­féren­ciés) ni par leurs buts (il existe des guer­res de vengeance), ni par la nature des groupes qui les mènent. (…) il y a feud lorsque les opéra­tions mil­i­taires cherchent à équili­br­er le nom­bre de morts : on ne tue que le nom­bre de gens suff­isant pour égalis­er les comptes de vic­times. La guerre, en revanche, se car­ac­térise par une absence de lim­ites : on tue autant qu’on le peut.”

  7. Rien ne vous fait tiquer ici ? Moi si. “Chercher à”. Cela est plutôt syn­onyme d’un but visé, juste­ment !

    Les groupes humains ont des buts, et si je décide de punir quelqu’un en le défi­ant en duel, les con­séquences ne seront pas du tout les mêmes que si je décide de m’at­ta­quer à n’im­porte qui, de manière indif­féren­ciée. De buts dif­férents découleront des con­flits dif­férents, avec un cer­tain niveau de vio­lence, une cer­taine sélec­tion des vic­times et une cer­taine symétrie des pertes. Tout part du but visé. Vous ne pou­vez donc pas crier vic­toire comme vous le faites en affir­mant que vos trois vari­ables sont indépen­dantes de la ques­tion du but. Ce sont les vari­ables dépen­dantes du but visé par le con­flit en jeu.

    Autre prob­lème dans votre mod­èle : il y a plusieurs cas­es vides dans le dia­gramme de clas­si­fi­ca­tions des con­flits. Il n’y a pas de con­flit indi­vidu­el imper­son­nel mod­éré asymétrique, par exem­ple. C’est ce qui arrive sou­vent quand on classe des phénomènes selon non pas leurs caus­es mais selon leurs effets. Il faudrait don­ner des exem­ples et pou­voir imag­in­er de manière réal­iste des con­flits de tous les types, sinon à quoi bon créer un tableau avec autant de cas­es?… C’est sou­vent indi­ca­teur qu’il y a trop de vari­ables ou que ce ne sont pas les bonnes.

    Vous men­tion­nez dans votre arti­cle “Une clas­si­fi­ca­tion des formes de vio­lence en Aus­tralie” que “la guerre aus­trali­enne, quelle que soit sa forme, est donc tou­jours une manière d’exé­cuter la jus­tice”. Eh bien, selon moi, c’est exacte­ment pour cela que c’est net­te­ment abuser que d’ap­pel­er cela “guerre”. Aucune guerre ne s’est faite pour obtenir jus­tice, mais bien pour pren­dre un bien quel­conque, indépen­dam­ment de la ques­tion du droit. Ce qui car­ac­térise la guerre, c’est bien son but, exacte­ment, et c’est pour cela que la guerre n’a pas tou­jours existé. La guerre est un con­flit visant à la con­quête d’un bien, qu’il soit un pou­voir poli­tique (guerre civile ou guerre révo­lu­tion­naire), un ter­ri­toire (guerre de con­quête), une économie (guerre com­mer­ciale) ou une sym­pa­thie pop­u­laire (guerre idéologique). Elle se car­ac­térise par des armes dédiées à cette activ­ité par­ti­c­ulière comme l’épée, le navire de guerre, la cat­a­pulte, les mis­siles, etc., des objets créés par la divi­sion du tra­vail spé­ci­fique­ment pour atta­quer d’autres humains plutôt que pour chas­s­er des bêtes ou réalis­er d’autres travaux. La lance, le boomerang, etc. sont des armes avant tout de chas­se. Pas l’épée. Il y a là une dif­férence qual­i­ta­tive tout à fait remar­quable, faut-il le rap­pel­er ?

    Dernier prob­lème en vue : le taux de mor­tal­ité comme critère oblig­a­toire de la guerre. Il y a eu des guer­res sans morts dans l’His­toire (ex.: Hon­ey War aux USA), ou des guer­res avec très peu de morts (Guerre froide). Ni le taux de mor­tal­ité ni le nom­bre de morts ne fonc­tion­nent donc comme l’un des critères de la guerre, car admet­tons que j’aille assas­sin­er la famille qui vit dans la mai­son à côté de chez moi. Le taux de mor­tal­ité dans leur mai­son sera 100%, tan­dis que le taux de mor­tal­ité de la Sec­onde Guerre Mon­di­ale n’est que de 4% tout au plus, or c’est la guerre la plus meur­trière de l’His­toire. Oserait-on appel­er l’as­sas­si­nat de mes voisins une “guerre” parce que c’est une vio­lence col­lec­tive non-mod­érée et asymétrique, et la Sec­onde Guerre Mon­di­ale une non-guerre parce que le taux n’est que de 4%? Bien sûr que non. Bien sûr, on pour­rait définir le taux de mod­éra­tion de la vio­lence autrement que par le taux de mor­tal­ité, par exem­ple par le nom­bre absolu de morts, mais il faudrait alors trou­ver un nom­bre qui per­me­tte de dis­tinguer les con­flits mod­érés des con­flits non-mod­érés… Ce qui serait plutôt arbi­traire, j’ose espér­er que vous en con­vien­drez.

