Pages

Un entretien sur Casus belli dans L'Humanité

À propos de Casus Belli, j'ai eu le plaisir de répondre aux questions de Pierre-Henri Lab, pour L'Humanité – un entretien paru dans l'édition du vendredi 18 décembre 2025 et que je reproduis ici.

Avec Casus Belli, l’anthropologue nous plonge dans une enquête documentée sur les origines de la guerre. S’appuyant sur de nombreux travaux en archéologie, en éthologie et en ethnologie, il montre que les affrontements collectifs ne sont pas un phénomène récent de l’histoire de l’humanité et qu’ils peuvent avoir d’autres causes que l’accaparement de richesses.

Un clivage parmi les préhistoriens et les anthropologues oppose « faucons » et « colombes ». De quoi s’agit-il ?

Un débat court depuis plusieurs décennies sur l’ancienneté de la guerre. Les « colombes » plaident pour une origine récente de la guerre. Certains la situent au Mésolithique, période où les chasseurs-cueilleurs européens ont commencé à se sédentariser ; d’autres au Néolithique, avec l’agriculture, ou encore à l’âge du bronze. Quelques-uns estiment même que la guerre n’apparaît qu’avec l’État. Tous partagent l’idée que la guerre n’est apparue qu’après tel ou tel changement économique et social. Les « faucons », eux, pensent que la guerre est potentiellement aussi ancienne que l’humanité, voire qu’elle remonte à nos ancêtres primates. Cette discussion est difficile, car plus on regarde vers le passé, moins on dispose d’indices.

L’archéologie permet-elle de remonter aux origines de la guerre ?

Plus on remonte dans le temps, moins on retrouve de traces. Toute la question est de savoir comment il faut interpréter ce fait. Pour les « colombes », il ne saurait y avoir de feu sans fumée. L’absence d’indices au delà d’une certaine période et leur apparition progressive dans le temps sont, selon eux, la preuve que la guerre est une invention récente. L’objection que formulent les « faucons », et à laquelle je souscris, est que la raréfaction puis la disparition de traces archéologiques au fur et à mesure qu’on remonte le temps peuvent s’expliquer par leur non conservation. Les chasseurs-cueilleurs australiens, que j’ai étudiés, s’affrontaient par petits groupes d’au maxi mum quelques dizaines d’individus équipés d’armes en matières périssables. Souvent, les vainqueurs dépeçaient leurs victimes et les mangeaient. Dans ces conditions, les archéologues ont peu de chances de trouver des traces.

Quelles autres disciplines mobiliser ?

Identifier des traits communs à notre espèce et à celles de nos cousins primates grâce à l’éthologie permettrait de faire remonter l’existence de conflits collectifs à notre ancêtre commun. Cependant, l’étude de nos plus proches cousins, les chimpanzés et les bonobos, ne démontre rien de probant. Reste l’ethnologie, c’est à dire l’observation de peuples dont on peut penser qu’ils ressemblent à ceux du passé. Contrairement à des idées reçues, des interactions violentes, voire franchement belliqueuses, ont été observées chez une grande partie de ces peuples. L’idée que les chasseurs-cueilleurs ne se battent pas collectivement doit être clairement écartée. On a de nombreux contre-exemples flagrants, dont un particulièrement documenté : celui de l’Australie aborigène, le plus vaste ensemble de chasseurs-cueilleurs jamais observé.

La guerre n’a-t-elle pas été apportée par la colonisation ?

Si les colons étaient à l’origine de la guerre et si les relations entre tribus avaient été pacifiques avant leur arrivée, les intéressés l’auraient dit. Or les Aborigènes racontent l’inverse, expliquant que certains de leurs voisins étaient leurs ennemis depuis des temps immémoriaux. Il existe aussi des peintures rupestres représentant des scènes de combat remontant à 3000 ans avant notre ère. Je n’affirme pas que, de tout temps, toutes les sociétés humaines se sont battues. Je soutiens juste que la thèse des « colombes » selon laquelle il ne peut pas exister d’affrontement collectif intrinsèque aux sociétés de chasseurs-cueilleurs est démentie par les faits.

