Impostures intellectuelles : addenda

Je dois ajouter deux choses à ma note de lec­ture sur le livre de Sokal et Bric­mont.

La pre­mière est que cer­tains sites recensent les con­tri­bu­tions au débat, qu’il s’agisse de l’ar­ti­cle ini­tial de Sokal ou du livre lui-même.

La sec­onde, dont un ami m’a judi­cieuse­ment infor­mé après que j’ai rédigé ma note de lec­ture, est que Jean Bric­mont s’est récem­ment dis­tin­gué (entre autres) en don­nant du « cher ami » à Paul-Éric Blan­rue, un écrivain d’ex­trême-droite notoire. Je ne con­nais pas le détail des pris­es de posi­tions poli­tiques de Bric­mont, et à vrai dire, je n’ai guère envie de les con­naître. Mais il va de soi que la qual­ité des argu­ments du Bric­mont de 1996 n’en­lève rien à l’ig­no­minie de ce « cher ami »… et récipro­que­ment.

4 commentaires

  1. Jean Bric­mont se réclame de la gauche. Il est influ­encé par la pen­sée de Chom­sky. Il prend comme ce dernier régulière­ment posi­tion con­tre le néolibéral­isme, l’im­péri­al­isme améri­cain et en faveur de la sou­veraineté pop­u­laire (dans sa cri­tique de l’u­nion européenne par exem­ple). A ma con­nais­sance, il n’a jamais défendu des posi­tions d’ex­trême droite, ses idéaux sont plutôt lib­er­taires en général (sur les mœurs, la reli­gion, les iden­tités, etc …).

    Cepen­dant, ce qui lui vaut de nom­breux reproches de la part de la gauche sont ses posi­tions sur la lib­erté d’ex­pres­sion en faveur d’une con­cep­tion rad­i­cale de cette dernière (comme Chom­sky avant lui d’ailleurs). Il a donc défendu la sup­pres­sion de la loi Gayssot et la lib­erté d’ex­pres­sion de gens comme Dieudon­né. Il lui sem­ble en général que la dénon­ci­a­tion du fas­cisme, du racisme et de l’an­tisémitisme tend en France à pren­dre des pro­por­tions qui nuisent à la pos­si­bil­ité d’un débat poli­tique ouvert et sere­in. Par ailleurs il ne refuse jamais d’in­vi­ta­tion à débat­tre ce qui fait qu’il se retrou­ve sou­vent à dis­cuter avec des gens d’ex­trême droite (cela donne lieu à des sit­u­a­tions assez comiques, comme lorsque sur radio cour­toisie il a du pré­cis­er qu’il n’é­tait pas favor­able à la lib­erté des patrons de dis­crim­in­er, ou lorsqu’il a dis­cuté des “preuves” de l’ex­is­tence de Dieu sur une webtv roy­al­iste).

  2. Je ne con­nais pas les cir­con­stances du “cher ami” en ques­tion (et d’ailleurs ça ne me regarde pas vrai­ment). Peut-être que ça fait référence à cette let­tre : http://blanrue.blogspot.fr/2011/10/un-homme-faurisson-les-suggestions-de.html

    De toute façon, je crois qu’il ne faut pas juger les gens sur leurs ami­tiés per­son­nelles. C’est de la cul­pa­bil­ité par asso­ci­a­tion et c’est pré­cisé­ment le genre de dénon­ci­a­tion sclérosante dont par­le Bric­mont. Les gens peu­vent bien dis­cuter et entretenir des rela­tions avec qui ils veu­lent. Ce qui compte, c’est ce qu’ils dis­ent et ce qu’ils font. En l’occurrence, il me sem­ble que Jean Bric­mont n’a aucune envie par­ti­c­ulière de réha­biliter le néga­tion­nisme (con­traire­ment à ce qui sem­ble être l’am­bi­tion de Blan­rue). Et c’est ce qui appa­raît claire­ment dans cette let­tre :

    “si j’é­tais his­to­rien (ce que je ne suis pas) et que donc, comme l’im­mense majorité d’en­tre eux, je con­sid­ér­erais Fau­ris­son comme un char­la­tan, et si, de plus, je m’in­quié­tais de la “mon­tée du néga­tion­nisme” dans cer­taines couch­es de la pop­u­la­tion (asser­tion que je n’ai pas les moyens de véri­fi­er, mais dont on nous rebat les oreilles), alors j’u­tilis­erais ton film à des fins péd­a­gogiques. Je prendrais une à une les asser­tions de Fau­ris­son dans le film pour les réfuter : mon­tr­er que les doc­u­ments dont il affirme qu’ils n’ex­is­tent pas, en réal­ité exis­tent, ou expli­quer rationnelle­ment pourquoi ils n’ex­is­tent pas, analyser autrement que lui les doc­u­ments qu’il exhibe, ou restituer dans leur con­texte les phras­es un peu éton­nantes d’his­to­riens anti-révi­sion­nistes citées par Fau­ris­son.”

  3. Je n’ai jamais dit que Bric­mont était néga­tion­niste. Je dis que son com­porte­ment avec des types d’ex­trême-droite est choquant. Si vous ne voyez pas le prob­lème, je ne vais pas vous l’ex­pli­quer.

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