  8. La seule façon de régler le prob­lème est de sim­pli­fi­er tout cela et d’ap­préhen­der les con­flits par leurs buts, en con­sid­érant, juste­ment, les faits (qui nous sont chers), et donc les objets retrou­vés par les archéo­logues. Aucun archéo­logue n’a trou­vé d’arme dédiée à des con­flits visant la con­quête de biens avant 10 000 ans av J‑C. C’est un fait. Ce n’est qu’après cela qu’on voit se mul­ti­pli­er les charniers, les armes des­tinées à tuer des humains, etc. En sci­ence, on par­le main­tenant presque tou­jours en ter­mes prob­a­bilistes et non plus en ter­mes abso­lus. Nous sommes à l’ère de la théorie quan­tique, et non plus de la mécanique New­ton­ni­enne qui cher­chait des caus­es oblig­ées et néces­saires. Les caus­es qu’on trou­ve sont fac­ul­ta­tives mais très prob­a­bles. Peut-être y a‑t-il eu des guer­res telles que je les définit avant ‑10 000. Mais elles sont extrême­ment rares et il y a défini­tive­ment un saut qual­i­tatif aux alen­tours du néolithique. Il en va de même pour le patri­ar­cat, etc., toutes choses que vous remet­tez en ques­tion. Pour moi, le mod­èle marx­iste tient encore tout à fait la route. Suf­fit de refor­muler les choses de manière un peu moins absolue que les for­mu­laient Marx, Engels ou Plekhanov, etc., en dis­ant que le néolithique n’est pas la cause oblig­ée et néces­saire des États, du patri­ar­cat, de la guerre, etc., mais dis­ons une cause fort prob­a­ble, qui engen­dre tous ces phénomènes avec un fort taux de prob­a­bil­ité. Toutes les femmes ne sont pas faites pour des tâch­es de femmes, mais il y a plus de chances qu’on soit faite pour une tâche de femme quand on naît femme, et qu’une tâche qui demande plus de force physique échoit aux hommes plutôt qu’aux femmes. Ques­tion de prob­a­bil­ités.

    Ain­si, jusqu’à main­tenant, désolé de vous décevoir, mais je trou­ve que vos déf­i­ni­tions de “guerre” et de “patri­ar­cat” ne sont pas suff­isam­ment con­va­in­cantes pour per­me­tte d’in­valid­er les thès­es de l’an­thro­polo­gie marx­iste, à savoir qu’a­vant la révo­lu­tion néolithique, toute société ne con­naît, dans une large mesure (donc, en prob­a­bil­ités, et c’est l’im­por­tant) ni les class­es sociales, ni l’É­tat, ni l’ar­gent, ni la guerre, ni le patri­ar­cat, et que c’est seule­ment à par­tir du néolithique que tout cela s’est dévelop­pé. Pour infirmer cette thèse, qui me sem­ble bien plus cor­re­spon­dre aux faits, juste­ment, il faudrait d’abord mieux définir les con­cepts que je viens de nom­mer, puis don­ner une foule de con­tre-exem­ples. Il faudrait trou­ver des preuves archéologiques datant d’a­vant le XVI­I­Ie siè­cle que des chas­seurs-cueilleurs ont voulu se con­quérir mutuelle­ment, et pas juste en Aus­tralie, mais à plusieurs endroits dans le monde. Jusqu’à présent, c’est le con­traire qu’on observe. Vous me sem­blez donc vouloir refaire le lan­gage et appel­er “guerre” ou “patri­ar­cat” ce qui ne peut porter ces noms. Bref, de l’abus con­ceptuel.

    Pour finir, je m’interroge sur le but de votre démarche. Quel est le but de se dire marx­iste pour ensuite con­tredire l’an­thro­polo­gie marx­iste ? Quel est le but de nier l’ex­is­tence du com­mu­nisme prim­i­tif ? Vous allez me dire : “Je cherche la vérité, c’est tout”. Moi aus­si, je cherche la vérité, et je n’ai jamais trou­vé à redire de majeur sur les thès­es de Marx, Gor­don Childe et cie eut égards à leur con­cep­tion du monde et de l’His­toire. Alors je me demande. Vous cherchez la “vérité”, mais cette “vérité” que vous cherchez, vous sem­blez tenir mordi­cus à ce qu’elle con­tre­dise l’an­thro­polo­gie marx­iste. Alors je me dis que ce n’est peut-être pas la vérité que vous cherchez, mais autre chose. Quoi ? La célébrité ? Vous voulez faire table rase pour mieux bâtir une nou­velle théorie, his­toire de laiss­er votre mar­que ? C’est ten­tant, mais il va fal­loir plus pour ébran­ler le marx­isme anthro­pologique, ne vous en déplaise. D’i­ci là, j’ai bien hâte de lire votre livre.

