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Ma contribution au catalogue d'exposition « Préhistoire : entre utopie et réalité »

J’ai eu le plaisir d'être sollicité par Jean-Jacques Hublin afin de collaborer au superbe catalogue de l’exposition Préhistoire : entre utopie et réalité, organisée par le Collège de France. Voici la présentation de cet ouvrage richement illustré, où mon chapitre figure en fort bonne compagnie.
J’en profite pour ajouter que sur ce même thème de la femme et la chasse au Paléolithique, j’interviendrai le 17 juin prochain, dans le cycle de conférences consacrés à cette exposition.

Préhistoire : entre utopie et réalité

248 pages, 32 €

La découverte de la Préhistoire suscite une fascination hors du commun : dès le XIXe siècle, savants et artistes s’emparent avec le même enthousiasme d’une époque mystérieuse qu’ils contribuent à définir autant qu’à inventer. Objet scientifique, la Préhistoire devient aussi un continent fertile de l’imaginaire, ce monde perdu qu’hommes et femmes de science, mais aussi écrivains, peintres et sculpteurs peuplent de leurs hypothèses et de leurs rêveries, souvent insolites ou spectaculaires, parfois contradictoires.

Que fut alors la Préhistoire : âge de pierre synonyme d’âge d’abondance, âge d’or de l’humanité ou guerre du feu de tous contre tous ? Si la recherche connaît d’immenses progrès, elle se construit aussi dans un jeu de miroirs où chaque génération projette ses aspirations et ses fantasmes, produisant sans cesse de nouvelles images de nos origines.

Le présent ouvrage confronte cette Préhistoire rêvée, imaginée, voire utopisée, à la réalité des faits et des données de la science la plus récente.

Jean-Jacques Hublin est paléoanthropologue, auteur de nombreux travaux sur l’évolution des Néandertaliens et sur les origines africaines des Homo sapiens. Il a créé et dirigé le département d’évolution humaine à l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionnaire de Leipzig (Allemagne). Professeur invité sur la chaire internationale du Collège de France de 2014 à 2021, il y est désormais titulaire de la chaire Paléoanthropologie.

Sommaire

  • Thomas Römer : Préface
  • Jean-Jacques Hublin : Avant-propos

Partie 1. Premières utopies

  • Claudine Cohen : Les origines de la préhistoire : science et imaginaire
  • Noël Coye : Trois âges de l’archéologie préhistorique (1859-1961)
  • Arnaud Hurel : L’abbé Henri Breuil

Partie 2. L’art des origines

  • Carole Fritz et Catherine Schwab : Les interprétations de l’art paléolithique
  • Catherine Schwab : L’art mobilier paléolithique
  • Carole Fritz : L’art des cavernes
  • Entretien de Violette Batailley avec l’artiste Vincent Corpet : Art paléolithique, du savoir au voir ça

Partie 3. Paléo-stars

  • Jean-Jacques Hublin : Lucy, ou la redécouverte de nos origines
  • Sandrine Prat : Découverte des premiers hominines

Partie 4. Identités et diversité

  • Élisabeth Daynès et Gilles Tosello : Représenter les humanités disparues
  • Jean-Jacques Hublin : Qu’est-ce qu’une espèce ?
  • Clément Zanolli : Les dents, véritables « boîtes noires » de la vie de l’individu
  • Sélim Natahi : Des apports de l’imagerie par rayons X en paléoanthropologie

Partie 5. La femme préhistorique est-elle un homme comme les autres ?

  • Grégoire Hallé : L’image de la femme préhistorique à la fin du XIXe siècle
  • Jean-Jacques Hublin : Dimorphisme sexuel et organisation sociale
  • Claudine Cohen : Les Vénus paléolithiques et le mythe de la Grande Déesse
  • Christophe Darmangeat : La femme chasseuse, entre réalité paléolithique et mythe contemporain

Partie 6. La Préhistoire : enfer ou paradis ?

  • Hugo Meijer : Enfer primitif ou paradis perdu ? La guerre et la paix aux origines de l’humanité
  • Nohemi Sala et Juan Luis Arsuaga : Violence interpersonnelle à la Sima de los Huesos (Espagne)
  • Bruno Boulestin : Cannibalismes préhistoriques
  • Marc Guillaumie : Malentendus sur le roman préhistorique
  • Pierre Schoentjes : Romancer la Préhistoire : mutations littéraires aux XXe et XXIe siècles

2 commentaires:

  1. Bonjour Christophe,
    En ce qui concerne le dimorphisme sexuel, j'ai cru comprendre que la théorie classique (celle de Darwin) l'explique par la compétition entre mâles pour la reproduction (quand la femelle n'a pas sont mot à dire) et le choix des femelles.
    Avec "Pourquoi les amazones n'existent pas", nous avançons une autre explication (qui n'a rien d'exclusive avec celle de Darwin), qui est que les mâles ont subi un "environnement" (au sens large) légèrement différemment (être plus exposé aux risques) des femelles ce qui pourrait aussi expliquer la différence physique, voire neurologique (le cerveau est un organe comme les autres qui lui aussi est soumis au processus de sélection naturel qui mène à une meilleure adaptation à l'environnement). Que penses-tu de cette hypothèse ?
    Evidemment, rien n'empêche que les femelles choisissent les mâles les plus compétents dans le rôle qu'ils ont à jouer (sélection sexuelle qui pourrait expliquer les "goûts" moyens différents entre mâles et femelles). D'ailleurs, les femmes n'aiment pas que les hommes massifs, mais elles aiment aussi les hommes qui leur montrent qu'ils sont prêts à beaucoup (y compris mourir) pour elle et leurs futurs enfants (d'où la cour où l'homme doit montrer son intérêt "exclusif" à une femme).
    Amicalement.
    Nicolas.

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    1. Nous en avons déjà discuté de vive voix : je suis très impressionné par votre travail et très séduit par votre hypothèse. Elle me semble en tout cas être parfaitement compatible avec les observations dont nous disposons. Après, ces questions sortent un peu (beaucoup ?) de mon cœur de spécialité, et je n'ai donc pas forcément les compétences pour en évaluer tous les mérites, ou tous les points aveugles. Il faudra absolument la soumettre à des revues académiques, et il serait sans doute fructueux d'avancer sur la voie de la comparaison inter-espèces pour voir dans quelle mesure la configuration humaine est particulière, ou si elle rejoint des voies largement empruntées par d'autres animaux. J'espère en tout cas que votre travail sera discuté par la communauté scientifique, car je crois vraiment qu'il en vaut la peine.

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