La saison des épreuves

Une des illus­tra­tions du livre :
l’extraction d’une flèche en Papouasie

J’emprunte – en le détour­nant – ce beau titre à la trilo­gie d’Abdéjamil Nourpeissov qui décrit la révo­lu­tion sovié­tique et la guerre civile au Kaza­khstan. Les épreuves aux­quelles j’ai dû faire face cette semaine sont toute­fois d’une nature bien moins dan­gereuse, puisqu’il s’agit de la ver­sion prélim­i­naire de mon prochain livre à paraître aux édi­tions La Décou­verte, à pro­pos des con­fronta­tions col­lec­tives dans les sociétés humaines, qu’il s’agis­sait de relire et de cor­riger. L’occasion de véri­fi­er, une fois de plus, qu’un man­u­scrit longue­ment tra­vail­lé, puis atten­tive­ment relu par une douzaine de gens com­pé­tents, présente encore des dizaines de répéti­tions, de mal­adress­es et de lour­deurs voire, dans un cas, une splen­dide bourde dont je me demande encore com­ment j’ai pu l’écrire sans être dans l’instant foudroyé sur place par le Dieu des anthro­po­logues matéri­al­istes.

Quoi qu’il en soit, et en toute immod­estie, je ne suis pas mécon­tent du résul­tat, qui emmèn­era le lecteur à tra­vers des sociétés de dif­férentes épo­ques et des cinq con­ti­nents, à la décou­verte guidée de ces com­bats qu’on a trop sou­vent dits « rit­uels » pour s’épargner la peine de les com­pren­dre réelle­ment. Le voy­age nous con­duira ain­si de la Nou­velle-Guinée à la « guerre fleurie » des Aztèques, des Plaines d’Amérique du Nord à la mêlée médié­vale, de la vendet­ta des Bédouins de Libye à l’Australie aborigène, de la Venise de la Renais­sance aux chas­seurs de têtes d’Amazonie ou d’Asie du sud-est… et dans bien d’autres lieux encore.

Le livre, d’un peu moins de 400 pages agré­men­tées d’une quar­an­taine de cartes, sché­mas et illus­tra­tions, est le fruit d’une réflex­ion entre­prise il y a plusieurs années, et dont un curieux désœu­vré pour­ra retrac­er l’historique en remon­tant le fil des bil­lets de ce blog. J’espère avoir rédigé un texte à la fois savant et lis­i­ble par tout esprit curieux, avec l’ambition d’avoir rangé ce qui était jusque là un aimable bric-à-brac, et d’avoir ain­si apporté, à par­tir d’une matière pre­mière déjà disponible, du nou­veau et de l’utile.

Au pas­sage, l’éthologie et l’archéologie ne sont pas en reste, plusieurs dizaines de pages étant con­sacrées à la ques­tion des orig­ines de cette affaire. Bref, le compte à rebours est lancé, et l’objet sera sur les étals des libraires le 28 août prochain.

Alors, à vos mar­ques (-pages) !

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