    1. Il me faudrait des heures pour répon­dre à tout cela, même en lais­sant de côté les pour­tant pas­sion­nants développe­ments con­cer­nant ma psy­cholo­gie intime. Je vous pro­pose de com­mencer par un point :
      « La seule façon de régler le prob­lème est de sim­pli­fi­er tout cela et d’ap­préhen­der les con­flits par leurs buts, en con­sid­érant, juste­ment, les faits (qui nous sont chers), et donc les objets retrou­vés par les archéo­logues. Aucun archéo­logue n’a trou­vé d’arme dédiée à des con­flits visant la con­quête de biens avant 10 000 ans av J‑C. C’est un fait. »
      Donc :
      1) vous êtes capa­ble, en voy­ant une arme, de savoir à quels but soci­aux elle ser­vait. Cha­peau bas.
      2) si on ne retrou­ve pas d’arme, c’est que ces armes n’ex­is­taient pas. Nous pou­vons par con­séquent, affirmer avec cer­ti­tude que les hommes du Paléolithique allaient nus comme des vers, étant don­né qu’au­cun archéo­logue n’a jamais retrou­vé leurs vête­ments ?…

  9. Je vois où vous voulez en venir : absence de preuve n’est pas preuve d’ab­sence. Mais vous êtes de mau­vaise foi, ou?… On sait main­tenant que les vête­ments ont été inven­tés il y a 170 000 ans. On en a une preuve indi­recte. On peut le savoir en 30 sec­on­des avec une sim­ple recherche Google :

    http://www.lestoutespremieresfois.com/3‑la-vie-moderne/les-tout-premiers-vetements

    Donc, les pre­miers hommes allaient nus avant Homo Sapi­ens, oui. Mau­vais exem­ple de votre part !

    Deux­ième­ment, quant à votre pre­mière remar­que, je ne vois pas à quoi vous faites référence…

    1. Si j’o­sais, je dirais que vous êtes réelle­ment désar­mant.

      Com­mençons par le deux­ième point : c’est vous qui écrivez « Aucun archéo­logue n’a trou­vé d’arme dédiée à des con­flits visant la con­quête de biens avant 10 000 ans av J‑C. C’est un fait. ». A cela, je réponds que si vous êtes capa­ble de déduire le but d’un con­flit du type d’armes employé, vous êtes plus fort que tout le monde. C’est tout.

      Ensuite, vous sem­blez être peu sen­si­ble au sec­ond degré (ou même, tout sim­ple­ment, aux points d’in­ter­ro­ga­tion). Au risque de vous sur­pren­dre, je crois savoir depuis assez longtemps que les vête­ments ont existé avant le néolithique. Sauf que, comme vous le dites si juste­ment, on n’en a que des preuves indi­rectes : aucun vête­ment datant de plus de 10000 ans n’a jamais été retrou­vé. Mais ce que vous admet­tez volon­tiers pour les vête­ments, vous le refusez caté­gorique­ment, et par principe, pour les guer­res : pas d’épée (de métal), pas de guerre. Voilà toute votre « sci­ence ». Et tant pis pour tous les témoignages de néolithiques ou de chas­seurs-cueilleurs qui s’af­frontaient dure­ment en fab­ri­quant des armes dans ce but spé­ci­fique : ils ne ren­trent pas dans vos sché­mas, alors ils n’ex­is­tent pas. Quant à Engels et Plekhanov, qui écrivaient déjà en leur temps que la guerre exis­tait chez les « sauvages », j’imag­ine qu’il s’ag­it de dan­gereux pour­fend­eurs de l’an­thro­polo­gie marx­iste…

  10. Et votre com­préhen­sion épisté­mologique me sem­ble quelque peu ténue… Désolé, mais en sci­ences, quand on a une preuve de quelque chose, on pense que cette chose est vraie jusqu’à ce qu’un autre fait la con­tre­dise. Si on n’a pas de preuve quel­conque, rien ne nous autorise à imag­in­er quelque chose. Rien ne vous autorise à dire que la guerre exis­tait avant l’in­ven­tion de l’épée. Tout porte à croire, avec les preuves dont nous dis­posons actuelle­ment, que la guerre nait à l’époque de l’épée. Tout le reste, c’est du cher­chage de poux. Et je me demande bien pourquoi… Je soupçonne qu’il ne s’ag­it pas ici d’une quête authen­tique de vérité, mais bien d’une ten­ta­tive dés­espérée de défaire une théorie pour la rem­plac­er par une autre qui nous arrange.

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