En quoi, selon vous, les « colombes » ont tendance à idéaliser le passé ?

Jusqu’au milieu du XXe siècle, les origines de la guerre font peu débat. On tient pour acquis que les êtres humains se sont toujours fait la guerre. Chez les marxistes, Engels dans L'Origine de la famille..., puis Plekhanov notent même qu’ils la font avec plus de cruauté que le feront les agriculteurs par la suite, car ceux ci, motivés par l’appât du gain, réduisent les vaincus en esclavage plutôt que les tuer. Ce n’est qu’à partir de la Seconde Guerre mondiale que l’idée que la guerre est le produit du néolithique a commencé à s’imposer. Il n’existe pourtant pas une seule publication académique qui ait justifié ce revirement de manière argumentée. L’idée s’est imposée à bas bruit et sans débat. Je pense qu’elle est liée au contexte de l’époque. Elle exprime la crainte que reconnaître l’ancienneté de la guerre reviendrait à l’attribuer à la nature humaine, et donc à en faire une fatalité. Ce raisonnement est doublement problématique. Premièrement, si la guerre est réellement inéluctable, le nier n’y changera rien ; deuxièmement, ce n’est pas parce que la guerre est très ancienne qu’il devient impossible de l’abolir. Comme la domination masculine, le fait qu’elle vienne de loin ne signifie absolument pas qu’on y est condamné pour l’éternité. Les tenants de l’hypothèse de l’ancienneté de la guerre ne soutiennent d’ailleurs pas qu’elle est un horizon indépassable. Beaucoup pensent que l’humanité peut inventer des institutions et des rapports sociaux qui la rendront caduque.

Une autre idée reçue, parmi les marxistes notamment, fait de la concurrence pour les ressources la cause unique de la guerre…

Cette idée largement partagée traduit un certain ethnocentrisme. Nous vivons depuis très longtemps dans une société étatisée où le cœur du fonctionnement social est l’accumulation de richesses. Nous avons donc tendance à penser que dans toute société humaine on ne se bat qu’en faisant la guerre, et que l’on ne fait la guerre que pour capter des ressources. Il y a là une double erreur. Hors des sociétés étatisées, les humains ont inventé bien d’autres façons de se battre que la guerre ; et ils s’affrontent pour bien d’autres motifs que l’accaparement de richesses. Le premier d’entre eux est la vengeance, l’obligation de répliquer à des torts réels ou imaginaires. Les chasseurs-cueilleurs vivent en petits groupes qui n’ont pas ou peu de relations entre eux, et leurs interactions sont souvent empreintes de méfiance, voire de franche hostilité. Plekhanov dit d’eux qu’ils résolvent par la guerre des problèmes qui, dans nos sociétés, sont résolus par des juges de paix.

La vengeance est le principal motif d’affrontement. Pourquoi ?

Dans les sociétés étatiques, il est interdit de se faire justice soi-même : la justice est un monopole de l’État, et celui qui outrepasse cette interdiction est sanctionné. Dans une société sans État, c’est l’inverse : se faire justice soi-même n’est pas seulement un droit, mais c’est un devoir. Celui qui y répugnerait est considéré comme un lâche, que personne ne respecte. La réponse classique à un tort subi est d’infliger un tort identique. C’est la fameuse loi du talion : « œil pour œil, dent pour dent », un mort pour un mort. Dans certains cas, la vengeance met fin au différend et les relations entre les deux groupes s’apaisent. Dans d’autres cas, la vengeance n’est pas acceptée et engendre une chaîne de vengeances : une vendetta. Cette chaîne peut être interrompue parce que le rapport de force devient trop défavorable à l’un des deux camps, ou parce qu’une négociation débouche sur un accord. Par exemple, un des deux protagonistes reconnaît qu’il doit une vie à l’autre et solde le conflit en le dédommageant par le transfert d’une femme ou de richesses. Parfois, la vendetta dégénère et le compte des victimes de part et d’autre n’est plus tenu : on entre dans un rapport de « vengeance sans fin ». C’est ce que l’on a observé par exemple au XVIe siècle chez les Tupinambas d’Amérique latine (à qui par ailleurs les topinambours doivent leur nom).

Un autre motif d’affrontement est la chasse aux têtes…

Et qu’il ne faut pas confondre avec la simple « prise » de têtes, pratique banale qui consiste à convertir en trophées les têtes des ennemis vaincus. La chasse aux têtes, qui a été essentiellement observée en Asie du Sud-Est, avait pour but de ramener des têtes, auxquelles on attribue un pouvoir magique ou religieux. La tête nouvellement acquise est censée apporter divers bienfaits à la collectivité : meilleures chasses, protection contre les maladies, plus grande fécondité des femmes. Bien qu’avec le cannibalisme elle symbolise la « sauvagerie » de ces peuples aux yeux des colons blancs, elle n’a jamais fait l’objet d’aucun travail de synthèse. Dans le livre, j’essaie de montrer qu’elle est motivée par l’idée de s’approprier de la vie. Les peuples qui la pratiquent sont convaincus que la vie existe en quantité limitée et qu’il faut essayer d’accroître sa propre part au détriment de ses voisins.

Pouvez-vous présenter la classification des confrontations collectives que vous avez élaborée ?

Employer le terme de « guerre » pour désigner toute confrontation collective relève de l’ethnocentrisme. Ce mot est impropre, s’agissant par exemple de la vendetta que les médiévistes appellent la « faide » et les Anglo-Saxons le « feud ». Il est aussi inapproprié pour désigner les grands duels collectifs judiciaires où, après un court affrontement en général peu sanglant, les parties font la paix. J’ai essayé de classer les conflits collectifs à partir de deux questions principales. Pour commencer, se bat-on pour mettre fin à un différend ? Il y a de nombreux cas, comme la chasse aux têtes ou la razzia, où l’affrontement ne vise pas à résoudre une querelle. On peut donc distinguer les conflits selon qu’ils sont « résolutifs » ou non. Ensuite, la deuxième question est : les protagonistes se sont-ils mis d’accord sur les modalités de l’affrontement, comme le lieu et la date, l’armement ou les coups autorisés et, par-dessus tout, sur la manière dont il va se terminer ? Autrement dit, ces com- bats obéissent-ils à des règles ou pas ? Clairement, la guerre telle que nous la connaissons appartient à la seconde catégorie. Nul ne sait d’avance comment elle va se terminer. Ce n’est pas le cas des grands duels collectifs que j’ai évoqués, où les parties s’accordent par avance pour stopper les hostilités au coucher du soleil ou au premier mort.

Pourquoi les belligérants fixent-ils des conventions ?

Les affrontements opposent des groupes qui disposent de leur violence. Les groupes qui s’entendent sur les modalités des affrontements sont des groupes qui se connaissent. Ils partagent souvent la même langue et la même culture. En l’absence d’État, ils fixent un cadre pour empêcher l’affrontement d’aller trop loin. Mais, attention, ces sociétés peuvent aussi se faire la guerre ! En fonction des circonstances, elles décident des modalités par lesquelles elles règlent leurs conflits.

L’apparition de l’État a donc entraîné la disparition de certains types de violence…

Oui, l’État a virtuellement éliminé toutes les formes d’affrontements autres que la guerre. Lui seul est dorénavant autorisé à employer la force, que ce soit en interne, au sein de la société qu’il régit, ou contre les sociétés voisines. En cas de guerre, il peut aussi mobiliser par la contrainte ceux sur qui il exerce son autorité. Dans les sociétés non étatiques, les individus sont libres de participer aux affrontements et peuvent y renoncer quand bon leur semble. Le développement des forces économiques a réduit le fractionnement des sociétés humaines. Plutôt que le recours à l’affrontement, il a favorisé d’autres types de rapports sociaux comme la coopération. Ainsi, les valeurs universalistes étaient étrangères aux sociétés de chasseurs-cueilleurs. Chacune se pensait comme « les humains », tout en déniant cette qualité aux autres, perçus comme inférieurs. La xénophobie et le racisme sont aussi anciens que l’humanité elle-même. Toutefois, cela ne veut pas dire que cette situation est indépassable. Parmi les espèces vivantes, les humains possèdent une capacité inégalée pour fabriquer de nouveaux rapports sociaux. Depuis qu’elles existent, les sociétés humaines ont considérablement changé ; il n’y a aucune raison de penser que leur évolution serait terminée, et que la guerre constituerait une fatalité.

Entretien réalisé par Pierre-Henri Lab

8 commentaires:

  1. Marc Guillaumie10 janvier, 2026 10:14

    Bravo : le livre est résumé de façon très claire, malgré la brièveté de l'interview et la complexité des problèmes évoqués. Les questions du journaliste sont pertinentes dans ce sens.
    M.G.

    RépondreSupprimer
  2. « Dans les sociétés non étatiques, les individus sont libres de participer aux affrontements et peuvent y renoncer quand bon leur semble. »

    Est-ce vraiment toujours le cas ? Ou est-ce qu'il existe parfois des formes de pression voire de contrainte sociale qui dissuadent de ne pas participer à un conflit impliquant un groupe ou sous-groupe dont on est membre...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Question difficile, et ce n'est pas la première fois qu'on m'embête (à juste titre) avec elle. Je vois deux aspects. Pour commencer, il va de soi que je ne parle ici que de liberté (ou de contrainte) juridiquement consacrée. Dans une société sans État, refuser de se solidariser avec son groupe (local, de parenté) pour se défendre ou se venger peut être si problématique qu'il équivaut à une quasiment à une mort sociale. Mais (et c'est le second point) l'existence d'une obligation légale, c'est-à-dire où le manquement peut légitimement être sanctionné, est infailliblement la marque d'un État – en sens inverse, tout État n'impose pas nécessairement la mobilisation de tous les citoyens, même potentiellement. Mais il faudrait recreuser tout cela en détail, et on aurait peut-être des surprises.

      Supprimer
  3. Maxime Petitjean12 janvier, 2026 22:09

    Hello,
    Excellente interview ! Sur la question de la contrainte sociale et de la guerre, il y a des éléments de réponse assez précis dans l’ethnographie des Iroquois rédigée par Lafitau. On y découvre que lors des opérations de mobilisation qui précèdent les conflits, une très forte pression sociale s’exerce sur les hommes en âge de combattre. On leur rappelle lourdement leurs obligations familiales, les alliances contractées avec tel ou tel clan, la nécessité morale de laver l’honneur de la communauté dans le sang de ses ennemis. Rester trop longtemps à l’écart des combats équivaut clairement à une mort sociale. Les « lâches » sont l’objet de moqueries dans les banquets, de brimades, de violences physiques ; ils ne peuvent plus s’exprimer dans les assemblées, bref, sont condamnés à une sorte d’atimie qui ressemble à la condition des « trembleurs » à Sparte. Alors oui, on peut effectivement considérer qu’en droit, les Iroquois « sont libres de participer aux affrontements », même si cela implique parfois de renoncer à sa réputation et à ses droits. Mais peuvent-ils « y renoncer quand bon leur semble », une fois qu’ils se sont engagés ? C’était l’idée que j’avais faite mienne en lisant Testart. Lafitau est pourtant bien plus nuancé. Voici un extrait de son livre (Mœurs des sauvages américains, t. 2, La Découverte, 1983, p. 23) :
    « J'avais cru que, quelque engagement que prissent les Sauvages en ces sortes d'occasions, ils pouvaient le rompre sans façon, et retirer leur parole, comme il leur plaisait, en conséquence de cette liberté qui paraît si naturelle en eux qu'ils semblent tous indépendants les uns des autres, et que l'on croirait que leurs chefs n'ont qu'une autorité sans coaction, et qui relève en quelque sorte de la volonté actuelle de chaque particulier. Mais j'ai été détrompé dans la suite, sur ce point, par ce qui arriva dans la mission des Hurons de Lorette; car étant survenue quelque difficulté à l'occasion d'un Sauvage qu'il s'agissait de chasser, parce qu'il avait contrevenu à quelque chose à quoi le village s'était engagé solennellement, et dont l'engagement subsistait par des bûchettes semblables à celles qu'on lève pour aller en guerre : un ancien exhorta le missionnaire à tenir ferme, en lui disant qu'on usait encore d'indulgence envers le coupable, et que c'était une loi de temps immémorial dans leur pays, que le village était en droit de faire mourir celui qui après avoir levé la bûchette ne remplissait pas les obligations de son engagement. Quoique cette loi ne s'observe pas aujourd'hui à la rigueur, il y a cependant plusieurs exemples de sévérité encore assez récents, et l'on a vu assez souvent des chefs casser la tête de sang-froid, et par voie de fait à des particuliers, qui étaient allés en guerre contre leur volonté, ou qui avaient déserté en chemin, abandonnant le parti dans lequel ils s'étaient enrôlés. »

    Spontanément, on pourrait se dire que la société iroquoise était en train de s’étatiser au contact des puissances coloniales, et que ce processus conduisait à introduire de la coercition dans les pratiques de recrutement. Or, Lafitau dit précisément l’inverse dans ce passage : cette coutume consistant à abattre les hommes qui n’honoraient pas leur engagement était « immémoriale ». Ce n’est que « récemment » qu’elle s’est perdue. Il y a ici, de mon point de vue, un problème sur lequel nos amis spécialistes des guerres primitives gagneraient à réfléchir. À bon entendeur ;)
    Maxime Petitjean

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Casus belli, p. 290. Problème identifié... à défaut d'être résolu !

      Supprimer
    2. Cela dit, il y a une issue possible à cet apparent paradoxe : admettre que le rite de la bûchette chez les Iroquois correspond à un engagement juré. La contrainte qui s'exerce alors n'est pas celle de l'État (pas même celle d'un État en devenir), mais celle qui résulte d'un serment – celui-ci étant au départ, et au moins en théorie, libre d'être prononcé ou non.

      Supprimer
    3. Maxime Petitjean14 janvier, 2026 00:29

      Oups, ça m'avait échappé. Quel piètre lecteur je fais !
      D'accord avec toi concernant le serment. Mais comme le commandement chez les Iroquois a tendance à être monopolisé par une poignée d'individus compétents, ce vernis religieux n'est-il pas déjà un moyen, pour une catégorie d'individus, d'introduire de l'obéissance et de la coercition dans un périmètre restreint qui finit par s'élargir avec le temps ? La guerre apparaît alors comme le laboratoire privilégié de la transformation sociale. Il me semble que Clastres a des réflexions dans ce sens.

      Supprimer
    4. Il est bien certain que dans les dynamiques sociales, une même forme peut recouvrir différents contenus avec le temps. Je me demande d'ailleurs si l'opposition majeure entre les écoles de pensée ne porte pas sur le fait que de telles structures de commandement possèdent ou non une logique propre, susceptible de les faire évoluer vers autre chose. En clair, il y a ceux (d'inspiration anarchiste / clastrienne) qui pensent que le pouvoir est animé d'une certaine autonomie, et qu'une fois le doigt passé dans l'engrenage, toute société finit par avancer sur la voie de l'étatisme, voire de l'autoritarisme. Et il y a ceux (notamment d'inspiration marxiste) qui pensent que le facteur déterminant dans ces évolutions est extra-politique, et tient aux différenciations économiques qui dictent ce que deviennent ou non les structures de commandement.
      Au passage, attention, je ne crois pas que le serment iroquois ait quoi que ce soit de religieux. C'est un engagement, qui a valeur contraignante, mais qui ne fait intervenir à ma connaissance aucune entité surnaturelle – un peu comme quand, dans nos tribunaux , on « jure de dire la vérité ».

      Supprimer